RDC : Le tandem KABILA - NTAGANDA ne tiendra pas pour longtemps

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image Joseph KABILA, President sortant de la RDC (H), Luis MORENO (G) et Bosco NTAGANDA (D)

300 hommes appartenant à l’ex-rébellion CNDP ont déserté l’armée congolaise. Selon les observateurs cette désertion serait une « démonstration de force » de Bosco NTAGANDA à l’égard de Kinshasa, afin que le régime de Kabila ne cède pas aux pressions de la Communauté internationale, visant à faire arrêter l’ancien bras droit de Laurent NKUNDA. Surnommé « The Terminator »,  Bosco NTAGANDA est depuis quelques années dans le collimateur de la justice internationale. Il est poursuivi pour crimes des guerre en Ituri en 2002-2003. Kinshasa lâchera-t-il son protégé, Bosco NTAGANGA ? C’est la grande question que les observateurs avisés se posent. Compte tenu des fortes  pressions internationales, il semble que le tandem Kinshasa et NTAGANDA ne tiendra pas pour longtemps.

La semaine du  26 au 31 mars 2012, près de 300 hommes appartenant à l’ex-rébellion CNDP ont déserté l’armée congolaise. Cette nouvelle, répandue comme une traînée de poudre  a créé une panique générale dans l’est de la RDC. Certaines sources font savoir que cette désertion  serait l’ordre de Bosco Ntaganda, commandant des opérations des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo).

Surnommé « The Terminator »,  Bosco Ntaganda est depuis quelques années dans le collimateur de la justice internationale. Il est poursuivi pour crimes des guerre en Ituri en 2002-2003 alors qu’à l’époque il servait au rang  de l’UPC (Union des patriotes congolais) de Thomas Lubanga, un autre seigneur de guerre, condamné par la CPI  le mois dernier.  En effet,  la condamnation de l’ex- chef  de l’UPC a relancé le débat  quant à l’arrestation de Bosco Ntaganda longtemps protégé par le gouvernement de Kinshasa sous prétexte de la stabilisation de la situation sécuritaire dans l’est.

Kinshasa lâchera-t-il son protégé ? C’est la grande question que les observateurs avisés se posent. Toutefois,  le  récent rapport de l’Union européenne qui accable les élections de novembre 2011 en RDC accusant directement Kabila et ses alliés pourrait changer la donne initiale.  Hasard ou pas ? Rappelons que l’association américaine de défense des droits de l’homme « Human Right Watch » avait déjà accusé les troupes de CNDP d’avoir intimidé les populations en vue de favoriser la réélection de Kabila. Compte tenu des fortes  pressions internationales, il semble que le tandem Kinshasa et Ntaganda ne tiendra pas pour longtemps.

La désertion de 300 hommes, serait, selon plusieurs observateurs, une « démonstration de force » de Bosco Ntaganda à l’égard de Kinshasa, afin que le régime de Kabila ne cède pas aux pressions de la Communauté internationale, visant à faire arrêter l’ancien bras droit de Laurent Nkunda.

Bosco Ntaganda est accusé par des ONG des droits de l'Homme d'avoir commis ou commandité d'autres crimes quand il était au CNDP et depuis son intégration dans les FARDC.

Le 15 mars, le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo a annoncé qu'il allait demander un nouveau mandat d'arrêt contre l'ex-rebelle pour les crimes supplémentaires de viols et meurtres.

Officiellement chargé de l'intégration des ex-CNDP, le général Ntaganda est en fait, selon plusieurs ONG et des rapports de l'ONU, le numéro 2 des opérations des FARDC menées, avec l'appui de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), contre différents groupes armés congolais et étrangers toujours actifs au Nord et Sud-Kivu.

Kinshasa a toujours refusé jusque-là d'arrêter Ntaganda, arguant que la paix importe plus que la justice.

Evoquant des mouvements irréguliers de troupes indisciplinées dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, le gouvernement invite les responsables de cette situation à la stricte observance de la discipline militaire et à s'abstenir d'actes susceptibles de les exposer aux rigueurs de la justice tant nationale qu'internationale, a déclaré vendredi 06 Avril 2012 dans un communiqué le porte-parole du gouvernement Richard Muyej Mangeze.

 

« Je suis là, je n’ai pas peur ». Réagissant vendredi à des rumeurs qui le donnaient en fuite avec d’autres officiers, Bosco Ntaganda a tenu à montrer à des journalistes qu'il ne bougeait pas pour le moment de son domicile de Goma, dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC).

L’ex-rebelle a ensuite remis aux journalistes un projet de mémorandum dénonçant, entre autres, « les conditions de vie inhumaines » des soldats et le manque de logistique. Dans ce document non signé on pouvait lire : « Nous nous sommes donné la responsabilité d'intégrer l'armée pour renforcer la sécurité de notre nation, en particulier la paix à l'Est qui était menacée (...). Nous avons travaillé de façon remarquable pour que la paix revienne (...) mais dans des conditions inhumaines causées par la hiérarchie qui nous traite avec méfiance. Cela engendre l'échec des opérations [contre les groupes armés actifs dans l'est, NDLR] et les mauvaises conditions de vie des militaires ».

 

[avec Mathy Mati et Afp]


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