FDLR : La Société civile rejette les propositions du Gouvernement de la RDC

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image Lambert MENDE OMALANGA

Comme annoncé, c’est depuis vendredi dernier que le ministre des Médias et nouvelle citoyenneté, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga a débarqué dans la métropole Kisangani en Province Orientale. Objet : la difficile relocalisation dans la ville des miliciens hutu rwandais FDLR, coupables des pires exactions et diverses cruautés contre les populations civiles du Nord et Sud-Kivu depuis 1994, donc pendant 20 ans.

La population par le biais de la Société civile de la province ne veut pas de la présence des FDLR. Toute la semaine, la tension est montée de plusieurs crans dans la ville qui a connu des bruyantes manifestions publiques et des ville-morte pour en découdre avec ces personnages sans foi ni loi des FDLR. C’est cette situation délétère que Mende Omalanga est allé décanter sur place. Mais le blocage persiste encore.

DES SOUVENIRS TRES AMERS

Pour la Société civile, les FDLR ne doivent pas arriver à Kisangani. Là même où la population a gardé des souvenirs très amers de tous ces combattants. 

Là surtout où il y a eu la guerre entre deux armées étrangères, le Rwanda et l’Ouganda qui s’y sont affrontés à mort, rasant tout au canon, au char d’assaut et à l’artillerie lourde pour le contrôle de la ville. Si à Kinshasa on l’a peut-être oublié, ce n’est pas du tout le cas ici où les Boyomais ont encore frais en mémoire ces douloureux souvenirs de "Kisangani ville-martyr " comme on l’appelait sans aucune intervention de la Communauté internationale. 

Aujourd’hui on veut que cette ville là accueille des criminels de guerre comme des FDLR qui sont la cause de toutes les agressions connues à l’Est de la RDC. Pour la Société civile, les FDLR incarnent le calvaire de toutes les populations de l’Est. On ne voit pas comment on peut penser à les cantonner dans une ville qui a souffert de tous genres de bruits de botte comme Kisangani. Il n’en est pas du tout question. 

Pourquoi alors ne pas avoir rencontré le ministre Mende pour lui faire part de cette opinion du reste unanimement partagée dans toutes les provinces de la RDC ? La Société civile est mecontente du fait que dans l’agenda du ministre, il a prévu de rencontrer tout le monde au même moment, dans une même salle. Alors qu’eux auraient voulu un tête-à-tête ministre-Société civile au cours duquel il lui aurait livré sa position au vitriol. 

Ils estiment que Mende l’a lue sur divers calicots et banderoles déployés dans la ville par la Société civile et exprimant son refus catégorique d’héberger les FDLR en plus on lui a fait déposer le mémorandum de la Société civile. Dans la salle, Mende a pour sa part tenté de faire le plaidoyer du passage des FDLR au camp BASE. 

Il reconnaît comme la Société civile que ce sont des criminels qui ont fait souffrir la population. Mais il insisté sur le fait que depuis 20 ans, le Rwanda utilise le prétexte de la présence des FDLR en RDC pour agresser ce pays. Il est question maintenant de lui ôter ce prétexte en renvoyant les FDLR.

C’est ce que le gouvernement est en train de faire par ce plan de relocalisation en attendant leur retour au bercail où dans un pays d’asile à trouver. En attendant, ils bivouaqueront au centre d’instruction d’Irebu, à l’Equateur. Il poursuit que le transit dans la ville de Kisangani est de juste un mois.

MEME HOSTILITE A L’EQUATEUR

Tandis qu’à l’Equateur, le délai est de 6 mois, le temps que le gouvernement leur trouve un pays d’accueil. Levée des boucliers. L’Equateur aussi connaît la même hostilité à l’arrivée des FDLR dans les segments de sa population. Pourtant, là dans le Nord des Bangala, les FDLR n’ont jamais sévi. Leur arrivée est rejetée avec virulence. 

C’est cela qui caractérise le dossier de la relocalisation de ces miliciens. Partout, la population demande au gouvernement central de les renvoyer chez eux au Rwanda, unique solution idoine, car ce ne sont pas des Congolais. Toutefois la difficulté surgit quand à Kigali, on fait savoir qu’on n’en veut pas. Ce qui est un artifice pour encourager la poursuite de leur présence en RDC. 

A Kisangani, Lambert Mende a aussi la mission d’inspecter le centre d’hébergement aménagé au camp BASE. Même s’il n’y avait eu des manifestations hostiles de la population, les FDLR n’ont pas encore reçu l’ordre de leur hiérarchie d’embarquer dans le 727 affrété depuis une semaine par le gouvernement congolais et qui continue à stationner sur le tarmac de l’aéroport de Kavumu, à Bukavu. 

Jusque samedi dernier, ils continueraient à exiger comme préalable avant tout embarquement de visiter d’abord ce site de transit du camp BASE pour apprécier sa viabilité. Victor Birongiro, le Président intérimaire des FDLR relève cette difficulté de l’hostilité qu’il déplore de la population exprimée, selon lui, par la Société civile et les parlementaires. Etrange tout de même. Est-ce des anges qu’il s’agit ? Des enfants de chœur ? Pouvait-il en être autrement avec les FDLR qui sèment mort et désolation sur leur passage au Kivu ? 

[KANDOLO M.]


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