Guerre aux Kivu : Le Rwanda et l’Ouganda continuent de soutenir les rebelles du M23

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image Paul KAGAME et Yoweri MUSEVENI

Dans un nouveau rapport, les Nations unies affirment que le Rwanda et l’Ouganda continuent de soutenir les rebelles du M23 dans l’est de la RDC. Le document, qui sera rendu public en novembre prochain, révèle que le ministre rwandais de la défense le général James Kabarebe, commande effectivement le groupe armé qui combat l’armée congolaise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Il indique aussi que Kigali a fourni au groupe des armes lourdes et intensifié le recrutement de la milice, ce qui suppose que la chaine de commandement du M23 est de facto en contact avec le ministre rwandais de la défense. Les armées des deux pays auraient aidé ce mouvement à étendre son contrôle sur le territoire. Ce rapport s'appuie sur celui publié il y a quelques mois et qui avait accusé des hauts responsables du ministère rwandais de la défense de fournir des armes, des munitions et autres formes de soutien à la milice M23.

Un nouveau rapport des experts des Nations unies, qui sera rendu public en  novembre prochain, accuse l’Ouganda et le  Rwanda  de « soutenir » les rebelles congolais du M23 (Mouvement du 23 mars) au Nord-Kivu (Est de la RD Congo) « en juillet, août et septembre » 2012. Ainsi, l’Ouganda se trouve en position de « juge et partie » dans la guerre qui sévit au Nord-Kivu depuis avril 2012.

« Le rapport final du groupe d’experts sur la RDC circule depuis quelques jours à l’ONU. Les experts affirment que le Rwanda et l’Ouganda ont continué de soutenir les rebelles du M23, en juillet, août et septembre, en dépit d’une large condamnation internationale.

Il s’agit disent les experts d’un appui militaire en armement, mais aussi en renseignement et conseils politiques. Les auteurs du rapport observent que, le M23 a gagné du terrain et que le recrutement d’enfants soldats estimés à 250 s’est accéléré », rapporte le correspondant de RFI à New York.

L’Ouganda indexé

Le rapport des experts onusiens dévoile l’implication de l’Ouganda dont le président, Yoweri Kaguta Museveni, a été chargé le 08 octobre à Kampala par le 4ème Sommet  extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) de poursuivre « ses initiatives diplomatiques et politiques (…) en vue de trouver une solution durable à la crise dans l’Est de la RDC ».

Après avoir fait une évaluation des décisions antérieures adoptées lors des Sommets d’Addis Abéba, de Kampala I (le 8 août  2012) et Kampala II (le 8 septembre 2012) et entendu les rapports du Comite interministériel régional (CIMR) et du Comité des ministres de la Défense, les chefs d’Etat ont « décidé » que le président Yoweri Kaguta Museveni, président en exercice de la CIRGL,  « poursuit ses initiatives diplomatiques et politiques auprès de tous les acteurs concernés en vue de trouver une solution durable à la crise dans l’Est de la RDC ».

« Peut-on faire confiance à la CIRGL alors que le Rwanda et l’Ouganda renforcent le M23 pour donner l’assaut final sur Goma ? Comment continuer à faire confiance à la CIRGL lorsqu’en marge des échanges de Goma, censés baliser la voie à la mise en place de la Force internationale neutre, le Rwanda et l’Ouganda intensifient, à partir de Rutshuru, leur soutien au M23 pour donner l’assaut final  sur Goma, chef-lieu du Nord-Kivu ? »,  s’interrogeaient des analystes politiques à Kinshasa en août dernier.

« Pendant que les ministres de la Défense des Etats membres de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) se retrouvent depuis quelques jours à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, pour l’opérationnalisation de la Force internationale neutre à déployer dans la région, c’est le moment qu’ont choisi le Rwanda et l’Ouganda pour renforcer, à partir de Rutshuru, les positions des rebelles du M23 », ont-ils constaté.

Durant la même période, des sources dans la région ont indiqué à la presse que « des troupes ougandaises seraient en train d’entrer en RDC via le poste frontalier de Bunagana qu’occupent les rebelles du M23 tandis que celles du Rwanda seraient concentrées dans quelques localités du territoire de Rutshuru ».

Réagissait à l’audition le 30 juillet à New York de Roger Meece, chef de la Monusco, les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont demandé le 2 août au M23 et à tous les groupes armés « de cesser toute forme de violence, notamment les violences sexuelles et le recrutement d'enfants-soldats » et condamné « tout appui extérieur apporté au M23, notamment par d’autres pays ». Ils ont exigé qu’il y soit « mis fin immédiatement ».

« Ce sont des foutaises, catégoriquement des foutaises, je le répète: des foutaises », a réagi le ministre ougandais des Affaires étrangères Henry Okello Oryem, démentant que son pays soutenait le M23. Quinze jours plus tard, les autorités du Nord-Kivu dénonçaient le 16 août « un renfort des troupes rwandaises et ougandaises aux côtés des rebelles du M23 au pied des collines de Mbuzi, de Runyonyi et de Ntamugenga, en territoire de Rutshuru, théâtre des combats contre les FARDC ».

A cette occasion, le Collectif d’associations de femmes pour le développement (CAJED) avait manifesté contre « la guerre dans le Nord-Kivu ». Sur leurs calicots étaient inscrits des messages tels que « Non à la balkanisation de la RDC », « le Rwanda et l’Ouganda ne doivent pas faire partie de la Force neutre internationale ».

[avec Le Potentiel]


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