Ultimatum au Kivu : Le M23 prêt à se battre contre la Brigade de l'ONU

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image Bertrand BISIMWA

Zone de sécurité de 30 KM autour de Goma, les rebelles du M23 rejettent l’ultimatum de la Monusco. Ce refus constitue un premier test d’opérationnalité de la Brigade d’intervention qui doit passer à l’attaque. Hier, bien avant la fin de l’ultimatum, le M23, principal visé, a fait connaître sa position par le biais de son Président postiche Bertrand Bisimwa. Le mouvement ignore superbement l’ultimatum de la Monusco et ne bougera pas d’un seul iota de ses positions. Il est prêt à se battre contre la Brigade d’intervention si celle-ci se permettait de tenter de les déloger. Le M23 choisit donc la voie de la guerre totale contre la Brigade comme il l’avait déjà annoncé dès la création de celle-ci en lui promettant hécatombe au Nord-Kivu dans des correspondances menaçantes adressées aux Parlements sud-africains et tanzaniens.

C’est depuis hier jeudi 1er août à 16 heures que l’ultimatum de 48 heures lancé aux groupes armés y compris le M23 de déposer les armes sur un rayon de 30 km autour de Goma  a expiré. Cette mesure permet à la Monusco de créer une zone de sécurité de Goma à Sake où elle couvre une population de plus d’un million d’âmes. La Monusco tient à les contenir dans une sorte de zone-tampon afin de les protéger contre des folles exactions des miliciens de tout bord qui, comme les rebelles pro-rwandais du M23, s’enivrent au quotidien du sang de la population civile.

Ceux des groupes armés qui auront accepté de déposer les armes dans le délai de l’ultimatum seront d’offices éligibles au programme DDR pour les nationaux et DDDR pour les étrangers. Les autres, c’est-à-dire les récalcitrants, n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Pour eux la Brigade d’intervention de la Monusco passera à l’action, plus explicitement à l’assaut, pour les déloger dans le périmètre requis par la force des armes, qui est le seul langage qu’ils entendent.

Hier, bien avant la fin de l’ultimatum, le M23, principal visé, a fait connaître sa position par le biais de son Président postiche Bertrand Bisimwa. Le mouvement ignore superbement l’ultimatum de la Monusco et ne bougera pas d’un seul iota de ses positions. Il est prêt à se battre contre la Brigade d’intervention si celle-ci se permettait de tenter de les déloger. Le M23 choisit donc la voie de la guerre totale contre la Brigade comme il l’avait déjà annoncé dès la création de celle-ci en lui promettant hécatombe au Nord-Kivu dans des correspondances menaçantes adressées aux Parlements sud-africains et tanzaniens.

Pourquoi le M23 rejette-t-il l’ultimatum de la Monusco de dégager sur un rayon de près de 30 km autour de Goma ? Bisimwa se répand en mensonges. Première raison : il soutient toute honte bue que son mouvement n’est pas concerné par l’ultimatum dans la mesure où il ne se trouve pas dans ce périmètre de 30 km étant donné qu’il continue à se conformer au positionnement que lui avait instruit la CIRGL après son retrait de Goma en novembre de l’année passée.

Mais il se garde de donner la distance lui imposée par les chefs d’Etat de la CIRGL qui est d’aller se positionner à 20 km de Goma. Comme on le sait, le M23 n’a jamais respecté cette disposition de 20 km mais a au contraire installé ses pénates tout autour de Goma dans un premier temps à 6 km puis entre 7 et 10 km à Mutaho et Kibati.

La preuve de cette violation de la disposition de la CIRGL est donnée par les combats de Munigi, Mutaho et Kibati à l’intérieur du périmètre de 20 km du chef-lieu de la province. Les observateurs du mécanisme conjoint de vérification de la CIRGL savent bien que le M23 a toujours campé à un jet de pierre de Goma. Haro sur Bertarnd Bisimwa qui poursuit en accusant la Brigade d’intervention d’avoir choisi de suivre aveuglement le gouvernement de Kinshasa dans son option de la guerre.

Ils les trouveront sur leur chemin, menace-t-il en concluant que la crise en Rdc est d’origine politique et requièrent donc des solutions politiques et non militaires. Contradictions quand on sait qu’à Kampala, le M23 soutenu par ses parrains fait tout pour bloquer les négociations. Il a réussi à le faire car au même moment il préparait la prise de Goma qu’il a vainement tenté par Mutaho plusieurs fois avant d’être éjecté par les Fardc.

Cela s’appelle-t-il option politique ? Et quand le M23, pour revendiquer l’application de l’Accord de Goma entre le CNDP et le gouvernement prend les armes pour se faire entendre, est-ce la voie politique ? Lorsque toute une rébellion se réarme plus même que certaines armées nationales, en équipement lourd, mortiers, pièces d’artilleries, batteries des missiles et même en char, est-ce pour promouvoir la voie du dialogue? Bisimwa est en plein délire.

METTRE LES MENACES A EXECUTION

Selon la Monusco, beaucoup de groupes armés évoluant dans le secteur de l’ultimatum ont répondu positivement. Ils acceptent de déposer les armes en faveur du programme DDR. Pour les autres comme le M23 qui réserve une fin de non recevoir aux injonctions de la Monusco, il faudra bien que la Brigade mette ses menaces à exécution : le désarmement par la force du M23.

Pour la population, il s’agit là d’un test qui lui permet d’évaluer l’opérationnalité de la Brigade. Celle-ci est contrainte de déloger le M23 du périmètre de 30 km où le mouvement se prépare à la guerre. Le contraire serait nocif pour la crédibilité de la Brigade. Aucun groupe armé ne la redouterait et n’aurait donc plus de raison de se trouver au Nord-Kivu. Ce qui signerait sa fin. L’ultimatum est donc une question de vie ou de mort pour la Brigade d’intervention.

Il y a quelque 2 semaines, le Rwanda a accusé la Brigade de coopérer avec les FDLR à qui elle a remis des armes. Pour ceux qui connaissent bien les stratégies des hommes de Kigali, une telle accusation permet tout simplement au Rwanda de se donner un nouveau prétexte de droit de poursuite pour intervenir au cas où la Brigade passerait à l’attaque contre le M23.

La raison est vite trouvée, elle travaille avec les génocidaires des FDLR, Kigali est donc en droit d’aller se protéger hors de son territoire en Rdc. Ce qui surprend, c’est le fait que le M23, depuis la création de la Brigade n’a eu de cesse de déclarer que celle-ci ne lui fait pas du tout peur. Les rebelles ont aussi rappelé qu’ils sont habitués à de grandes batailles. Un de ses cadres avait même ironisé en parlant du contingent tanzanien en termes « des vieux papas tanzaniens », ce qui veut dire des inaptes qui ne peuvent faire la guerre.

Jusqu’à ce jour au moment où la Brigade est déjà opérationnelle sur terrain avec des patrouilles mobiles à Goma et sa périphérie et que la Monusco somme le M23 et les autres groupes à déposer les armes, le M23 reste constant et réplique avec défiance qu’il est prêt à se battre contre la Brigade.   Kandolo M.


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