RDC : Assassinats, pillages et kidnapping à Rutshuru

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image Sultani MAKENGA - Ex-M23

La peur est encore un peu loin sur les visages des usagers de la route Ruthsuru, des cas de kidnapping sont encore rapportés. Busendu - dans le Parc National de Virunga, territoire de Rutshuru - est la boucherie pour ses cas d’assassinats, pillages et kidnapping. En moins de six mois, près d’une centaine de personne hommes et femmes, paysans, étudiants et opérateurs économiques ont été kidnappés par des bandits, rapportent des sources proches des organisations de défense des droits de l’homme. « La plupart des victimes ont été relâchés après s’être acquittées d’une rançon fixée selon le rang social de la victime, allant de 500 à 30.000 USD. Moins d’une vingtaine ont été tués », ajoutent les mêmes sources. Investie par des groupes armés MaïMaï, des rebelles rwandais des Fdlr, des combattants du M23 et du Cndp depuis 1994, la région n’est pas du tout rentré sous contrôle total de l’armée régulière. Des groupes armés de circonstance pour la plupart, qui se rabattent sur la population afin de survivre.

La peur est encore un peu loin sur les visages des usagers de la route Ruthsuru – Butembo, en province du Nord-Kivu (Est de RD Congo). Des cas de kidnapping sont encore rapportés, irritant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les services de sécurité.

L’armée a déclenché des opérations afin d’éradiquer ce phénomène devenu une préoccupation majeur du gouvernement congolais. Fusil sur l’épaule, le doigt sur la gâchette, le sergent Innocent au  regard perçant orienté vers le site de la Rwindi, est l’un des militaires en patrouille cet avant-midi du mardi 23 novembre 2015.

Nous sommes à « Busendu » (Ndlr : boucherie pour ses cas d’assassinats, pillages et kidnapping) en plein parc national des Virunga, secteur sud, à moins d’une trentaine de kilomètres du chef-lieu du territoire de Rutshuru.

Des militaires en factions patrouillent le long de ce tronçon en appui aux gardes du parc de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

« C’est ici où se passent plus de 60% de cas de kidnapping et pillages », témoigne l’officier commandant de l’unité en faction, se réservant de donner tout détail sur les opérations et le plan de déploiement des FARDC. « C’est un secret afin de ne pas donner à l’ennemi les stratégies de nous contourner », ajout-il, regard visible rassurant, visage plein du courage.

Au moins 500 à 30.000 USD de rançon

En moins de six mois, près d’une centaine de personne hommes et femmes, paysans, étudiants et opérateurs économiques ont été kidnappés par des bandits, rapportent des sources proches des organisations de défense des droits de l’homme.

« La plupart des victimes ont été relâchés après s’être acquittées d’une rançon fixée selon le rang social de la victime, allant de 500 à 30.000 USD. Moins d’une vingtaine ont été tués », ajoutent les mêmes sources.

Investie par des groupes armés MaïMaï, des rebelles rwandais des Fdlr, des combattants du M23 et du Cndp depuis 1994, la région n’est pas du tout rentré sous contrôle total de l’armée régulière. Des groupes armés de circonstance pour la plupart, qui se rabattent sur la population afin de survivre.

Il y a quatre mois, ils avaient percé jusque dans les cités de Kiwanja, Rutshuru-centre et Rubare (trois grandes agglomération du territoire de Rutshuru) avant que leurs actions soient estompées grâce à la détermination des autorités provinciales et des FARDC. Qui ont fini par mettre la main sur certains gangs dont le groupe le plus tranchant est celui de Manoti, aujourd’hui aux arrêts avec certains de ses lieutenants.

A Busendu, des sources locales parlent des Fdlr, comme principaux auteurs de cas de kidnapping. Ces ex-forces armées rwandaises, rentrées en RD Congo en 1994, occuperaient des espaces dans le parc des Virunga. Pourchassées par l’armée, elles se rabattent sur des populations entre les principaux axes routiers à Rutshuru et entre Rwindi et Kanyabayonga, au sud du territoire de Lubero. En complicité avec des jeunes à la quête du gain facile, qui servent d’informateurs sur les mouvements des gens et des véhicules.

Certains habitants de Kiwanja et de Rutshuru-centre ont d’ailleurs été arrêtés grâce aux opérations des services de sécurité. Ils sont passés aux aveux.

Conscient de l’inquiétude grandissante dans la population, le gouvernement provincial du Nord-Kivu a mis en œuvre un plan de sécurisation, qui consiste notamment à convoyer des véhicules afin de les soustraire des embuscades. Un plan très exigeant sur le plan financier.

« Il serait en définitif indispensable que les FARDC soient déployées en nombre dans le secteur enfin de rendre le tronçon sécurisé », souhaite l’Association des chauffeurs du Congo, qui a déjà perdu une dizaine de ses membres, tués sur cette route Rutshuru – Butembo.


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