Dialogue RDC - Rwanda : L’attitude de Belgique suscite des interrogations

Font size: Decrease font Enlarge font
image Didier REYNDERS - Ministre belge des affaires Etrangères

Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a dit ce dimanche toute sa préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Il appelle aujourd’hui une fois de plus tous les acteurs dans la région, tels que la RDC et le Rwanda, à dialoguer et faire montre de toute la retenue possible, et la communauté internationale, notamment la MONUSCO, à assumer pleinement ses responsabilités. Didier Reynders a également attiré l’attention de Catherine Ashton, Haute Représentante pour la Politique étrangère de l’Union Européenne, sur cette situation alarmante. Eu égard à l’intérêt porté par l’Union à la Région des Grands Lacs, le Ministre a souhaité que cette situation soit portée à l’agenda du prochain Conseil Affaires Etrangères, le 25 juin à Luxembourg.

Bruxelles invite Kinshasa et Kigali autour d’une table

Au regard de la dégradation de la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo, le Vice-Premier Ministre belge et Ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders ne cesse de proposer le dialogue entre les deux Etats. La Belgique a déjà entrepris plusieurs démarches pour tenter de ramener le dialogue et la confiance entre la Rdc et le Rwanda, soutenant que ces deux éléments sont indispensables à une résolution de la situation. Tout en reconnaissant l’implication directe de Kigali dans la déstabilisation de la Rdc, et en dépit de tout effort pour concilier les deux pays, il convient de s’interroger sur l’attitude du Royaume de Belgique, qui brandit bâton et carotte à chaque fois que la Rdc est en proie face à ses voisins.

Le Vice-Premier Ministre belge et Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders suit avec grande inquiétude l’évolution de la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo, en particulier au Nord-Kivu. Tel est la substance d’un communiqué de presse parvenu à notre rédaction. Le patron de la diplomatie belge justifie cette préoccupation vu l’intensification des combats dans la région, mieux dans l’est de la Rdc. Et, sans porter les gans sur ses mains de fer, Didier Reynders déclare pince sans rire que la situation s’est aggravée par les renforts extérieurs, allusion faite au Rwanda, sans nul doute.

Réagir spontanément

La question qui mérite d’être posée est celle de savoir ce qu’attendait le Royaume de Belgique depuis que la situation a pris des allures inquiétantes dans le grand Kivu, il y a de cela environ 3 mois. Les bons amis interviennent spontanément lorsque brûle la case du voisin, dit un vieux proverbe africain.

D’autre part, que de stigmatiser sans citer Kigali, sur les pas de plusieurs autres gouvernements et Ongs nationales et internationales, le Vice-Premier Ministre belge et Ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders, sous sa couche aux couleurs diplomatiques, ne révèle pas clairement ni le plan, ni le cadre en vue de l’organisation dudit dialogue. Il en est de même avec les parties invitées à y prendre part, les préparatifs, la date,… Et dans le même registre, si les mutins (bénéficient) semblent bénéficier de l’apport du Rwanda, la Belgique mérite des fleurs pour avoir reconnu que cette situation représente un risque très grave pour la stabilité de la région. Cependant, elle se devait de mettre un accent particulier sur le Kivu qui vit les affres au quotidien, toute autre région rwandaise non concernée. Comme si cela ne suffisait pas, il sied de saluer, avec M.Didier Reynders, le constat selon lequel les populations de cette partie de la Rdc subissent une souffrance intolérable. Elles sont les premières victimes de cette reprise des combats dont les vrais tireurs de ficelles ne sont pas à chercher ; leurs mobiles, pas à deviner.

L’Union fait la force

Si ne pas agir en solo est une qualité, « L’union fait la force », dit – on à Bruxelles, il est aussi avantageux de savoir que toutes les démarches auxquelles M. Reynders fait allusion ont été menées en concertation avec ses partenaires de l’Union européenne. Mais il s’agit aussi d’une UE qui, par le biais de son parlement, venait d’accabler dernièrement la Rdc avecun chapelet de recommandations avant toute aide aux élections ; il n’est pas exclu qu’il y ait anguille sous roche. Le Belge reconnait que son gouvernement a déjà entrepris plusieurs démarches pour tenter de ramener le dialogue et la confiance entre la Rdcet le Rwanda, qui sont des éléments indispensables à une résolution de la situation.

Avec qui dialoguer ?

C’est du moins là que se rapproches a position avec celle du gouvernement de la Rdc. Par la bouche de Lambert Mende Omalanga, ministre des Médias, des Relations avec le parlement, de l’Initiation à la nouvelle citoyenneté et Porte-parole du gouvernement congolais, le dialogue entre Kinshasa et les mutins n’est pas envisageable. Si le Rwanda n’en est pas un, il est au moins établi que le pays de Paul Kagame est bien aux côtés des mutins. Et si donc un dialogue doit être envisagé, engagé, c’est entre les deux pays, dans le strict respect des textes liés à la souveraineté des Etats, tout en excluant de se mettre autour d’une même table avec un Rwanda au chevet des mutins, se moquant de tous ses détracteurs, dont récemment la Mission des nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco). C’est avec raison d’ailleurs que dans ce contexte précis, le Ministre Reynders souhaite rappeler que tout soutien à des groupements armés est non seulement une violation grave des résolutions des Nations-Unies, mais également un pas dangereux vers une crise ouverte, qu’il convient d’éviter à tout prix. Le Ministre souligne enfin l’attachement de la Belgique au rétablissement de l’Etat de droit et de la sécurité sur tout le territoire de la Rdc, auquel son pays contribue à travers les programmes de Réforme du Secteur de Sécurité, ainsi qu’aux principes de lutte contre l’impunité de tous ceux qui commettent des crimes de guerre.

La Rd Congo est très avancée

Il suffit de s’intéresser un peu sur les différents voyages effectués par Raymond Tshibanda, ministre des Affaires étrangères, coopération internationale et francophonie ces derniers temps pour se rendre compte que c’est le dialogue, ou bien la négociation que la Rd Congo poursuit en sollicitant les bons offices des pays voisins membres de la SADC et de la CICRGL. En plus, devant un voisin à la dimension du Rwanda et dont le génocide qui s’est déroulé dans ce pays a constitué depuis plusieurs années la carte de visite de ce pays, il fallait contourner cet obstacle en expliquant et en démontrant aux pays de la Région la part de responsabilité qui revient au Rwanda. Il s’agit d’un pays dont un rapport confidentiel de la MONUSCO publié par BBC, des enquêtes de l’Ong HRW, ainsi que la propre enquête du Gouvernement de la Rd Congo ont établi noir sur blanc que le Rwanda, non seulement qu’il apporte armes et munitions aux mutins de M23, il a servi de cadre au recrutement et à la formation des combattants devant renforcer les rebelles à l’Est de la Rd Congo.

Quelle sera l’attitude du Rwanda, c’est du moins une question que nombreux se posent, lorsqu’on sait que ce pays ne s’est contenté que de contester le rapport de la MONUSCO, la qualifiant d’incapable. Mais lorsque Lambert Mende l’a dénoncé lors d’un point de presse à Goma, du côté du Rwanda, silence radio. Comme pour dire que l’attitude du Gouvernement de la République est jusque-là irréprochable, même s’il doit se préparer à toute évidence.

[avec L’Avenir]


Cet article a été lu 4961 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0