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RDC : Terminator Honore NGBANDA, une histoire cousue de fil blanc

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image Honoré NGBANDA

Dans un pathétique montage grossier, le Terminator s’est confectionné l’histoire d’un étudiant qui aurait échappé à ses ravisseurs pour raconter l’histoire d’une captivité au cours de laquelle il aurait vécu l’assassinat d’au moins 200 étudiants. Pathétique histoire d’un homme manifestement rongé par le remord et qui cherche à se soulager la conscience en voulant orienter la mémoire des Congolais vers du pipo, mais il n’y parviendra pas. Encore une fois, ses scénaristes l’ont trahi avec une histoire cousue de fil blanc. Démonstration…

Il est de ces faits de l’histoire que seuls leurs auteurs, rongés par le remord, peuvent vouloir oublier à tout prix. Et l’affaire des « massacres » du campus de Lubumbashi en mai 1991 en est une. Cette nuit-là, en effet, des enfants d’autrui, partis de plusieurs coins du pays pour étudier et ainsi se forger un avenir ainsi que celui de toute la Nation, furent pris dans l’étau d’une des folies les plus terrifiantes des escadrons de la mort d’Honoré Ngbanda. Le calcul était bien fait, à l’époque. C’est au départ des campus universitaire que les révolutionnaires de l’époque déferlaient à travers les cités et à travers la capitale, Kinshasa.

Normal donc que, sur instigation du « Terminator », les Gouvernements successifs du régime sanguinaire de Mobutu réduirent à néant l’étudiant congolais autant que son enseignant : suppression de bourse, puis du transport avant l’ultime fermeture des homes. Ces homes qui devinrent comme des tanières autour desquels rôdaient des hordes de Hiboux et autres FIS pour traquer de pauvres étudiants sans défense.

C’est dans ce contexte qu’il faut inscrire les événements du campus de Lubumbashi où de faux étudiants, essentiellement des ngbandi, lancèrent, en pleine, obscurité, une traque de leurs « collègues » d’autres tribus, principalement les « lubas », au motif de leur appartenance à l’opposition. Dans une terreur sans nom, et pendant plusieurs heures, ils opérèrent dans une froideur professionnelle, tandis que leurs victimes fendaient le macabre silence de la nuit de leurs cris de détresse ou, tout simplement, de leur dernier soupir. Pendant ce temps, les assaillants n’avaient que deux mots (code d’identification) en bouche pour se reconnaître et éviter des « auto-meurtres » : « lititi » et « mboka ».

Malheur à ceux qui l’ignoraient, et ils étaient nombreux, pris au piège de l’obscurité savamment créée par les assaillants qui avaient pris soins de couper l’électricité. Le lendemain matin le campus de la Kasapa ne fut qu’un champ de désolation. L’étendue des dégâts fit retentir l’indignation aux quatre coins de la planète. La coopération fut interrompue à l’époque pour ne reprendre que vers 2002 avec l’accession de Joseph Kabila au pouvoir.

Ngbanda ne nous le fera pas oublier

C’est certainement ce segment sanglant de l’histoire de la RDC, signée par Honoré Ngbanda, que lui et son Apareco tentent vainement de faire oublier aux Congolais. En effet, profitant des manifestations malheureuses de la semaine dernière à Kinshasa, les labos à intox de cet « appareil des cons » se sont mis en activité pour monter une fausse histoire d’un étudiant qui aurait vécu des atrocités lors d’une détention d’où il se serait échappé. Le coup est connu et ne surprend plus personne. Ce genre d’arrestations massives suivies d’exécution dont des témoins parviennent à se soustraire pour ensuite raconter l’horreur. Et, curieusement, ces histoires ne tombent qu’à l’Apareco !

Cette fois encore, c’est l’histoire d’un étudiant arrêté avec plus de 200 autres qui sont gardés en captivité quelque part pour être soustrait nuitamment par petits groupes qui vont être éliminés ailleurs avant que le véhicule les transportant ne revienne, couvert de sang que les survivants vont nettoyer avant d’embarquer dans le même engin pour être tués à leur tour.

En temps normal, ce genre d’histoires ne manque jamais d’émouvoir. Mais lorsqu’elles proviennent des officines d’historiettes de Ngbanda, on doit toujours y regarder de près. Mais pour le cas présent, comme d’autres antérieurement, le script n’a, manifestement, pas fonctionné et le mensonge saute aux yeux comme du fil blanc sur un tissu noir. D’abord ce Colonel Kasongo qui se présente à visage découvert pour désigner des détenus à abattre, gardés par des hommes cagoulés, et qui sont emportés vers leur « abattoir » tout aussi par des hommes cagoulés. Allez-y comprendre quelque chose ! Oui, il faut bien comprendre quelque chose, car, plus loin dans ce montage grossier, Kasongo est présenté comme quelqu’un sans bureau et qui ne laisse pas de trace derrière lui, sinon le sang de ses victimes. Cette fois-ci, pourtant, il leur est apparu à visage découvert et a éliminé, à en croire le récit, autour de 200 « étudiants » arrêtés dans différents coins de la ville.

A croire qu’au moment de leur arrestation, les ravisseurs vérifiaient leurs identités afin de s’assurer de s’attaquer à l’ »élite congolaise de demain ». N’importe quoi !

Ensuite, ce véhicule transportant les victimes à tuer qui revient toujours couvert de sang, dans une ville où fonctionne l’éclairage public, surtout aux alentours de l’UPI où auraient été détenus ces jeunes gens. Surtout aussi que le véhicule circulait jusqu’à 5 heures du matin, dégoulinant de sang ! Des professionnels de la mort peuvent-ils opérer ainsi, c’est-à-dire tuer à bord et revenir en traversant la ville avec les traces de leurs opérations ?

Enfin, cet étudiant qui vomit et qui pleure, que l’on menace de tuer s’il continue à pleurer. Mais le narrateur, lui, a prié et pleuré sans recevoir de menace… Et, comme toujours dans ce genre d’histoires, il y a toujours, parmi les gardiens, un bon samaritain qui a pitié d’un ou de quelques détenus qu’il aide à s’évader, ce qui arriva à notre narrateur…

Franchement, il n’y a plus que Ngbanda pour produire des scénarios aussi grossiers. Normalement, ils pouvaient faire rire, mais exploiter ainsi un drame qu’ont été ces moments dans la ville de Kinshasa dépasse tout entendement. Mais venant d’un sanguinaire comme Ngbanda, à quoi bon se faire du mouron, lui qui, à tout prendre, se morfond dans son remord et guette le moindre événement qui pourrait soulager sa conscience…

[Pascal Debré Mpoko/congoVirtuel, media kabiliste]


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