RDC : Lourdement armé, le M23 se positionne à Munigi, à 7 km de Goma

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Des informations alarmantes venant de la Société civile de Nyirangongo font état de l’occupation de l’agglomération de Munigi dans le territoire de Nyirangongo par une colonne lourdement armée des rebelles du M23. Cette position que les rebelles ont occupée est seulement à 7 km de Goma. Tous les villageois des environs n’ont trouvé de salut que dans le refuge en brousse sans assistance humanitaire. Ils savent ce que les rebelles leur réservent comme traitement chaque fois qu’il leur arrive de faire main basse sur une localité : tortures, mort, pillages et enrôlement des jeunes gens et même des enfants dans leur rang. Les Fardc par leur porte-parole, le colonel Olivier Hamuli ont confirmé cette occupation de Munigi, à 7 km de Goma par les rebelles du M23. N’est-ce pas une nouvelle menace sur Goma ? Hamuli est catégorique. Ils n’atteindront jamais la périphérie de Goma.

Hier aux premières heures du matin, la ville de Beni à 350 km de Goma a, à nouveau, connu des moments difficiles. Une colonne de Maï-Maï munis d’armes blanches de quelques fusils de chasse ont pris d’assaut la prison centrale de la ville de Beni où étaient détenus 350 prisonniers civils et militaires. Ils en ont libéré 240 à ce jour en cavale.

«Parmi ces détenus libérés, un bon nombre sont des criminels notoires qui ont à leur actif des assassinats», selon le maire de Beni. Les gardes du pénitencier avaient tenté de résister mais ils ont vite été débordés par le nombre impressionnant des Maï-Maï qui les ont attaqués. Ils ont donc réussi à faire main basse sur la prison où n’étaient finalement restés que les pensionnés qui n’avaient pas voulu fuir.

Le commandant Fardc place Beni assure que ses hommes vont mettre la main sur les fugitifs. Avec cette évasion des bandits de grand chemin et surtout des criminels militaires qui étaient détenus dans cette prison de Beni, l’insécurité va galoper dans tout ce secteur. Ils vont sans doute renforcer les rangs de leurs libérateurs Maï-Maï.

Ce n’est pas au hasard que ces derniers ont procédé à l’attaque de cette prison qui détenait des hommes parmi les plus dangereux de la pègre du Nord-Kivu. On peut subodorer avec raison l’odeur d’une planification de cette attaque qui n’est pas tombée au hasard. Surtout que pas plus tard que le samedi dernier, des hommes non autrement identifiés ont vainement tenté de prendre la prison de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Ils ont été repoussés par les Fardc qui en assurent la garde.

Deux jours plus tard, soit le lundi à l’aube, c’est celle de Beni qui est attaquée avec succès car elle a entrainé la libération de 240 criminels. Pourtant, on ne pouvait s’attendre à une attaque de grande envergure à Beni, cette ville qui, il y a deux mois, avait été prise et occupée pendant 4 heures par les mêmes Maï-Maï qui ne disposaient que d’armes blanches mais qui n’aient rencontré aucune résistance de la part des forces combattantes alors que la ville est considérée comme une forteresse. Trahison ? Faiblesse du dispositif sécuritaire ? Dieu seul le sait. Toujours est-il que lors de cette attaque de la ville, les assaillants avaient promis de revenir.

Tandis que du côté des Fardc, le colonel commandant place et le maire de la ville avaient assuré que des dispositions étaient prises pour que pareille aventure ne se reproduise plus dans Beni. Mais là, c’est l’attaque réussie de la prison avec la libération des criminels militaires qui sont dans la nature et qui aura des répercussions sur la sécurité.

A Lubumbashi, les fameux Maï-Maï « Kata-Katanga », la célèbre prison de la Kasapa à la périphérie de la ville avait été attaquée exactement comme à Beni. Mais cette fois-ci les assaillants se sont heurtés à une farouche résistance des forces de l’ordre qui ont réussi à les empêcher d’ouvrir les portes de ce pénitencier pour éviter l’irréparable.

C’est ce qui était advenu en novembre 2011 lorsque la prison de la Kasapa avait été attaquée pour libérer le sinistre Gédéon Kyungu Mutanga, le chef Maï-Maï les plus cruels, une machine à tuer qui sévit au Nord-Katanga où ils dépècent ses victimes à la machette en buvant leur sang. A ce jour, il y sème la terreur noire dans la population civile, donc auprès de ses propres frères. Ce qui ne serait pas le cas, s’il était toujours détenu dans le quartier de haute sécurité de la prison de la Kasapa à Lubumbashi. Il y a donc lieu d’espérer que les 240 criminels que les Maï-Maï ont libérés hier de la prison centrale de Beni ne se mueront pas en 240 Gédéon Kyungu Mutanga.

LE M23 S’INSTALLE A MUNIGI, 7 KM DE GOMA

Des informations alarmantes venant de la Société civile de Nyirangongo font état de l’occupation de l’agglomération de Munigi dans le territoire de Nyirangongo par une colonne lourdement armée des rebelles du M23. Cette position que les rebelles ont occupée est seulement à 7 km de Goma. Tous les villageois des environs n’ont trouvé de salut que dans le refuge en brousse sans assistance humanitaire.

Ils savent ce que les rebelles leur réservent comme traitement chaque fois qu’il leur arrive de faire main basse sur une localité : tortures, mort, pillages et enrôlement des jeunes gens et même des enfants dans leur rang. Les Fardc par leur porte-parole, le colonel Olivier Hamuli ont confirmé cette occupation de Munigi, à 7 km de Goma par les rebelles du M23. N’est-ce pas une nouvelle menace sur Goma ? Hamuli est catégorique. Ils n’atteindront jamais la périphérie de Goma.

Comme on le sait, à Goma même, la Brigade d’intervention de la Monusco est déjà à pied d’œuvre. Elle dit avoir installé un verrou infranchissable autour de cette ville convoitée par les rebelles du M23 et leurs parrains rwandais. A ce titre la capitale volcanique paraît infranchissable. Mais pendant qu’on concentre toutes les énergies sur Goma, il faudra éviter que tout autour, le M23 continue à renforcer ses positions comme il le fait à Munigi, il sait bien pourquoi.

Il pourrait ne jamais aller affronter la Brigade dans la ville mais confortera plutôt ses bases-arrières dans le périmètre de Nyirangongo. Ce qui aurait pour effet, sur le plan géostratégique, de voir la Brigade et les Fardc ne contrôler que Goma et ses faubourgs immédiats. Dans ce cas de figure, la Brigade d’intervention de la Monusco se transformerait de fait en une force d’interposition entre les deux belligérants à savoir les Fardc qui sont dans Goma et le M23 qui est à quelques encablures de la ville. Ce qui serait bien le contraire de la Résolution 2098. Mais on n’en est pas encore là !

[Kandolo M.]


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