RDC : Echec des miliciens «Bakata Katanga» à Lubumbashi

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image Miliciens Mai-Mai «Bakata Katanga»

Equipés d’armes lourdes (armes automatiques, lance-roquettes), des combattants Mai-Mai ont attaqué, dans la nuit de samedi à dimanche, la prison de Kasapa à Lubumbashi. Selon une source, les miliciens ont ouvert le feu sur les gardiens de l’établissement pénitentiaire qui ont repoussé l’attaque. Pour cet affrontement dont le bilan fait état d’un milicien tué, un autre grièvement blessé et un troisième capturé, l’attaque avait pour objectif de libérer un officier des Forces armées de la République condamné pour détournement de munitions et armes de guerre et violation de consignes. Pendant que tout est fait pour éteindre les foyers de tension à l’Est de la Rd Congo, le gouvernement de la République doit s’investir afin d’éviter que d’autres conflits ne viennent freiner l’actuel élan de développement du pays et porter ainsi un coup d’arrêt au chantier de la décentralisation du pays.

Selon une source, des combattants Mai-Mai ont attaqué la prison de la Kasapa, à Lubumbashi (Katanga) dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 juin. Equipés d’armes lourdes (armes automatiques, lance-roquettes), les miliciens ont ouvert le feu sur les gardiens de l’établissement pénitentiaire qui ont repoussé l’attaque. Cet affrontement a duré une vingtaine de minutes.

Des témoins font état d’un milicien tué, un autre grièvement blessé et un troisième capturé. Aucune évasion n’a été enregistrée. Cependant, un autre son de cloche, pour un correspondant de BBC/Afrique à Lubumbashi, les combats ont duré trois heures. Il y a eu un mort parmi les combattants Maï Maï, qui luttent pour l’indépendance du Katanga.

Les mêmes sources indiquent que les miliciens se dirigeaient vers la porte d’entrée de la prison en file indienne lorsqu’ils ont été interpelés par les gardiens, informés d’une présence suspecte de civils en armes à proximité de l’établissement pénitentiaire. Les assaillants ont alors ouvert le feu sur les gardiens.

Après vingt minutes d’affrontements, les assaillants ont été repoussés sans réussir à pénétrer dans la prison. Le Maï-Maï tué avait sur lui deux grenades offensives, selon les gardiens. A en croire les mêmes gardiens cité par Radio Okapi, cette attaque avait pour objectif de libérer un officier de Forces armées de la République (FARDC), condamné le mois dernier pour détournement de minutions et armes de guerre et violation de consignes. Ils affirment avoir trouvé une tenue militaire portant le nom de cet officier emprisonné.

La même source renseigne que la sécurité a été renforcée autour de la prison de la Kasapa et la situation est calme. Les impacts de balles sur la grande porte de la prison et sur le mur d’un poste de contrôle à l’entrée de l’établissement pénitencier étaient encore visibles hier dimanche dans la matinée. Et plusieurs douilles étaient éparpillées dans le rayon de la prison, preuves de l’ampleur des affrontements.

Il sied de souligner que cette attaque est la deuxième de la milice Bakata Katanga contre la prison de la Kasapa, après celle de septembre 2011 qui s’était soldée par l’évasion de Kyungu Mutanga Gédéon, chef de cette milice. Les Maï-Maï Bakata Katanga sont entrés à Lubumbashi, le samedi 23 mars dernier avec des armes. Après des accrochages avec les militaires, ils s’étaient rendus au bureau local de la Monusco où ils avaient déposé leurs armes. Le lendemain, plus de 200 d’entre eux avaient été transférés dans la prison militaire de Ndolo à Kinshasa.

Contre un autre foyer de tensions

Cela fait plusieurs années depuis que le gouvernement de la République se bat pour mettre un terme au conflit qui secoue la partie Est du pays. Beaucoup de moyens, temps et énergie y ont été consacrés. Aujourd’hui, le pays semble arriver au bout du tunnel. Malheureusement, c’est pendant ce temps qu’interviennent les attaques des Maï-Maï Bakata Katanga, opposés selon certaines indiscrétions à la décentralisation et préférant le fédéralisme de leur riche province.

Dans cette optique, si le fédéralisme résulte de l’opinion dominante au Katanga, il est tout à fait normal que ses initiateurs préconisent l’amendement de la constitution, en lieu et place de faire parler les armes. Une stratégie qui n’a pas beaucoup de chance de réussir.

Le gouvernement devrait être vigilent et s’employer pour mettre hors d’état de nuire quiconque s’efforcerait de concrétiser le projet de balkanisation de la Rd Congo. Une balkanisation qui ne concerne pas seulement la partie Est du pays, mais aussi sa partie Sud. En plus, le temps doit être donné au gouvernement afin de prendre langue avec cette catégorie des Congolais, lorsqu’on sait que les armes à elles seules ne constituent pas une solution privilégiée.

Entre-temps, même si certaines autorités provinciales du Katanga ont été sanctionnées pour légèreté ou complaisance, il appartient aux différents services de sécurité de prouver de quoi ils sont capables, en prenant toutes les mesures sécuritaires qui s’imposent pour que de tels films ne se reproduisent plus.

La province du Katanga reste une entité essentiellement minière et dont les contributions au Trésor public dépassent de loin celles d’autres provinces. La neutralisation des Bakata Katanga sera un message que les autorités lanceront aux investisseurs étrangers et congolais qui ont opté de travailler dans notre pays. Car, si les bruits de bottes se multipliaient, cela risque de réduire sensiblement non seulement les recettes minières, mais de porter un coup dur au climat des affaires sur lequel le Gouvernement Matata s’investit chaque jour.

[L’Avenir]


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