RDC : M23, repli tactique ?

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Un calme relatif règne depuis lundi 28 octobre au soir  dans le territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu où plusieurs localités, jadis sous contrôle de la rébellion du M23. La rébellion du M23 a affirmé mardi dans un communiqué qu'elle a volontairement quitté plusieurs de ses places fortes dans le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu à l'est de la République démocratique du Congo, où de violents combats l'ont opposée de vendredi à lundi à l'armée congolaise. Le chef de la Monusco, Martin Kobler, a déclaré que la mission onusienne n’accepterait plus la présence des groupes armés à côté de ses bases.

Dimanche, « la rébellion du +M23+ a pris la décision d'abandonner certaines de ses positions. Il s'agit de Kiwanja, Rutshuru, Rubare, Rumangabo, etc », situées au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, indique le Mouvement du 23 mars (M23) sur son site officiel et relayé par l’AFP.

« Cela n'est nullement un signe de faiblesse et encore moins une victoire des forces gouvernementales (...) Il fallait éviter un bain de sang dans les agglomérations où la population risquait d'être victime d'une violence susceptible d'être évitée », ajoute-il.

Depuis dimanche, l'armée, appuyée par la Mission de l'ONU (Monusco), a annoncé la prise de plusieurs places fortes de la rébellion, parfois sans véritablement combattre. Parmi elles Kiwanja, dont la prise s'est soldée par la mort d'un Casque bleu tanzanien.

Sur son site, le M23 accuse les Forces armées de la RDC (FARDC) et la brigade d'intervention de l'ONU, à laquelle appartenait le Casque bleu, d'avoir armé des civils en vue d'une offensive.

La rébellion explique qu'elle a quitté Kiwanja et Rutshuru pour éviter un « piège » consistant à amener le M23 à « tirer sur les civils armés » et qu'ensuite il soit accusé d'avoir « massacré les populations civiles ».

Il précise qu'après ce retrait les rebelles ont choisi de « gagner leur base arrière de Bunagana », fief des autorités politiques du mouvement, à la frontière avec l'Ouganda.

Le M23 est actif depuis mai 2012 au Nord-Kivu. L'ONU et Kinshasa accusent régulièrement le Rwanda et l'Ouganda voisins - malgré leurs démentis - de soutenir la rébellion.

Calme relatif règne à Rutshuru

Un calme relatif règne depuis lundi 28 octobre au soir  dans le territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu où plusieurs localités, jadis sous contrôle de la rébellion du M23, ont été reconquises après quatre jours d’intenses combats par les militaires congolais, a-t-on constaté sur place mardi.

Le porte-parole de l’armée congolaise au Nord-Kivu, le colonel Olivier Hamuli cité par Radio Okapi a affirmé que les rebelles du M23, qui occupaient ces localités, se sont retranchés vers Bunagana et  Runyonyi à la frontière entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda.

Il a annoncé également la réouverture de la route entre Goma et Rutshuru  au trafic des véhicules des particuliers, les FARDC assurant désormais la sécurité sur cet axe longtemps occupé par les combattants du M23.

Le colonel Olivier Hamuli promet que les FARDC vont bientôt attaquer les rebelles du M23 dans leur dernier  retranchement. Il a cependant invité la rébellion à se rendre à l’armée ou à la Monusco.

Par ailleurs, des scènes de liesse sont signalées dans la partie du territoire de Rutshuru où sont présents les militaires congolais. C’est notamment à Rumangabo, Katalé, Rubare, Kiwanja, Kako, Kalengera et Tchengerero.

Les FARDC et les rebelles du M23 se battent au Nord de la ville de Goma depuis le vendredi 25 octobre dernier. Ce sont les combats les plus violents entre les deux groupes depuis fin août.

fin de la cohabitation

A l’issue de la visite des localités de Kiwanza et de Rutshuru-centre qu’il a effectuée lundi 28 octobre avec le gouverneur de la province du Nord-Kivu, le chef de la Monusco, Martin Kobler, a déclaré que la mission onusienne n’accepterait plus la présence des groupes armés à côté de ses bases1

En compagnie du gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku, il a visité les localités de Kiwanja et Rutshuru-centre reprises le dimanche 27 octobre 2013 par les militaires congolais appuyés par la Monusco, des mains des rebelles du M23.

« Jusqu’à maintenant, on avait ici des casques bleus qui ont eu une certaine cohabitation avec le M23. Je suis arrivé ici il y a deux mois et demi et le M23 était là dans ce bâtiment, c’est la cohabitation. C’est la fin de la cohabitation maintenant avec les groupes rebelles », a déclaré  Martin Kobler sur les antennes de la Radio Okapi.

Le chef de la Monusco s’est réjoui de voir « les yeux heureux de la population » et de sentir qu’elle est contente après le départ du M23.

Interrogé sur les appréhensions de la population qui craint un éventuel retrait des FARDC des positions qu’elles ont conquises ce week-end, il a assuré que cela ne se produira pas.

Depuis la reprise des combats entre les rebelles du M23 et les militaires congolais le vendredi 25 octobre dernier, les FARDC ont repris le contrôle de Kibumba, Kiwanja, Rutshuru-centre et Rumangabo occupés par les rebelles depuis plus d’une année.

Des sources locales rapportent que le M23 a délaissé d’autres localités du territoire Rutshuru qu’il contrôlait. Il s’agit notamment de Rubare, Kako, Kalengera, Biruma, Tchengerero et Katalé.


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