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« Traité de Nice » : Les Vendeurs à la sauvette de l’île Mateba en RDC

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La fibre patriotique commence à s’implanter dans la conscience congolaise pour lui dire que l’inconvénient d’un contrat au « black » comme celui du « Traité de Nice » hypothèque toujours et déjà la valeur de biens et services. Et très souvent, la clause du contrat entre les deux parties pose de problème quant à son exécution si au départ elle est mal négociée car la partie de l’offre finit toujours par tirer son épingle du jeu. Et dans le « Traité de Nice », le Conseil National Congolais représenté par les « vendeurs à la sauvette » ont embarqué la Nation Congolaise dans un long tunnel dont les Congolais auront sans doute du mal à voir le bout, car de toute évidence ceux qui sont allés signer ce document étaient plus motivés par leurs intérêts financiers et leur obsession d’accéder au pouvoir à tout prix.

Le scénario que le « Conseil National Congolais » offre au peuple Congolais à travers le « Traité de Nice », ressemble au digne film hollywoodien lequel les réalisateurs de la cinématographie pourraient s’en inspirer. Point n’est besoin de faire l’idée selon laquelle du marché de Gambela, « Kato » à Kinshasa, en passant par celui de « Portuense » à Rome jusqu’au Château- rouge à Paris, de remarquer l’omniprésence des « vendeurs à la sauvette ». Il ne faut pas non plus être « villageois » pour saisir leur caractéristique qui est commune. C’est celle de la sous-évaluation de leur marchandise à cause de l’objectif final cherché qui est le gain au détriment, bien entendu, de la valeur du produit. Or le même produit dans un autre magasin est plus évalué grâce à sa traçabilité. Cette illustration peu banale, soit-elle, montre en quoi l’existence de la R D Congo comme Etat est dévaluée par les « vendeurs à la sauvette » du « Traité de Nice », réunis au sein du « Conseil national Congolais »

En signant l’acte de ratification dudit « Traité de Nice » qui paraît être un exercice facile à s’y prêter, révèle plusieurs incongruités sur la forme et sur le fond. Car la signature d’un « Traité » affectant la souveraineté d’un pays, est une affaire nationale à laquelle le peuple-souverain ne doit en aucun cas être isolé. Mais les « vendeurs à la sauvette » voulaient juste écouler  leur produit en toute  discrétion en vue de surprendre le même peuple par l’épreuve de la force avec le temps.

On constate donc d’emblée, dans son article 3, stipulant que « Le Collège Hospitalier s’installera sur l’ile Mateba et le Conseil National Congolais reconnaît dès à présent au Collège Hospitalier la pleine propriété, le pouvoir exclusif et absolu de la juridiction souveraine sur la Cité de Mateba ainsi constituée avec toutes ses dépendances pour les fins spéciales et avec les modalités que contient le présent Traité… ». Ce qui veut dire que cette portion de la RD Congo ne lui appartiendra plus. Elle dépendra désormais du Collège Hospitalier comme un Etat indépendant et souverain, à l’instar de la Cité du Vatican, Monaco, etc…

Si tel est le cas, de quel droit, les « vendeurs à la sauvette » s’arrogent-ils le droit de liquider le pays à un prix « mangondo » ? En cherchant à identifier l’ensemble des forces causalement responsable de leur acte, peut-on encore réellement honorer la respectabilité de leurs fonctions sociales ? Même un aveugle épris du patriotisme en entendant la nature ambigüe et dangereuse dudit document, refuserait de le signer. Mais ces renégats de la République n’ont pas mesuré le poids et la mesure de la responsabilité qui est la leur dans ce dossier. Ils s’y sont largement impliqués à telle enseigne qu’aucun revirement ou mea culpa ne pourrait redorer leur image puisque l’acte de vendre à un vil prix le Bas-Congo dans un projet « bidon » de « Grand Kinshasa » démontre bien une posture politique. S’engager aussi dans une telle aventure qui selon eux, s’apparente au contrat « win-win » est une insulte à la mémoire de tous les Congolais victimes de l’occupation rwandaise. Pis, une bévue incommensurable prouvant leur médiocrité et indécence vis-à-vis des Congolais.

En allant au fond du « Traité de Nice », l’on s’aperçoit que ce qui est déterminant pour nos « vendeurs à la sauvette » est l’accession au pouvoir par tous les moyens possible et surtout par le biais du « Collège Hospitalier ». Et cela n’étonnerait personne de constater qu’une fois l’objectif atteint, le Conseil National Congolais devrait leur garantir la clause du contrat. C’est sans doute l’interprétation de l’article 4 qui souligne que « La Souveraineté et la juridiction exclusive que le Conseil national Congolais reconnaît au Collège hospitalier sur la Cité de Mateba implique qu’aucune ingérence de la part de l’Etat Congolais ne pourra s’y manifester, et qu’il n’y aura pas là d’autre autorité que celle du Collège Hospitalier, et que cela sera inscrit dans la nouvelle constitution de l’Etat Congolais ».

Ensuite l’article 5 enfonce le clou dans les plaies déjà béantes des Congolais en martelant que « pour l’exécution de tout ce qui est établi dans l’article précédent, avant l’entrée en vigueur du présent traité, le territoire constituant la Cité de Mateba devra être, par les soins du Conseil national Congolais rendu libre de toute servitude et de ses occupants éventuels qui pourront revenir par la suite ».Selon l’esprit de cet article, le « Collège Hospitalier » qui incarne le charisme de l’hospitalité en s’occupant de plus démunis dans le monde, impose au « vendeurs à la sauvette » de chasser ses laissés pour comptes de leur terre. On ne pense même pas un seul instant à la chasse à l’homme qui ne se ferait jamais dans la quiétude. Ce Traité programme donc en plus l’épuration ethnique des autochtones de la Cité de Mateba, par les forces de la Police et de la Gendarmerie que le Conseil National Congolais aura à sa disposition. C’est ainsi que le monde entier revivra les scènes horribles, atroces qu’ont vécu les Aborigènes en Australie malmenés par  les Anglais, les Haïtiens par les Français. Malgré ce qu’on peut lui reprocher, Mobutu dans sa folie de grandeur et despotique, il nous a appris le « BOMOKO » dans « Tata bo, Mama bo, Ekolo bo moko eee ». C’est un véritable héritage ancré dans notre mémoire perpétuelle. En effet il ne cessait de répéter que « le Zaïre restera Un et indivisible même s’il faut faire l’accord avec le diable pour l’unité du Zaïre on le fera ». Mais hélas ! Les traitres de la nation ont pactisé avec le diable pour l’émiettement de la R D Congo à cause de la soif effrénée du pouvoir. Peu importe les conséquences qui en résulteront mais l’essentiel pour eux, consistait à ratifier l’acte de « Traité de Nice ». En leur déroulant le « red carpet » et savourant la senteur des suites de 5 étoiles niçois, ils se seraient déjà crus aux affaires exécutives. Ils se sont donc catégoriser dans le mythe de caverne dont parle le philosophe Platon, et frère Pitshou Mwanza a peut-être raison quand il fredonne « Moto azali kaka moto », entend-on, « l’homme reste toujours l’homme ».

La fibre patriotique commence à s’implanter dans la conscience congolaise pour lui dire que l’inconvénient d’un contrat au « black » comme celui du « Traité de Nice » hypothèque toujours et déjà la valeur de biens et services. Et très souvent, la clause du contrat entre les deux parties pose de problème quant à son exécution si au départ elle est mal négociée car la partie de l’offre finit toujours par tirer son épingle du jeu. Et dans le « Traité de Nice », le Conseil National Congolais représenté par les « vendeurs à la sauvette » ont embarqué la Nation Congolaise dans un long tunnel dont les Congolais auront sans doute du mal à voir le bout,, car de toute évidence ceux qui sont allés signer ce document étaient plus motivés par leurs intérêts financiers et leur obsession d’accéder au pouvoir à tout prix. Ils n’ont donc pas hésité à accepter une vente au rabais. Mais surtout ils ont tenté de vendre un bien qui ne leur appartient pas d’où sans doute leur silence le plus complet au tour de ce deal machiavélique. Dieu merci le pot aux roses de cette véritable escroquerie a été dévoilé.

[Wendy MAHAKITA]


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