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RDC : Voici pourquoi nous tournons en rond.

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image Mobutu, le Marechal

Beaucoup est dit et écrit sur le mode de gouvernement opérationnel d’après la chute du pouvoir dictatorial de Mobutu en RDC.  Des têtes pensantes d’origine congolaise ou étrangères ont fourni une bonne documentation sur les faits, les visions et/ou les philosophies des guerres sous-jacentes la course aux pouvoirs dans cette région des grands lacs. Ces bonnes sciences se révèlent complémentaires, convergentes parfois même contradictoires de par la conscience émise sous la rédaction. En effet selon que certaines consciences sont saines et purement motivées par le souci de la recherche des faits historiques afin de rétablir la vérité, leurs conclusions se diffèrent des consciences politisées, clonées, vendues ou achetées. Mais après des longues années de lutte, les conclusions de ces premières consciences s’établissent enfin dans la conscience populaire qui réalise finalement comment la science sans conscience des autres n’est que ruine de l’âme. Au nombre de ces consciences pures nous citons le Prof en droit Peter Erlinger, accusé de révisionniste, il aura échappé de justesse la mort dans les prisons rwandaises tandis qu’au nombre de documentation de ces sciences sans conscience se place en bonne position « Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila ».

Parallèlement, des témoignages accablants d’hommes et des femmes de terrains aux moments des faits ne sont plus à compter.

A l’assassinat de deux présidents de la Région par les forces militaires d’APR de Paul Kagame, ses alliés de circonstances ont délié les langues pour dénoncer cet acte déclencheur de tous ces drames connus dans la Région des Grands Lacs ces deux dernières décennies. Ce qui aurait ému la communauté internationale pour la pousser à restituer correctement et définitivement l’histoire mais malheureusement ses décideurs n’ont qu’à faire de la vérité.  Le mieux qu’ils trouvent c’est faire des éloges de lui. C’est révélateur !

En RDC, les témoignages du Colonel Dieudonné Tshimanga Mbiye par exemple sorti en exil immédiatement à l’assassinat du président Laurent Désiré Kabila et celui récemment du colonel Eric Makenga après la mort de son compagnon d’armes le colonel Mamadou Ndala, metteur en déroute du fameux M23, témoignages basés sur les faits arrivent à la même conclusion selon laquelle : la communauté internationale avec en tête les USA, Le Royaume Uni, l’Israël, l’Allemagne, la France et la Belgique sont à base du complot contre la RDC. Sous la pression de l’impunité offerte par ces états leaders, même les pays frères voisins sont entrés en cadence tantôt pour réclamer une portion d’espace ou des ressources s’ils ne donnent pas des traitements inhumains aux Congolais de la RDC en refuge chez eux.

De ce complot, l’invasion structurée de la République Démocratique du Congo par les forces sous-traitantes de la coalition Rwanda-Ouganda-Burundi a laissé un nombre des victimes élevé en terme humains plus que la somme de tous les catastrophes survenus après la deuxième guerre mondiale. Encore une fois sans que la communauté internationale en fasse échos : 8 millions des morts, plus de 3 millions de déplacés (exilés internes), des viols récurrents de tous âges et sexes. A la limite, on parle des viols sans faire allusion à sa cause. Et de tous les autres drames que peuvent endurer les Congolais c’est un silence absolu et unanime de la communauté internationale. Tout se passe comme si ni vu ni entendu.

Dans cette structure d’invasion de la RDC, MONUC la mission onusienne au Congo, la plus importante en personnel au monde, n’avait sa raison que de faire endetter davantage le pays pour la comptabilité des morts qu’elle s’occupait pendant dix bonnes années. Elle a été cet appareil d’exécution du plan susdit, s’interposant dans le cadre de la «hard politique» chaque fois que l’armée congolaise prenait des avances sur les forces envahisseurs. On s’en souviendra de la colère du General Mbuza Mabe, ses exploits, sa mise en disposition précipitée et sa mort loin du regard de la supposée hiérarchie. Au fil de temps, à cause des critiques dues aux excès du protégé du Rwanda sur la RDC, pour couvrir l’invasion, la communauté internationale (entendez les USA) adoptera la «soft politique» et la  MONUC s’échangera de nomenclature pour devenir avec le même personnel la MONUSCO. L’objectif étant celui de continuer l’insertion des forces étrangères dans l’armée congolaise déjà opérationnelle du temps de la MONUC (brassage et mixage) sous le couvert politique édictée par les USA. Seulement ici la MONUSCO s’alliera à l’armée dans les guerres qui paraissent aux allures d’arrangements négociés d’avance. Car au final il s’agira de l’amnistie (des Rwandais) dont le représentant américain de la région Russ Feingold refusera aux Congolais de débattre via les négociations de Kampala en Ouganda : pays à la fois agresseur et arbitre à la paix. Bizarre !

Disons que cette invasion a produit une infiltration systématique à tous les niveaux de vie de la politique congolaise. Elle est aidée par une trahison exacerbée de quelques compatriotes civils et militaires qui ne se réjouissent que de manière éphémère (cas de Mende et du General Etumba). Nous n’oublierons jamais cette trahison qui élèvera certains au rang de Zéro national (permettez la syntaxe). Ceci conduit certains en une capitulation éhontée comme si la solution était impossible. Ils sont nombreux dans cette catégorie : civils et militaires qui ont accepté l’inacceptable.

Quand un chevronner des services secrets vous dit que le Secrétaire d’Etat américain John Kerry a réuni les Congolais à la foulée le jour pour parler la nuit « masolo ya kati » aux Rwandais infiltrés dans la politique congolaise ; comment ne pas comprendre et admettre que toute solution venant des USA est mauvaise pour la souveraineté du Congo ? On se rappellera que son prédécesseur Hilary Clinton avait omis volontiers le passage au Rwanda pour faire plaisir aux Congolais pendant ce temps son armée de dépêche s’y rendait au cas où d’évènements fâcheux surgiraient en RDC. Comment ne pas comprendre que tout ce qui sort de cette administration n’est que du beurre pour endormir les Congolais pendant que leur volonté et leurs pratiques sont dans le sens de favoriser la déstabilisation du Congo ? De tout ce qui précède, comment ne pas comprendre et admettre afin d’agir conséquemment que les déclarations américaines (cheftaine de file de la nébuleuse déstabilisation de la RDC) au sujet du Congo ne sont  conforme ni à la justice ni à la vérité ? Les illusions congolaises sur la loi propulsée par le Sénateur Obama ne font pas de lui celui sur qui compter. Le Sénateur Obama et le Président Obama sont deux personnes bien distinctes, si on pouvait ainsi s’en apercevoir.

Ainsi donc, si nous arrivons à cette même compréhension nous pouvons nous poser la série des questions suivantes : Sur qui compter ? Y a-t-il de solutions ? Quelle solution adopter ?

Il n’y a pas de civilisation qui est restée constante en puissance. Les anciennes puissances d’hier ont cédé à leurs tours leurs hégémonies à d’autres aujourd’hui. L’Egypte et la Grèce pour ne parler que d’eux nous en disent long. Autant pour dire que notre situation actuelle n’est pas une fatalité éternelle, nous sortirons de cette merde parce que de toutes les solutions plausibles qui existent, il y en a une qui mènera à sortir du tunnel.

Par élimination :

Nous ne pouvons plus nous donner la peine de compter avec les USA et alliés. Ils ont des détails de tout ce qu’ils nous ont fait. Ils ne sont pas impressionnés de ce que nous connaissons et voulons leur dire sur nos calamités. Ils les savent déjà. De plus on ne déplace pas à plus de 8000Km de chez soi pour demander à celui qu’on ne veut plus pour lui dire de quitter. On l’aurait fait au président Syrien Assad par exemple. Ce geste de voyage, avec des risques que cela comporte est plus fort que le discours voilé. Nous savons que les puissants n’ont pas habitude de serrer la main du diable. On ne se déplace pas pour serrer pareille main et surtout on ne l’invite pas pour la serrer. Ils nous trouvent très naïfs et en profitent. Lorsque nous comprenons le désaccord entre leurs bonnes paroles et les actions qui les accompagnent en ce qui nous concerne, nous nous ficherons d’eux car ils nous font perdre beaucoup de temps.

La solution militaire que beaucoup envisage nous parait inefficace en elle-même pour la simple raison que cette communauté internationale vers qui les Congolais tourneraient pour solliciter les armes est d’ores et déjà antipathique à la souveraineté congolaise. Elle ne vendra pas d’armes plus performantes aux Congolais désireux de s’autogérer. Mobutu en a connu le sort. De deux, quels sont les avoirs que les Congolais ont pour s’approprier ces armes ? Parce qu’elles coûtent fortune, il y a risque que cette voie nous conduise à hypothéquer la souveraineté comme au fameux Traité de Nice.

La solution judiciaire aurait dû avoir lieu au su d’autant des crimes décriés par les institutions de l’ONU. Elle n’est pas envisageable dans la position d’inexistence de l’état congolais et de l’implication de ceux-là même qui manipulent la justice internationale.

Nous aurions pu tourner nos regards vers les autres. Notons qu’il n’y a que trois grandes nations qui s’opposent à cette alliance atlantique à la base de notre drame : La Chine, la Russie et l’Iran. Aucun ne s’ingère dans la politique intérieure d’autre pays. Et, dans la configuration actuelle, nous ne devrons pas permettre que notre pays soit le théâtre des guerres entre ces grandes puissances militaires qui de plus nous «aiment trop». Nous ne pourrons les inviter tous que dans le cadre de la coopération.

Enfin il apparait que notre solution réside en nous-mêmes. C’est avec nos faiblesses que nous devons nous servir pour nous libérer. Avant toute chose il nous faut «kozongisa makanisi», la Conscience mais plus de réactiver le KIMUNTU en nous, nos forces spirituelles et nos forces traditionnelles. Ceci n’exige aucun emprunt, aucune signature de contrat.

A Washington ils disaient déjà que le Kivu faisait partie du Rwanda. Ils ne comprennent pas comment cela ne s’est pas matérialisé à ce jour. Il n’y a pas que des Kivutiens qui manifestent pour tout ce qui se passent à l‘Est de la RDC mais tous les Congolais. C’est avantageux. Et nos manifestations ont payé. C’est vrai. Les hommes en armes ont tenté et ont eu pendant des temps des territoires, C’est aussi vrai. Ce qui est encore vrai est que nous n‘avons pas acquis notre souveraineté car les marches et l’utilisation d’armes seules n’y arriveront pas à cette fin. Si ce plan de la balkanisation du Congo n’atteint pas son objectif ce n’est pas qu’ils ont reculé à cause seulement de nos manifestations c’est aussi par ce que des Forces invisibles accompagnent nos petites actions visibles en ce temps de promesse, tango ya bilaka. Après que nous ayons tout perdu (nous pouvons le constater) comme préconisé par Mfumu KIMBANGU depuis 1921, le temps est arrivé pour que la solution tombe. A ceux devant qui il apparait, il dit que nous avons le choix maintenant entre réactiver le KIMUNTU en nous, nos forces spirituelles et nos forces traditionnelles pour asseoir notre souveraineté ou nous méfier pour prolonger et aggraver nos peines. A nous de choisir.

Dites-vous que ce n’est pas pour rien que nos Chefs Coutumiers, généralement dépourvus matériellement, sont systématiquement menacés à mort ou corrompus. L’objectif est de neutraliser l’ultime force que nous possédons. En effet, Ils sont, avec des détenteurs de la vérité spirituelle Africaine (je veux dire Congolaise) les seuls vrais derniers remparts pour que l’Afrique recouvre sa souveraineté, le Dipenda dia zole, la deuxième indépendance. Notre tâche est de les accompagner sur cette voie. Car ils ne doivent pas se sentir marginalisés ou abandonnés face à la machine broyant l’âme, la force et la résistance congolaises.

Cet accompagnement de notre part est le dernier atout qui nous reste à accomplir. Faisons-le ne serait-ce que pour appliquer la méthode d’essaies et erreurs et voyons si les résultats ne seront-ils pas probants.  Après tout qu’avons-nous à perdre ?

Signalons également que dans la philosophie Bantoue, le Muntu n’est pas seulement une personne, une femme ou un homme.  La modernité ne change pas l’essence du Muntu. Plus que la conscience, le KIMUNTU est l’âme du Muntu, des Bantu. Les Blancs, les Jaunes et les Rouges vous le savez ne sont pas des Bantu et ne peuvent par conséquent pas avoir de Kimuntu. De même que tous les Noirs ne sont pas des Bantous. Sur base de quoi notre caractéristique exclusive devient une force que nous devons exploiter. Par ailleurs ce n’est pas par hasard que le choix de la main d’œuvre pour la déstabilisation du Congo d’abord puis de toute la Région des Grands Lacs a été porté sur les Tutsis.

Dans ce processus structuré qui date de longtemps, la religion a joué un grand rôle néfaste. Le Christianisme n’a pas fait que d’inquisitions en Europe, elle a œuvré pour noyer l’âme congolaise, l’âme Bantoue. L’Abée Evariste PINI-PINI NSASAY nous le démontre dans son livre « La mission civilisatrice au Congo – Réduire des espaces de vie en prison et en enfer» pour lequel sa hiérarchie ne trouve d’arguments contradictoires qu’en le renvoyant de son ministère. La mort physique de Mfumu Kimbagu est à compter au crédit du Christianisme.  Nos acteurs politiques cependant ont presque tous été initiés à une spiritualité méconnue de l’âme Bantoue.  Ils n’ont plus d’âme congolaise mais ont donc des Maitres étrangers à qui ils rendent comptent de leurs activités.

Quand directement vous supportez un tel leader, vous vous rendez indirectement complice d’aliénation du Congo sous le joug d’autres nations. Votre désir d’émancipation ou d’indépendance est contraire à vos actions. C’est pourquoi nous tournons en rond autour de notre drame.  Le comble c’est que ces leaders le savent.  Que voulez-vous qu’ils vous disent ?  Ils ont vendu leurs âmes aux prix vils. Même si nous leur demandons de se repentir, ils ne peuvent pas pour avoir galopé des échelons aux prix de servir leurs Maitres dans les espaces de leurs règnes. Ils ont peur des conséquences qui leur seront réservées au cas où ils manifestaient leurs désobéissances.

Nous évoquons ce sujet pour que s’il y a quelqu’un qui se serait senti concerné d’une manière ou d’une autre, qu’il (elle) utilise consciemment son énergie pour ou contre notre souveraineté. Chacun sera récompensé de son choix. Qui sait si les ébullitions de guerres pendantes et en particulier les tracasseries des Congolais ces derniers temps au travers le monde n’ont pas de lien avec ce temps-solution du drame préconisé par Mfumu Kimbangu ? Pour notre part, ce temps est proche !

Nous invitons par ailleurs tous ceux qui ont immergé l’âme congolaise au profit d’autres de ne pas avoir peur des conséquences du rejet de l’autre plus que de son reniement propre.  Il y a toujours moyen de surmonter sans que votre physique ne soit altéré. Allez à la bonne source, vous y serez abreuvés.

A ceux qui supportent indirectement la noyade de l’âme congolaise par leur support des leaders sans âme congolaise, nous vous prions de reconsidérer vos actions, oubliant la notoriété publique régressive [de vos leaders] à l’intérêt commun de la patrie.  Ce que nous avons le plus besoin c’est la participation des Congolaises et des Congolais d’âmes guéries à l’exercice des décisions du pays que de ceux qui ont des titres académiques ou de notoriété sans le KIMUNTU.

Nous terminons par élever cette interrogation méditative, non sans vous donner nos éléments de réponse. N’y-avait-t-il pas en un certain moment de la création du monde une corrélation entre les quatre points cardinaux, les races, les continents et les croyances ? Et si le développement de chaque entité cardinale aujourd’hui était tributaire à la synchronisation avec des divinités y relatives ?

Dès la création du monde, à chaque point cardinal s’associait une race, un océan, un continent et une foi avant que ne se crée le dit continent américain et ne se divise l’océan en deux. Le Nord n’est pas ce que l’on prétend être. Tout a été déformé à souhait.  Si l’Est (Afrique) tarde de se développer c’est principalement par ce que tarde la synchronisation de cette partie du globe avec sa foi originelle. Ce qui le haussa du temps des pharaons a été saccagé par les fois étrangères lors des persécutions. Aujourd’hui encore l’Afrique, orpheline d’identité spirituelle, ne peut pas penser développement sans retrouver cette synchronisation.

Alain Ngubu Matiki.


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