FDLR : L'utimatum de la MONUSCO

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image Martin KOBLER

Le chef de la Monusco, Martin Kobler, appelle les combattants rwandais des FDLR présents en RDC à se rendre sans délai et à rejoindre le processus de Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinsertion et Réintégration (DDRRR). Dans un communiqué publié mardi 11 mars à Kinshasa, le représentant spécial de Ban Ki-Moon en RDC a invité ces rebelles à « se désolidariser immédiatement de leurs leaders poursuivis par la justice, sous peine d’être désarmés de force ».

Cette milice-là à qui Martin Kobler demande de déposer les armes pour passer au processus DDRRR est celle à qui la mère-patrie, c’est-à-dire le Rwanda n’offre aucune perspective en dehors de la potence continuant à les qualifier tous indistinctement, même des bébés de 1994 de génocidaires à pendre.

NEGOCIER AVEC LE RWANDA

La philosophie de Kigali est claire, Kagame l’a répété plusieurs fois à ceux qui lui faisaient comprendre que les bébés et les fœtus de 1994 ne sont pas des génocidaires, que leurs parents leur ont inoculé par le sang le virus anti-Tutsi. C’est pourquoi tous doivent répondre des 800.000 Tutsi et Hutu modérés tués par les extrémistes du clan d’Habyarimana. 

Dans ce cas, il serait vraiment erroné de croire que les FDLR déposent les armes pour aller au DDRRR pour un rapatriement au Rwanda pour y être tués, la plupart pour un génocide qu’ils ont vécu dans le sein de leurs mères. Vu sous cet angle, les FDLR ne se livreront pas. 

Reste deux possibilités, la négociation avec le Rwanda. Mais elle implique d’abord que ce pays change sa vision sur la question s’il veut une solution au phénomène FDLR. Mais Kigali est resté intraitable. 

C’est ici où la Communauté internationale si elle tient au solutionnement de la question des FDLR doit cesser sa complaisance actuelle à l’égard du Rwanda et lui faire pression pour prendre langue avec les FDLR qui ne sont pas tous des génocidaires. 

Naturellement, Kigali se dérobe toujours. Reste la dernière solution, la force. Mais sur ce plan Martin Kobler se contredit avec l’argumentaire qu’il a donné au Conseil de sécurité il y a quelque 3 mois soutenus par le commandant en chef de la Monusco, le général brésilien Santos Cruz sur la traque contre les FDLR. Ce serait impossible, soutient-il, car ceux-ci n’ont aucun territoire détectable et localisable comme celui du M23. Mais ils vivent en petits groupes, dispersés en forêts et qu’il est impossible d’aller les y traquer. 

Des propos sortis de la propre bouche de Martin Kobler. C’est cela la situation réelle. C’est ce qu’ont vécu les Fardc pas plus tard que le lundi dernier lorsqu’ils ont attaqué à Masisi, 60 km de Goma, une position des FDLR. Ceux-ci se sont dispersés en forêts. Pas pour de bon. Mais les Fardc ou la Monusco ne pouvant surveiller chaque case des villages 24 heures sur 24, il y aura inévitablement des actions punitives des FDLR contre les populations civiles innocentes. 

Ce n’est pas la première fois qu’on tente de traquer ces miliciens Hutu dans le Kivu. Est-ce d’exposer les populations civile à la hargne des FDLR cela qui est visé en filigrane de leur démantèlement ? Non. Les populations doivent rester en paix. L’équation à ce jour qui se pose est de voir comment concilier l’impératif de la traque de ces miliciens Hutu rwandais avec l’exigence de paix dans les populations. C’est là où que ce soit à la Monusco ou aux Fardc, qu’il faut trouver la réponse idoine. 

[KANDOLO M.]


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