Irruption de Maï-Maï à Lubumbashi : Les miliciens « Kata Katanga » répondaient-ils à l'invitation de Gabriel KYUNGU ?

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image Kata Katanga

Une panique générale a étreint la ville de Lubumbashi dans le Katanga le samedi  23 mars 2013. En cause, l’irruption sur la ville d’un groupe Maï-Maï dénommé « Kata Katanga » (NDLR : Que l’on coupe le Katanga). Il y a quelques jours, Gabriel Kyungu wa Kumwanza invitait les Maï Maï à déposer les armes pour intégrer l’armée nationale. Les combattants ayant fait irruption samedi à Lubumbashi répondaient-ils bruyamment à cette « invitation » ?

La Monusco indique qu’ils étaient au nombre de 245 dont une quatre-vingtaine d’enfants et des dizaines de femmes. Pendant trois heures, ils ont joué leur numéro de terrorisme urbain avant de se rendre dans les installations de la Monusco à Lubumbashi.

Le bilan provisoire fait état d’une trentaine de morts et plusieurs blessés dans les rangs des insurgés. Le nombre des victimes parmi la population civile et les forces loyalistes n’a pas été révélé.

Aux dernières nouvelles, il nous revient que ces inciviques ont été livrés par la Monusco aux autorités provinciales avant d’être transférés, dimanche 24 mars 2013 à Kinshasa pour être jugés. Selon le porte-parole  du gouvernement Lambert Mende, le transfert de ces hors-la loi vise dans la capitale à permettre un procès.

Dans un communiqué relatif à ces événements, le ministre de l’Intérieur, sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières Richard Muyez, dit qu’il a été décidé de procéder à la séparation des mineurs d’avec les adultes, d’approfondir les investigations en vue d’établir les responsabilités en ce qui concerne le recrutement des enfants dans des bandes armées et la provenance d’armes de guerre et d’organiser la recherche des familles des enfants mineurs en vue d’une remise ultérieure.

En outre, il annonce que les « personnes qui se seront compromises  ces groupes de délinquants armés, elles seront déférées devant les Cours et tribunaux, pour subir la rigueur de la loi ».

Des observateurs voudraient bien prendre au mot Richard Muyez, toutefois, ils se posent cette question : fallait-il cette énième irruption  de ces miliciens «Kata Katanga » pour pouvoir se pencher sur le dossier avec poursuite judiciaires et menace à l’endroit  de toutes les personnes qui auraient un lien avec ce qu’il appelle « groupes de délinquants armés » ?

L’on rappelle que ces Maï-Maï  « Kata Katanga » dont se réclame un certain Tanda Imena,  s’étaient déjà signalés dans en février 2011 et août 2012 en attaquant l’aéroport de la Luano à Lubumbashi. Le 17 février 2013, ils avaient  tué trois personnes dans la localité de  Kinsevere (40 km de Lubumbashi). Parmi leurs victimes figurent un agent de l’ANR (Agence nationale de renseignements), un policier et le chef du village de Kinsevere.

Il est également imputé au groupe « Kata Katanga » la mort de soixante cinq personnes dans le groupement de Mwemena, en territoire de Kasenga ( 250 km de Lubumbashi ) entre janvier et février 2013. Selon le chef de ce groupement, Mwemena wa Kilembwe, ces miliciens tuaient par jour  quatre à six personnes dans chaque village qu’ils visitaient.

Ce groupe se dispute aujourd’hui la vedette avec  celui du tristement célèbre Kyungu Mutanga Gédeon  qui a semé la terreur dans les territoires de Mitwaba, Pweto et Manono entre 2004 et 2006, avant d’être arrêté.  Après son évasion spectaculaire de la prison de Kasapa à Lubumbashi, en septembre 2011, il s’est réinstallé dans le territoire de Mitwaba. Depuis, il s’est réorganisé et repris du service sans que l’on puisse mettre la main sur lui. Pourquoi ? Est-ce une question de sa localisation ou des moyens humains et matériels à mettre en jeu pour l’appréhender et le remettre en prison ?

L’opinion espère que cette fois au moins toute la lumière sera faite cette nébuleuse qu’est le phénomène Maï-Maï qui jette des racines dans la province du Katanga et tend à répandre la terreur que les populations du Nord-Kivu  viennent de vivre avec des gars comme Bosco Ntaganda, aujourd’hui dans les geôles de la CPI. Mais aussi de beaucoup d’autres hors la loi qui  continuent à se complaire dans l’impunité. 

Cela dans la mesure où les « Kata Katanga » ont déclaré à la Monusco ce qui suit: «Nous sommes ici puisque nous ne voulons pas de cette souffrance. L’indépendance avait été obtenue en 1960 mais depuis 2010 rien ne va ici. Nous sommes fatigués d’être des esclaves. Nous sommes venus non pour nous rendre et non plus pour rendre nos armes mais pour demander à la Monusco de nous donner notre indépendance. Nous voulons que le Katanga soit un pays et que notre président soit reconnu».

Qui est leur président ? Est-ce que ces insurgés de même que leur prétendu président savent qu’ils violent la Constitution de la République en son article 52 qui stipule : « Tous les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international. Aucun individu ou groupe d’individus ne peut utiliser une portion du territoire national comme base de départ d’activités subversives ou terroristes contre l’Etat congolais ou tout autre Etat » ?

Comme on le voit,  « Kata Katanga » de même que tous les autres groupes armés dits Maï-Maï qui pullulent dans la province Katanga sont une épine dans le pied du gouvernement.    Il est donc temps que l’impunité cesse et que justice soit faite. Le peuple en a besoin pour reprendre de l’espoir et être rassuré que le spectre de la balkanisation va s’éloigner et disparaître définitivement de sa vue.

[avec Le Potentiel]


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