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Kanku MUKANDI : Le médecin qui mijotait un coup d'Etat contre « Joseph KABILA »

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image Jean-Pierre Kanku Mukandi

Les deux suspects, soupçonnés d'avoir monté un complot contre le président Joseph Kabila, sont Kanku Mukandi, un ressortissant belge originaire de la RDC et Isidore Madimba Mongombe, un ancien policier. Kanku Mukandi, médecin vivant à Hoeilaart en Belgique, serait le fondateur d'un mouvement appelé « Mouvement debout congolais » (MDC). Il aurait effectué plusieurs voyages en RDC dans le but de créer un réseau pour « renverser par les armes les institutions légalement établies », a affirmé le ministre de l'lntérieur congolais.

La nouvelle se répandait de bouche à oreille, sans qu'on en sache davantage. A savoir que le docteur Jean-Pierre Kanku Mukandi, médecin anesthésiste belge d'origine congolaise, avait été arrêté à Kinshasa. Pourquoi ? Il n'y avait aucune réponse officielle, sans doute pour faire évoluer les enquêtes.

Le voile vient enfin d'être levé, ce vendredi 22 mars 2013, avec la déclaration de Richard Muyej Mangez, ministre de l'lntérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, sur le démantèlement de la bande insurrectionnelle du docteur Jean-Pierre Kanku Mukandi, qui a précédé son transfèrement des services de sécurité vers I'Auditorat militaire.

Les faits établis après les premiers éléments d'enquêtes et dévoilés sont très graves. Au point de se demander quelle sorcellerie, c'est bien le mot, a pu envoûter un médecin belge installé en Belgique de s'intéresser à la République démocratique du Congo, dont il est originaire, en s'ingéniant à en devenir le chef de l'Etat, non pas au lendemain des élections démocratiques, mais après un coup d'Etat.

Le début du complot : la création du Mouvement débout congolais (MDC)

Tout a commencé quand le docteur Kanku a créé en 2012, c'est-à-dire après l'élection présidentielle de novembre 2011, un mouvement qu'il a dénommé " Mouvement débout congolais", en sigle : MDC.

L'idée avait été murie à Hoeiaart, en Flandre, en Belgique, où réside le docteur Kanku, mais concrétisée à Aachen, en Allemagne, entre mars et avril 2012, lors d'une rencontre à laquelle avaient pris part des opposants de la diaspora congolaise, naturalisés Européens de tel ou tel autre pays, et le député belge Louis Laurent. Parmi eux, le docteur Kanku Mukandi Jean-Pierre.

ll y avait aussi un certain Moke Silubwe, naturalisé français, qui s'est mis en vedette après I'arrestation d'un apprenti seigneur de guerre dans le Sud-Kivu, en la personne de Gustave Bagayamukwe Tadji. En effet, Moke Silubwe s'était autoproclamé le commandant intérimaire de I'Union des forces révolutionnaires du Congo, I'une de ces créations à la solde du Rwanda, destinées à entretenir I'insécurité et les violences récurrentes dans I'Est de la République démocratique du Congo.

Ils avaient pris la décision de faire un coup d'Etat à Kinshasa, avec le concours des officiers qu'ils devaient recruter dans les rangs de I'Armée et de la Police, en mettant à leur disposition des armes et munitions de guerre pour réaliser leur forfait. Et en associant, entre autres, le Colonel Migula du mouvement insurrectionnel M23, qui s'était chargé de recruter quelques membres du réseau.

Ils avaient aussi décidé d'élaborer un plan d'attaque précis de Kinshasa, et de reconnaître dans cette sale besogne le leadership du docteur Jean-Pierre Kanku, en sa qualité de fondateur et de président du Mouvement débout congolais. Ce n'était pas des résolutions en l'air, puisque pour réaliser le coup de force, le docteur Jean-Pierre Kanku devait descendre sur le terrain.

En fait, les services de renseignements congolais avaient été mis au courant de tous ces préparatifs, au point qu'ils auraient pu arrêter le monsieur dès le 11 novembre 2012. Mais, ils avaient préféré le surveiller en le laissant faire ses va-et-vient, en attendant qu'il dépasse le seuil de l'intolérable, avec des actes indubitablement attentatoires à l'intégrité des institutions légales.

Les voyages des préparatifs à Kinshasa : trois séjours en moins de quatre mois !

Pour ce faire, sans se douter de rien, et pensant bien que personne n'en savait rien, le docteur Kanku a quitté, à plusieurs reprises, à des fins de subversion, sa Belgique pour Kinshasa.

D'abord, le 11 novembre 2011. Au cours de cette visite, il avait pris des contacts avec ses recrues, amenés dans le Mouvement débout congolais par des seconds couteaux, comme un certain Bisimwa Kalala Gaudens, avec pour rôle de rallier à ce mouvement des éléments des groupes armés qui infestent et écument le Kivu, et ciblés à juste titre par la Force internationale neutre. D'ailleurs, renseignements pris sur Bisimwa Kalala Gaudens, il était du nombre des participants à la rencontre de la fondation du Mouvement débout congolais à Aachen.

Après être rentré en Belgique le 23 novembre 2012, le docteur Kanku avait effectué un deuxième voyage à Kinshasa le 14 janvier 2012, et son séjour y avait duré jusqu'au 27 janvier 2013. Séjour au cours duquel, toujours suivi par les services de renseignements, il avait, non seulement poursuivi le recrutement d'une poignée de militaires, policiers et civils, mais également convoqué des réunions passant au peigne fin les détails nécessaires à I'organisation et à la réussite d'un coup de force à Kinshasa.

C'est ainsi que le 20 janvier 2013, il avait personnellement dirigé une réunion au cours de laquelle le point sur le recrutement, le financement et la logistique avait été fait, et un état de besoins conséquent dressé. La conspiration avait eu pour cadre une parcelle située sur I'avenue de I'Université, au quartier Livulu, dans la commune de Lemba, dans le périmètre autour de I'arrêt de bus communément appelé " Muyombe ". Le jour suivant, il avait cherché à se procurer une vingtaine de talkies-walkies. Mais, constatant la complexité de la procédure qui exige des attestations des services compétents, il avait acheté une vingtaine de téléphones qui seront repartis entre les membres du réseau. Fort de ces avancées, le docteur Kanku, répartira en Belgique, afin de peaufiner le plan d'attaque de Kinshasa, le faire agréer par ses soutiens et réunir des moyens pour passer à I'acte.

Et le 3 février 2013, revoilà le docteur Kanku à Kinshasa. Les choses vont alors aller très vite. Il porte sur ses effets le plan d'attaque approuvé le 4 février  2013, il est cueilli par les services de renseignements.

Des armes et munitions de guerre cachée et gardées dans un flat-hôtel

La perquisition effectuée sur sa personne et les lieux suspects se solde par la découverte dudit plan et d'une cache d'armes et munitions de guerre dans la chambre n°7 du Flat-Hôtel "  Petite Résidence ", sis avenue Cardinal Malula numéro 19, quartier Righini, commune de Lemba dont la serrure a été remplacée à l'insu du propriétaire. En fait, pour faire diversion, le docteur Kanku avait pris en location les chambres numéro 5 et 7.

Le docteur Jean-Pierre Kanku n'est pas le seul d'être aux arrêts, puisque l'une des pièces maîtresses du complot, le policier Mandima Mongombe alias Cobra, qui a assuré la garde des armes et munitions dans l'hôtel en question, et ce, cinq jours durant, a été également neutralisé.

[Philippe Kabamba]


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