« Joseph KABILA » doit mettre fin à la dérive répressive en RDC

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image Charles MWANDO NSIMBA

Leader de l’UNADEF et président en exercice du G7, Mwando Nsimba n’a pu gagner, hier, la ville de Kalemie. Dûment muni de son autorisation de sortie de la capitale, le député Mwando a été empêché de se rendre dans son fief du Tanganyika alors qu’il se trouvait déjà dans l’avion. Une fausse note qui ne plaide pas pour la nécessaire décrispation de l’environnement politique. Une entorse pas de nature à faire gagner des galons des droits de l’homme à la RDC qui en a pourtant besoin.

A Kinshasa, l’incident de Lubumbashi n’a pas laissé indifférent le président ad intérim du G7. Face à la presse, Pierre Lumbi Okongo est monté hier au créneau pour demander au Président de la République et au Gouvernement " de faire cesser les excès de tous les services d’ordre sur lesquels ils sont présumés exercer l’autorité, et de mettre fin, une fois pour toutes, à la dérive répressive qui s’observe de plus en plus ".

Par la même voix du leader du MSR, le G7 invite les Congolais à ne pas céder à l’intimidation, à braver la peur et à défendre par tous les moyens leurs droits et libertés tels que garantis par la Constitution et les lois du pays.

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DECLARATION POLITIQUE DU G7

Mesdames et Messieurs de la presse,

1. Je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation pour nous entretenir sur la situation préoccupante qui prévaut en ce moment dans notre pays.

2. Ce mercredi, 20 janvier 2016, à l’aéroport de Lubumbashi, l’Honorable Charles MWANDO NSIMBA, Président national de l’UNADEF et Président en exercice du G7 et ses collaborateurs, ont été arbitrairement empêchés de se rendre à destination Kalemie et Moba, dans le cadre de ses vacances parlementaires.

3. L’Honorable Charles MWANDO NSIMBA n’est pas seulement un acteur politique ; c’est un élu du peuple, Député National en cours de mandat législatif.

4. En plus du fait que voyager de Lubumbashi à Kalemie n’est pas une infraction, et que l’Honorable MWANDO NSIMBA ne fait l’objet, à ce jour, d’aucune poursuite judiciaire, la Constitution de la RDC en son article 109 stipule ce qui suit : " les députés nationaux et les sénateurs ont le droit de circuler sans restriction ni entrave à l’intérieur du territoire national et d’en sortir". Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, en son article 94, Alinéa 2, est encore plus explicite quant à ce : " Aucune mesure, qu’elle soit du Bureau de l’Assemblée nationale ou de toute autre autorité, ne peut avoir pour effet de porter atteinte au droit de libre circulation du député... " Bien plus, ce règlement fait, par ailleurs, obligation à chaque Député de séjourner pendant au moins un mois au cours des vacances parlementaires.

5. C’est pourquoi, le G7 dénonce l’incivisme et l’arbitraire dont le Président de l’UNADEF, Président en exercice du G7, et ses collaborateurs ont été victimes à Lubumbashi ; il condamne ces atteintes aux droits et libertés reconnus et qui constituent une nouvelle et flagrante violation de la Constitution par les services qui sont placés sous l’autorité des Institutions tirant elles-mêmes leur légitimité de cette Constitution et des lois de la République.

6. Le G7 rappelle qu’il y a 24 heures, soit hier mardi 19 janvier 2016, plusieurs autres compatriotes notamment à Kinshasa et Lubumbashi, ont été frappés d’une interdiction de culte religieux et autres activités du souvenir en mémoire des compatriotes qui ont perdu leur vie lors des évènements de janvier 2015. Il s’en est suivi l’arrestation de militants de l’UNAFEC et des journalistes nationaux et étrangers exerçant leur métier en toute légalité avec confiscation de leur matériel de service. Et pourtant, la Constitution garantit à toute personne le droit à l’information (Art.24) autant que , la liberté de pensée, de conscience et de religion ainsi que le droit de manifester ses convictions en public comme en privé notamment par le culte et l’accomplissement des rites, dans le respect de la loi, de l’ordre public et de bonnes mœurs (Art.22)...

7. Le G7 demande au Président de la République et au Gouvernement, une fois de plus, de faire cesser les excès de tous les services d’ordre sur lesquels ils sont présumés exercer l’autorité, et de mettre fin, une fois pour toutes, à la dérive répressive qui s’observe de plus en plus.

8. Le G7 attire l’attention de la Communauté Internationale, notamment de l’ONU, l’Union Africaine et la SADEC dont la RDC est membre, ainsi que tous les Etats partenaires de notre pays, sur le fait que le pouvoir d’Etat en RDC s’exerce de plus en plus contre les droits et libertés de la personne humaine, au mépris de la Constitution en vigueur et des lois de la République ainsi que des instruments Internationaux pertinents en la matière.

9. Les frustrations qui s’accumulent au sein de l’opposition politique et des forces vives de la nation ne sont pas de nature à favoriser un climat de paix et de sérénité en cette année électorale ; par contre elles ne font qu’accroître la tension qui risque de déboucher sur des réactions aux conséquences incalculables et fragiliser davantage notre jeune démocratie.

10. Le G7 invite le peuple congolais à ne pas céder à l’intimidation, à braver la peur, rester vigilant, refuser l’humiliation et défendre, par tous les moyens légaux, ses droits et libertés tels que garantis par la Constitution et les lois de notre pays.

11. Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son vaillant peuple. 

Je vous remercie.


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