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Contesté de toutes parts : «Joseph KABILA», plus que jamais, isolé !

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image hippolyte KANAMBE alias «Joseph KABILA»

Contre toute attente, Bob Kabamba, professeur à l’université de Liège, semble avoir enfin pris ses distances avec le pouvoir de Kinshasa. L’homme qui passait jusqu’ici pour un «kabilophile» récuse toute démarche tendant à la modification de l’article 220 de la Constitution lequel stipule ce qui suit : «La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du Pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. Est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne, ou de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées ».

A l’occasion du 95ème anniversaire de Nelson Mandela, la terre entière a «fêté» le jeudi 18 juillet «Mandela day», institué par les Nations Unies.

Pourquoi un être humain, Africain de surcroit, est ainsi unanimement admiré voire adulé ? La réponse est simple : Mandela est célébré non seulement du fait de son passé de héros de la lutte contre l’apartheid et d’ancien président sud-africain, mais surtout pour ses qualités humaines.

Voilà un homme qui a passé 27 années de sa vie injustement en prison. Au lieu d’inviter la majorité noire à se venger en «bouffant» tous les Blancs établis en Afrique du Sud, il a invité les Noirs «à pardonner» tout en tendant une main de réconciliation aux Blancs. En homme d’Etat, Mandela a évité à son peuple le chaos en conduisant ses compatriotes blancs, noirs et indiens sur le chemin de la paix. Le chemin d’une vie collective harmonieuse.

C’est bien dommage que le «Grand Congo» n’a pas enfanté un «Mandela»! Pendant que le monde célèbre la grandeur d’âme du leader sud-africain, les Congolais de Kinshasa, eux, semblent vivre encore au Moyen Age. Ils s’étripent, 53 années après la proclamation de l’indépendance de leur pays, sur l’idée lancée par Joseph Kabila d’organiser des «concertations nationales» dont le but, selon lui, consiste à «renforcer la cohésion nationale». Chacun y va de sa définition du concept «concertation».

Contrairement à Mandela qui s’était retiré du pouvoir de son plein gré, Joseph Kabila semble souffrir de la «maladie du pouvoir». Douze années après son accession à la tête de l’Etat congolais, l’homme s’accroche au pouvoir. Tous les moyens sont bons y compris la violence et la tricherie. Et pourtant, le bilan de ces douze années est calamiteux : explosion de la pauvreté et décadence économique. La sécurité des personnes et des biens est tout simplement catastrophique.

Dans son allocution d’investiture, le 26 janvier 2001, Joseph Kabila avait «pris l’engagement» que le gouvernement garantira la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. Les habitants des deux provinces du Kivu peuvent en témoigner. Il en est de même de ceux de la Province Orientale et de la partie boréale du Katanga. Dans le même speech, il promettait de doter le Congo-Kinshasa d’une armée et d’une police modernes, fortes, bien équipées et capables de défendre la nation en toute circonstances. Les faits parlent d’eux-mêmes.

Il va sans dire que le successeur de Laurent-Désiré Kabila incarne plus que jamais un pouvoir illégitime. Il n’y a pas de légitimité sans réalisations dans le sens d’une amélioration des conditions sociales de la population. Il n’y a pas de légitimité sans consensus. C’est un Joseph Kabila isolé qui se débat avec ses thuriféraires pour «vendre» l’idée de ce forum aux contours verrouillés à l’avance par un pouvoir qui a peur.

Président du groupe parlementaire UDPS, Samy Badibanga Ntita n’a pas trouvé des mots assez durs pour fustiger le travail solitaire accompli par l’initiateur de ces concertations en «oubliant» d’associer les différents acteurs de la majorité, de l’opposition et de la société civile au niveau préparatoire. 

Avant Badibanga, des partis de l’opposition ont dit, à l’issue de leur conclave, tout le mal qu’ils pensent de la volonté de Joseph Kabila de déterminer la forme de ce "dialogue" mais aussi l’ordre du jour des thèmes à débattre. La société civile ne dit pas autre chose. Bref, Joseph Kabila a ouvert la boîte de Pandore ; l’opinion congolaise est en ébullition. Etienne Tshisekedi affirme l’impertinence de ces pourparlers entre des politiques inconstants, dans un contexte ou le peuple a déjà tranché à travers les élections du 28 novembre 2011, en optant dans sa majorité pour le Changement, avec Etienne Tshisekedi wa Mulumba comme président de la République !

Cadre de l’UDPS, Tharcisse Loseke Nembalemba a dit haut et fort que ces concertations n’ont pour but que de «légitimer» un Joseph Kabila qui a été battu aux élections de 2011 et qui gouverne le pays par défi !

D’autre part, le professeur André Mbata, dans sa brillante analyse, décortique et rejette en bloc l’ouvrage de son collègue Evariste Boshab, dans lequel ce dernier tente de défendre la thèse selon laquelle qu’il faut choisir entre la révision de la Constitution et l’inanition de la Nation. Ici, le professeur André Mbata prédit la disparition de l’entourage et des courtisans de Joseph Kabila, parce que la Nation congolaise est appelée à survivre encore, dans les générations à venir !

Contre toute attente, Bob Kabamba, professeur à l’université de Liège, semble avoir enfin pris ses distances avec le pouvoir de Kinshasa. L’homme qui passait jusqu’ici pour un «kabilophile» récuse toute démarche tendant à la modification de l’article 220 de la Constitution lequel stipule ce qui suit : «La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du Pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. Est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne, ou de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées ».

Dans ce climat délétère, la «cohésion nationale» paraît impossible à moins que la communauté internationale désigne un «facilitateur» au Congo-Kinshasa pour arbitrer le duel épique qui s’annonce entre les tenants du pouvoir et l’opposition politique.

On le voit, Joseph Kabila est contesté de toutes parts. L’homme est, plus que jamais, isolé… 

[Bamba di Lelo / Docteur en Sciences Politiques de l’UCL / Analyste des questions politiques du Congo]


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