Embouteillages : Se déplacer à Kinshasa n’est plus une partie de plaisir

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image Embouteillage - Avenue Kasa-Vubu, Kinshasa

Quelle est la partie de la ville qui peut encore se dire épargnée par les embouteillages ? Atteindre le quartier UPN, très important par sa situation, relève du véritable parcours du combattant. Quelle est la moins complexe des voies à emprunter ? Lorsque, du boulevard du 30 juin -qui est déjà très embouteillé à plusieurs endroits à certaines heures de la journée- on veut y aller par Kintambo, on sécrète déjà des sueurs froides, rien qu’en pensant aux bouchons qui vous attendent sur au moins trois sites : de l’entrée Mont-Fleury à la paroisse catholique St Luc, au niveau du coin appelé  » Ambassade » et sur le tronçon Binza-Delvaux jusqu’à l’arrêt  » Maternité «. Y aller par By-Pass ? C’est carrément opter pour ne jamais arriver. Outre son étroitesse, By Pass est présentement, et cela depuis beaucoup de temps, dans un état de délabrement très avancé.

Tout visiteur qui débarque aujourd’hui à Kinshasa, de jour ou de nuit, est tout de suite frappé par le degré très élevé des embouteillages sur les différentes routes que comprend cette ville. Sur certaines artères, il faut même parler de véritables bouchons.

A leur corps défendant, les Kinois répètent à qui a encore le temps de les écouter, depuis quelques années, que les coupures intempestives de l’énergie électrique n’épargnent plus aucun coin de la ville car même des quartiers huppés comme Ma Campagne, Pigeon ou Mont Fleury -et la liste est très loin d’être exhaustive- ou encore la Commune de la Gombe, siège des institutions de la République, de hautes affaires et des représentations diplomatiques, sont régulièrement pénalisés par ces coupures.

Il fait très mal de circuler au centre des affaires de Kinshasa, surtout lorsqu’il fait chaud, avec des ronronnements des générateurs.

Mais ce genre de remontrances, les Kinois les formulent également, toujours depuis quelques années, au sujet des embouteillages qu’ils vivent journellement dans leur chère ville. En effet, se déplacer à Kinshasa n’est plus une partie de plaisir. C’est même devenu embêtant, décourageant. La situation est tout simplement catastrophique.

Quelle est la partie de la ville qui peut encore se dire épargnée par les embouteillages ? Atteindre le quartier UPN, très important par sa situation, relève du véritable parcours du combattant. Quelle est la moins complexe des voies à emprunter ?

Lorsque, du boulevard du 30 juin -qui est déjà très embouteillé à plusieurs endroits à certaines heures de la journée- on veut y aller par Kintambo, on sécrète déjà des sueurs froides, rien qu’en pensant aux bouchons qui vous attendent sur au moins trois sites : de l’entrée Mont-Fleury à la paroisse catholique St Luc, au niveau du coin appelé  » Ambassade  » et sur le tronçon Binza-Delvaux jusqu’à l’arrêt  » Maternité «.

Y aller par By-Pass ? C’est carrément opter pour ne jamais arriver. Outre son étroitesse, By Pass est présentement, et cela depuis beaucoup de temps, dans un état de délabrement très avancé. La situation n’est reluisante s’il faut emprunter l’ex Avenue du 24 novembre.

Le point le plus névralgique de Kinshasa, la Place Victoire, est aussi en proie à des embouteillages monstres, surtout aux heures de pointe.

Les bouchons de l’autre centre névralgique, le Rond-point Ngaba, crucial du fait de son rôle de carrefour, offrent, en plus, l’occasion aux pickpockets, dont c’est le lieu de prédilection, de saigner les pauvres populations.

Il y a moins d’embouteillages sur le boulevard Lumumba depuis les récents, et importants, travaux d’élargissement de la chaussée. Mais la situation est très embêtant sur cette artère, au niveau de l’arrêt  » Debonhomme « , ainsi qu’à l’endroit appelé  » Pascal « , du prénom d’un des premiers occupants des lieux.

La route des Poids-Lourds est encore une source de tracas pour les Kinois dans leurs déplacements. Ils y passent souvent de très longues minutes, surtout au niveau de l’endroit appelé  » Apollo « , on ne sait trop pourquoi.

A Bandalungwa, l’Avenue Président Kasa-Vubu donne de plus en plus du fil à retordre aux automobilistes, au niveau de Bakayau. Et après le pont Lunda Bululu jeté sur la rivière Makelele, à Kintambo, c’est un bouchon presque permanent jusqu’au-delà de la station Ma campagne. Ce n’est là qu’un échantillon. Circuler à Kinshasa est devenu une calamité.

Etat des routes

Les causes de cette circulation calamiteuse à Kinshasa sont nombreuses. Mais il y a en premier lieu l’insuffisance des routes. Il faut reconnaître que très peu d’artères ont été construites dans cette ville depuis que le pays est indépendant.

Or, la ville s’est énormément agrandie en 55 ans, et sa population s’est accrue de manière spectaculaire au point d’être aujourd’hui, de 400.000 habitants qu’elle comptait en 1960, la somme de plus de cinq pays africains comme le Congo Brazzaville (4.000.000 d’habitants), le Gabon (1.500.000), la Guinée Equatoriale (565.000), la Guinée Bissau (1.550.000) et la Gambie (1.750.000).

On ne gère pas une si importante mégalopole en naviguant à vue. L’extension de Kinshasa devrait être absolument accompagnée, que dis-je, précédée de la construction de nouvelles routes. Les Kinois effectuent parfois des détours inutiles, qui leur font perdre beaucoup de temps et d’énergie, éléments capitaux dans le développement de la nation, pour relier deux points de la ville.

Comment peut-on comprendre, par exemple, que le district de la Tshangu, qui a la taille physique et démographique de certaines villes africaines, ne soit relié au reste de la ville que par une seule voie praticable ?

Il y a bien un second pont sur la N’djili, à N’djili-Brasserie, dans la Commune de N’sele, mais la voie y menant n’est pas praticable, et tout s’arrête là. Le projet de construction de la route qui doit aller de la route Cecomaf jusqu’à l’Avenue Ndjoko est restée un rêve pieux.

Comment peut-on expliquer que la Commune de Kimbanseke qui, à elle seule, contient le 1/10ème de la population de toute la ville, n’aie qu’une seule voie d’accès ?

Qu’attend-t-on pour construire, enfin, la route Elengesa, dont l’importance n’échappe à personne du fait qu’elle va désengorger l’épineuse By Pass ? Le projet existe bel et bien à l’Hôtel de Ville de Kinshasa, et cela depuis des lustres.

L’autre cause, qui est d’ailleurs inhérente à la première, est l’état catastrophique dans lequel se trouvent plusieurs artères qui existent, du moins en certains endroits. Les automobilistes sont contraints de ralentir lorsqu’ils atteignent ces endroits. Or, nos chauffeurs sont indisciplinés. Et  c’est là la troisième cause des embouteillages que connaît Kinshasa.

Les chauffeurs kinois sont toujours pressés, même, et surtout, lorsqu’ils ne doivent pas l’être. Incapables de suivre ceux qui sont devant eux, ils font tout pour les dépasser. C’est ce qui fait que quatre, voire cinq bandes se forment facilement là où il n’en est prévu que deux.

Evidemment, ils empêchent, ce faisant, ceux qui viennent dans l’autre sens. Et tout le monde est bloqué. Parfois, il suffit de la présence d’un seul policier de circulation pour qu’un embouteillage se décante en quelques minutes.

L’indiscipline caractérisée des chauffeurs est aussi la cause de plusieurs accidents qui coûtent parfois des pertes en vies humaines.

De nouvelles routes

La solution du désengorgement de la ville de Kinshasa viendra donc inévitablement de la construction de nouvelles artères, mais également de leur entretien, afin qu’elles soient gardées en bon état.

On ne peut pas évoquer une prétendue surabondance de véhicules. Par rapport à d’autres villes de sa taille, Kinshasa ne devrait pas poser des problèmes relatifs au nombre actuel des véhicules qui y circulent si elle était bien pourvue en routes. Il suffit qu’Elengesa soit construite, par exemple, pour que l’équation des embouteillages se pose avec moins d’acuité sur By Pass.

Et si, en plus, la route Cecomaf est complètement réhabilitée jusqu’à l’amont de Kasangulu comme à l’époque, la circulation sur By Pass deviendrait très fluide. Il y a environs deux ou trois décennies, plusieurs véhicules empruntaient cette route pour aller au Kongo Central. Et Dieu sait combien elle est rentable, avec d’innombrables produits vivriers qui viennent de nombreux centres maraîchers de la région.

Les projets qui dorment dans des tiroirs devraient être remis sur la table des gouvernants et de nouvelles études devraient être menées, conséquemment au développement que connait la ville. Sinon, les Kinois connaitront pire les années prochaines.

[Mwisi Yalala]


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