Coup d’état : Kinshasa paralysée

Font size: Decrease font Enlarge font
image RTNC - Journalistes otages à la télévision nationale congolaise, le lundi 30 Décembre 2013

Les activités dans la ville de Kinshasa ont été paralysées, presque toute la journée d’hier lundi 30 décembre, à la suite de la situation confuse entretenue par l’attaque des personnes armées non identifiées dans trois sites stratégiques de la capitale.

La circulation routière a aussi été perturbée de l’Est à l’Ouest de la ville. Des transporteurs privés et publics, à l’instar des bus de la société « Transco », ont tous mis leurs engins à l’abri, aussitôt après les crépitements de premières balles dans la matinée. Ces bus du gouvernement n’ont été perceptibles qu’après 16 heures, pour desservir quelques lignes de la capitale. Auparavant, on a pu observer une timide circulation des transporteurs privés (minibus et taxi-bus 207) aux côtés des patrouilles mobiles des éléments de la Police nationale congolaise, de la Garde républicaine et de la police militaire sur les voies publiques.

Dans ce dilemme de transport en commun auquel a été confrontée la population, s’est ajoutée une autre difficulté : celui de la trouvaille du carburant à la pompe. Les stations-service ont carrément fermé, pas question de prendre le moindre risque. « Pas de service », a-t-on indiqué, dans plusieurs stations. En lieu et place des pompistes, ce sont des hommes en uniforme de la Police nationale ou de la police militaire qui y sont postés dans le cadre de renforcement de la sécurité dans la ville. La situation s’est décantée tard dans la journée avec la reprise de service dans certaines stations.

Entre-temps, une marrée humaine a fait le pied faute de moyens de transport. Hommes, femmes et enfants, arrosés par la petite pluie qui s’est mêlée à la situation confuse de l’avant-midi, ont constitué de colonnes entières en mouvement de l’Ouest à l’Est, observées le long des boulevards Sendwe, Lumumba, les avenues Kasa-Vubu et la route des Poids lourds. Sacrifice oblige, il a été question de sauver sa peau face au crépitement des balles.

S’agissant du reste des activités commerciales au centre-ville et particulièrement dans la commune de Gombe, les différents marchés ont refermé pour ne plus rouvrir et les commerçants ont fermé leurs boutiques rendant ainsi la journée quasiment perdue à la veille de la fête du nouvel an. Pourtant, depuis 11 heures locales, le porte-parole du gouvernement a lancé un appel au calme à l’endroit de la population kinoise, l’invitant à vaquer à ses occupations. Le message a-t-il été suivi ? Difficile de répondre avec la problématique de la fourniture en électricité dans les quartiers de Kinshasa plongés pour la plupart dans le noir même en cette semaine de fête. Conséquence : c’est la radiotrottoir qui a pris l’ascendant. Des attroupements se sont constitués ci et là. Un seul sujet sur toutes les lèvres : « Qu’est-ce qui se passe ? ».

Dans cette quête d’information, tout arrivant du centre-ville ou de l’aéroport de N’Djili est considéré comme un informateur crédible. 

A lire aussi


Cet article a été lu 4938 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0