RDC : Des inciviques utilisent les taxi-motos pour semer l’insécurité à Kinshasa

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image Taxi-motos - Kinshasa

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango, a interdit, le week-end dernier, la circulation des taxi-motos au-délà de 19 heures sur toute l’étendue de la capitale. Evoquant les rapports sur l’état de la ville de Kinshasa, André kimbuta a signifié que certains inciviques utilisent les motos pour semer l’insécurité dans la ville. Voilà qui motive sa décision qui, dès son annonce, n’a pas fait l’unanimité au sein de l’opinion.

Nombre de Kinois se disent sceptiques quant à la stricte observance de cette mesure de l’autorité urbaine. Selon eux, ce n’est pas la première fois que le gouverneur de la ville prenne une décision impopulaire similaire. Surtout en ce qui concerne la circulation des taxi-motos dans la capitale. Il y a quelques mois, se rappellent-ils, André Kimbuta avait interdit la circulation sur toutes les artères de la capitale, des taxi-motos après 22 heures. Cette mesure n’a jamais connu un début d’application. 

Pour corroborer leur scepticisme quant à l’application de la mesure du locataire de l’avenue Colonel Ebeya, un notable de la commune de Lemba évoque quelques exemples. "La décision interdisant les taxi-motos de transporter plus de deux personnes et l’ obligation de porter des casques. La mesure prohibant à ces bicycles de circuler sur les principales artères de la ville.Mais, curieusement ces décisions du numéro 1 du gouvernement provincial n’ ont jamais produit d’effets. Conséquence : on continue toujours à déplorer l’incivisme et le mauvais comportements des taxi-motos". 

Dans la foulée, M. Gilbert, fonctionnaire retraité, se dit aussi dubitatif quant à cette mesure. Il cite d’autres exemples qui attestent que cette décision de Kimbuta ne survivra qu’à l’aube de quelques jours. Le cas des véhicules Mercedes de marque 207 exploitant pour le transport en commun et surnommés "Esprit de mort" par les Kinois. Interdits d’opérer, certains conducteurs circulent jusqu’à ce jour avec des portières largement ouvertes et laissent leurs receveurs se greffer sur des pare-chocs à l’arrière du véhicule. Ce, malgré la décision d’interdiction prise par l’Hôtel de ville.

Outre le secteur de la circulation routière, d’autres Kinois ayant requis l’anonymat, ont épinglé bien d’autres cas. Ils ont énuméré des tapages diurnes et nocturnes dans certains quartiers de Kinshasa, l’assainissement des églises de réveil qui se fait encore attendre. Ils déplorent aussi la présence persistante de ces garages pirates. Ainsi, tenant compte de tous ces faits, nombreux sont des Kinois qui croient dur comme fer que le gouverneur de la ville continue à prêcher dans le désert en prenant de telles mesures qui, selon eux, ne donneront pas de résultats.

Pour ces Kinois pessimistes, il est important que le gouverneur prenne des mesures susceptibles de sécuriser la ville. Mais, il est aussi nécessaire que ces décisions soient appliquées. Car, c’est souvent le manque de suivi de l’autorité qui est à la base de la non application de la plupart des mesures. 

S’agissant de cette décision interdisant la circulation des taxi-motos, les Kinois pensent que la sécurisation tant des personnes que des biens dans la capitale congolaise ne devrait pas se circonscrire seulement la nuit après 19 heures. La journée, disent-ils, il existe des endroits de la ville où l’insécurité est quasi permanente. "L’insécurité dans cette grande métropole n’est pas seulement due à la circulation des taxi-motos à des heures tardives, mais également dans les lieux à faible contact de ces moyens de transport où les bandits opèrent dans la quiétude, malgré l’existence d’un sous-commissariat dans le coin", pensent-ils.

Pour endiguer ces tares et mettre en application ces mesures, l’autorité urbaine est invitée à faire le suivi des décisions prises. Sans cela, l’Exécutif provincial de Kinshasa, ne fera que du-sur place. 

[A.L.]


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