Goma : L’ONU paie le prix de ses atermoiements

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image Brigade de l'ONU en RDC.

La mort du casque bleu à Goma c’est le prix payé par les Nations-Unies à cause de ses atermoiements. Il est clair que face à un mouvement dont le langage est la violence, il faut répondre par violence. Le terrorisme du M23 s’est encore illustré par ce énième meurtre d’un pauvre tanzanien qui en avait marre de la tuerie sans visage humain des populations civiles congolaises. Didier Reynders a déjà conseillé ceux qui demandent la reprise des négociations de Kampala qu’à force d’incorporer les indisciplinés dans l’armée, on incorpore l’indiscipline. L’ONU veut, par la solution politique, une continuité de la crise pour que la Monusco reste éternelle en RDC.

Après la signature de l’accord-cadre d’Addis-Abeba et le vote à l’unanimité de la résolution 2098, la crise dans l’Est semblait avoir trouvé la solution tant attendue. Certainement la bonne parce que l’ONU venait, pour la première fois de son histoire, doter à une de ses missions un mandat offensif pour neutraliser les groupes armés qui y sèment désolation. Bonne solution, parce que la communauté internationale, ayant la responsabilité dans ce génocide dont on ne parle pas, devait montrer sa crédibilité. Sa responsabilité tient d’une part de ce que c’est elle qui est à l’origine de ce conflit lors qu’en 1994, elle a demandé au Congo (alors Zaïre) de recevoir les militaires hutus chassés par les tutsi AU Rwanda et d’autre part parce qu’elle est restée inefficace à travers la Monusco durant plus d’une décennie de présence en RDC.

Tout le monde avait salué l’accord-cadre et la résolution. Même ceux qui, aujourd’hui conseillent la solution politique au lieu de la traque des groupes rebelles. Au nombre de ceux-ci, Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’Onu et Mary Robinson, son envoyée spéciale dans les Grands-Lacs. Au prix d’intérêts mesquins et des dividendes tirés de la situation de guerre dans l’Est de la RDC, ces personnalités ont décidé de signer une volte-face dangereuse pour la crédibilité de l’ONU.

L’opinion congolaise et même internationale sait déjà que la guerre dans l’Est est profitable pour certaines personnes. Elles se seraient regroupées dans une coalition illicite dénommée coalition internationale pour la déstabilisation de la RDC. Celle-ci a une mission maintenir l’insécurité dans l’Est de la RDC, une partie riche en minerais (coltan etc.). Elle regroupe donc certaines firmes américaines, britanniques, allemandes…et les hautes personnalités de la scène internationale. Il n’est pas exagéré de citer entre-elles Ban Ki-Moon et Mary Robinson.

Ces gens opèrent par la désinformation de la situation. Voilà qu’ils peuvent parler d’un risque d’un nouveau génocide au Rwanda si les rebelles en RDC sont traqués. Un faux justificatif qui ne cadre pas avec la réalité sur terrain. Et si cela est ainsi, pourquoi le Rwanda ne négocie-t-il pas avec ses opposants militaires qui se seraient organisés en RDC ? A cela, l’ONU est restée silencieuse.

Il faut le dire tout. La longue présence de la Monusco en RDC est une bonne marchandise politique pour l’ONU. La faire quitter si tôt serait une mauvaise affaire. L’Est congolais est devenu un marché central où le Rwanda, l’Ouganda, la Monusco,  l’ONU, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Grande Bretagne viennent tirer les gros dividendes. La mort des citoyens ne leur dit absolument rien. Il faut tuer et encore tuer pour que leur trésor se remplisse.

La Monusco n’est que l’affaire des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne. Voilà dix ans d’existence de cette mission mais elle n’est dirigée que par les ces trois pays précités. Même si le Cameroun a dirigé l’étape infantile de cette mission, mais son âge mûr est resté un gâteau pour, tour à tour, William Swing (américain), Roger Meece (britannique) et aujourd’hui Martin Kobler (allemand).

Ce sont encore ces trois pays qui sont les grands partenaires du Rwanda. Ils allouent de montants colossaux en termes d’aide militaire au petit pays des Grands-Lacs. Ce sont encore eux qui ont le grand poids dans la prise de décisions majeures à l’ONU, deux (Etats-Unis et Grande Bretagne) ont même le droit de véto au Conseil de sécurité de l’ONU. Si le Rwanda perçoit l’aide militaire auprès de ces puissances, est-il exagéré d’arguer que le Rwanda n’est qu’une marionnette de ces puissances dans l’insécurité à l’Est de la RDC ? La réponse est claire.

La mort du casque bleu hier à Goma c’est le prix payé par les Nations-Unies à cause de ses atermoiements. Il est clair que face à un mouvement dont le langage est la violence, il faut répondre par violence. Le terrorisme du M23 s’est encore illustré par ce énième meurtre d’un pauvre tanzanien qui en avait marre de la tuerie sans visage humain des populations civiles congolaises. Didier Reynders a déjà conseillé ceux qui demandent la reprise des négociations de Kampala qu’à force d’incorporer les indisciplinés dans l’armée, on incorpore l’indiscipline. L’ONU veut, par la solution politique, une continuité de la crise pour que la Monusco reste éternelle en RDC.

Or par la solution militaire, le M23 est appelé à disparaître car certains de ses chefs militaires seraient arrêtés et transférés devant les hautes juridictions. Ce n’est qu’en ce moment que la solution politique peut-être envisagée mais dans une approche globale c'est-à-dire que tous les pays des Grands-Lacs négocient avec leurs opposants militaires.

[Jérémie KADO]


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