Inondations : Les trois quarts de Kinshasa privés d’eau

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image Inondation - Kinshasa

La capitale de la RD Congo est en train de voir tous ses efforts fournis dans la « modernisation » de la ville réduits au néant, par des inondations dramatiques, dues aux pluies diluviennes qui s’abattent sur Kinshasa ces derniers jours.

Tel un déluge, il ne se passe pas un seul jour que le ciel ne déverse ses larmes sur Kinshasa. La dernière pluie en date qui s’est abattue sur la capitale congolaise, est celle de la nuit du 05 au 06 décembre 2015 qui a endommagé l’usine de captage d’eau de la Régideso de Ndjili, dans la partie Est de Kinshasa.

Conséquence, les trois quarts de la capitale sont privés d’eau. Le lit de la rivière Ndjili, totalement débordé, déverse ses eaux sur les quartiers environnants. Et, 55 des 56 avenues que comprend le quartier Ndanu, dans la commune de Ndjili, sont submergées dans les eaux de pluie.

Mais aussi, les installations de l’usine de captage d’eau de la Régideso de Ndjili qui dessert une bonne partie de la capitale, sont englouties par ces eaux de pluie. Ce qui ne permet pas à la  Régideso de desservir ses abonnés dans plusieurs communes de Kinshasa.

L’urgence s’impose

Des mesures urgentes s’imposent pour rétablir l’approvisionnement en eau potable et éviter une catastrophe humanitaire. Selon certains observateurs, cette situation pourrait durer plusieurs jours.

« Il faut attendre que le niveau des eaux de la rivière Ndjili baisse pour procéder à l’entretien des équipements de l’usine de captage, nettoyer les moteurs et les tuyaux, pour après, commencer à desservir les abonnés », a indiqué, lundi 7 décembre 2015, le directeur provincial de la Régideso-Kinshasa, Gervais Ntariba Bahimba.

L’homme reconnait que « la situation est complexe ». « Il y a 15 ans passés, les installations de l’usine avaient subi une inondation, mais les eaux n’avaient jamais atteint ce niveau très élevé comme cette année 2015 », s’est indigné Gervais Ntariba Bahimba.

« Depuis que j’habite le quartier, il y a 30 ans,  jamais je n’ai vu les eaux de pluie, même celles venant du Kongo Central, déborder jusqu’à ce niveau », a témoigné un habitant, voisin de cette usine.

Pour lui, il s’agit d’ « un collecteur mal construit par une entreprise chinoise qui a aggravé la situation d’inondation ».

Gervais Ntariba Bahimba a précisé que l’usine de captage d’eau de Ndjili produit « entre 330.000 et 350.000 mètres/cubes par jour. Alors que la production pour tout Kinshasa est de 500.000 mètres/cubes par jour ».

A l’en croire, après cette inondation, son Institution doit penser déjà à élever ses installations de quelques mètres dans son usine de captage de Ndjili.

Pour l’heure, les services de la Régideso sont à l’œuvre pour décanter la situation. Ils ont réussi à démonter un des six  moteurs qui constituent cette usine de captage. Cela après avoir procéder à la pompe vide cave dans une salle où il y a la motopompe.

Mais, il faudra attendre 48 heures pour que le moteur, amené dans un atelier à Kingabwa pour un entretien, soit mis en marche. Dans l’entre temps, une équipe de techniciens continue à travailler pour démonter d’autres moteurs afin de les amener à l’entretien et les remettre en marche après quelques jours.

Cependant, le problème commence déjà à se poser dans certains endroits importants et stratégiques comme, l’aéroport international de Ndjili et les hôpitaux qui sont également privés d’eau et qui n’en ont pas de réserves. La situation pourra se dégrader dans les jours qui suivent.

L’implication du Gouvernement central est indispensable, dans la mesure où, les dispositions d’urgence doivent être prises afin d’épargner aux Kinois la situation de pénurie d’eau potable.

Plusieurs autorités et membres du Gouvernement ont défilé lundi matin, dans les installations de l’usine de captage d’eau de la Régideso de Ndjili pour s’enquérir de la situation. D’aucuns voudraient voir la ville de Kinshasa déployer les camions citernes afin de donner de l’eau aux Kinois.

L’usine de la Régideso n’a pas été la seule à être engloutie par les eaux. Les quartiers environnants comme Salongo à Limete et autres des Marais, du côté de Kisenso, Matete, sont aussi inondés.

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La NSCC préoccupée

Les dégâts causés par les incessantes pluies qui s’abattent, ces derniers jours, sur la ville de Kinshasa n’ont pas laissé indifférents les acteurs de la Société civile. La NSCC appelle les autorités congolaises à prendre des mesures d’urgence en vue d’assister toutes ces familles victimes des inondations et précipitées dans la rue.

Dans un communiqué publié, mercredi 09 décembre 2015 à Kinshasa, la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), se dit « extrêmement préoccupée du sort de plusieurs familles kinoises qui passent la nuit à la belle étoile, à la suite de pluies qui s’abattent sur la capitale Kinshasa depuis près de  cinq jours ».

La coordination de la NSCC constate avec regret, qu’aux  quartiers  Mososo, dans la commune de Limete et Marais dans la commune de Matete, « les inondations ont englouties plusieurs habitations et  ménages  suite aux eaux de la rivière  Ndjili  qui a débordé de son lit ».

La NSCC qui attire l’attention des autorités pour se pencher « en urgence » sur cette situation, affirme que « les populations de ces deux quartiers sont véritablement sinistrées, leurs visages traduisent désolation et une profonde tristesse ». « Elles vivent dans l’eau, et que « certains murs tenant encore risquent de tomber et occasionner des dégâts humains », regrette la NSCC.

Cette organisation citoyenne craint que des maladies telles la typhoïde et le  choléra  resurgissent  en pareille circonstance.

Véritable calvaire

La NSCC souligne aussi que les élèves et familles de ces quartiers, vivent dans un « véritable calvaire ». Ce, dans la mesure où « les eaux des pluies ont fini par transformer ces quartiers en véritable petites rivières, où les déplacements se font par pirogues ».

De ce fait, la NSCC a enregistré des dégâts matériels importants. Elle cite notamment, « six véhicules stationnés à la Terrasse Siloé, en amont du Pont N'djili,  ont pratiquement été submergés et le centre de traitement des eaux de la REGIDESO n'a pas été  épargné ».

Les moteurs de cette usine ont été bousillés au contact avec l’eau. Conséquence : plusieurs communes de Kinshasa sont privées d’eau potable depuis près de cinq jours à la suite de ces tristes inondations.

Par ailleurs, la Coordination de la NSCC interpelle les autorités congolaises,  en vue d’ « apporter en urgence l’assistance à toutes ces  familles, sinon la  souffrance de ces sinistrés risque de se prolonger avec d’autres pluies qui vont continuer à tomber successivement sur Kinshasa pendant plusieurs jours, selon les prévisions météorologiques ».

Dans son communiqué, la NSCC suggère aux autorités compétentes d’« éviter des tels drames dans l’avenir ». Elle estime que « le gouvernement congolais devrait  prendre l’initiative de curer les caniveaux et nettoyer les lits de rivières pour éviter les inondations d’une telle ampleur ».


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