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RDC : Terminator Honoré NGBANDA, opposant notoire de «Joseph KABILA»

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image Honoré NGBANDA - President national de l'APARECO

Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba, ancien superflic et Ministre de la Défense Nationale de l’ère Mobutu Sese Seko, Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba; opposant notoire de Joseph Kabila Kabange, n’est ni pour le scrutin présidentiel fin 2016, ni pour le glissement du calendrier électoral et ni même pour le prolongement exceptionnel du mandat présidentiel de Joseph Kabila Kabange pour les circonstances exceptionnelles. Il propose le soulèvement populaire et demande à Kabila de rentrer chez lui au Rwanda, avant qu'il ne soit trop tard. (…) Vous me demandez si je vais recourir à la « guerre civile » pour libérer mon pays occupé par les forces étrangères. Que je sache, chez vous, vous ne parlez de guerre civile que lorsque les citoyens du même pays se battent entre eux ! Par contre, lorsque vous parlez des résistants français qui se battaient contre les occupants nazis, vous n’utilisez jamais le terme de « guerre civile ». Pourquoi créez-vous alors délibérément la confusion dans la sémantique, lorsque vous parlez de notre combat de libération contre l’armée d’occupation rwandaise pour la chasser hors du territoire national ? Pour libérer la RDC, nous faisons exactement comme l’ont fait les résistants européens chez vous durant la seconde guerre mondiale : nous mobilisons toutes les couches de la population congolaise, civile, militaire, laïque, religieuse et j’en passe, pour une grande révolution populaire visant à chasser par la force les occupants rwandais qui pillent nos ressources et développent le projet de balkaniser et d’imposer la RD-Congo en tant qu’Etat. (…)

Dans sa parution de février 2015, votre Magazine politique Barotendances.be s’est penché sur la République Démocratique du Congo, les évènements qui ont émaillé la modification de l’article 220 de la Constitution congolaise portant sur la limitation du mandat présidentiel et des perspectives politiques après le 19 décembre 2016, minuit, date butoir marquant la fin du 2ème et dernier mandat légal de Joseph Kabila Kabange, l’actuel Chef de l’Etat congolais, car la lecture événementielle de ce pays-continent invite à s’interroger sur le futur de ce géant africain qui est en effervescence et en ébullition politique.

Dans exactement 2 mois, ce grand pays d’Afrique subsaharienne va entrer dans l’oeil du cyclone politique.

Et pour cause…

Le mutisme du Chef de l’Etat congolais exaspère ses nombreux partisans qui se lancent dans de conjectures de l’après-Kabila, fin 2016.

La composition du paysage politique congolais, la sociologie politique particulière de cet immense pays « atypique » et les perspectives ouvertes en RDC sont autant des problématiques que Barotendances.be, votre Magazine politique a voulu cerner de plus près en interviewant l’un des observateurs et acteurs politiques les plus écoutés de la classe politique de la République Démocratique du Congo, Monsieur Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba.

Ancien superflic et Ministre de la Défense Nationale de l’ère Mobutu Sese Seko, Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba, opposant notoire de Joseph Kabila Kabange, rabat les cartes en RDC, en 2016.

Il n’est ni pour le scrutin présidentiel fin 2016, ni pour le glissement du calendrier électoral et ni même pour le prolongement exceptionnel du mandat présidentiel de Joseph Kabila Kabange pour les circonstances exceptionnelles.

Barotendances.be est allé au coeur de la pensée d’Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba, Président national de l’APARECO, plateforme politique d’opposition, constant dans sa stratégie de la chasse aux forces étrangères ayant fait main basse sur la RDC et ses ressources et de sa stratégie de reconstruction du pays, dès lors qu’il est libéré…

Suivez…

1. BT.BE : Bonjour Monsieur le Président, quel est votre sentiment, à quelques 14 mois, de la fin du 2ème et dernière mandat légal de l’actuel Chef de l’Etat de la RDC, Monsieur Joseph Kabile Kabanga?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Bonjour Monsieur Roger Jadot, et merci pour l’opportunité que vous m’accordez. Je dois d’emblée vous préciser que l’échéance de 14 mois pour la fin du second mandat d’Hyppolite Kanambe que vous appelez «Joseph Kabila», et à laquelle vous faites allusion, cette échéance disais-je, ne fait pas partie de mon agenda politique en tant que leader du mouvement de la résistance qui lutte pour la libération de la RD-Congo. Vous n’avez qu’à observer nos déclarations, et les cibles de nos activités politiques pour comprendre que les tripatouillages récurrents de ce qu’ils appellent «constitution» à Kinshasa ne font pas l’objet de notre préoccupation politique. A chaque échéance électorale, on assiste aux chipotages et aux rafistolages des textes pour renforcer et enraciner l’imposture au sommet des institutions en RDC. Toutes ces tartufferies et turpitudes auxquelles on a malheureusement habitué le peuple congolais pour le distraire ne sont à nos yeux que les symptômes d’un mal beaucoup plus profond et qui est à l’origine de toutes les calamités qui s’abattent aujourd’hui sur la Région des Grands Lacs en général et la République Démocratique du Congo en particulier. Ce mal a un seul nom : l’OCCUPATION !

2. BT.BE : Vous prônez la libération inconditionnelle de la RDC de l’occupation étrangère, pensez-vous que votre pays est victime d’une vaste conspiration à l’échelle internationale et téléguidée à partir d’où ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Je vous renvoie à mes deux derniers livres : Crimes organisés en Afrique centrale. Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux, écrit en 2004, et Stratégie du chaos et du mensonge. Poker menteur en Afrique des Grands Lacs, coécrit avec P Mbeko en 2014. Dans ces deux ouvrages, je démontre, avec des preuves irréfutables à l’appui, que les vrais commanditaires de l’agression du Zaïre en 1996 sont d’abord et avant tout les Etats-Unis d’Amérique, précisément sous l’administration de Bill Clinton. En effet, après la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide avec le bloc soviétique, les Etats-Unis sont sortis de leur attitude de réserve et ont décidé de déloger l’Europe, particulièrement la France, des domaines jugés stratégiques, en s’attaquant plus précisément à ses « domaines réservés » en Afrique.

J’ai cité à cet effet, à la page 195 de «Crimes organisés», quelques déclarations des officiels américains parmi lesquelles celle du sous-secrétaire d’Etat Georges Moose qui, dans une allocution devant le sénat américain en 1993 avait déclaré : « Nous devons assurer notre accès aux immenses ressources naturelles de l’Afrique, un continent qui renferme 78% de réserve mondial de chrome, 89% de platine et 59% de cobalt ». Deux ans après (en 1995) à Dakar en Afrique (le choix du lieu est symbolique !), le Secrétaire d’Etat américain au Commerce, Ron Brown, fut on ne peut plus tranchant et belliqueux dans sa déclaration : « Les Américains vont tenir la dragée haute aux partenaires traditionnels de l’Afrique, à commencer par la France. Nous ne laisserons plus l’Afrique aux Européens. » Voilà, Monsieur Roger Jadot, le virage de la géostratégie politique des Etats-Unis d’Amérique qui fut à l’origine du plan machiavélique de déstabilisation de toute la Région des Grands Lacs Africains, et dont la cible principale fut le Zaïre !

En effet, au courant de ces mêmes années 1990, Museveni et Kagame furent invités par Bill Clinton à Arkansas, dans son fief politique (des photos existent). C’est là qu’ils ont été préparés et équipés pour faire le «job» : chasser d’abord du Rwanda le président Juvénal Habyarimana, l’allié des Français et de Mobutu dans la région et le maillon faible aussi. Mais le Rwanda n’était qu’un tremplin. L’objectif final de toute l’opération était le Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo) et cela, à cause de ses immenses ressources naturelles convoitées par les Etats-Unis et leurs alliés anglo-saxons.

Et cette guerre d’invasion du Zaïre, comme je l’ai souvent dit, a été financée par les multinationales anglo-saxonnes. Le cas le plus avéré est celui de la société American Mineral Fields Inc (AMFI) appartenant à Jean-Raymond Boulle, ami personnel du président et Mme Clinton. JR Boulle a financé cette guerre d’invasion du Zaïre à raison de 50 Millions de dollars américains. En plus, il a mis un jet privé à la disposition de LD Kabila pour ses déplacements durant la période de la guerre. Sa société AMFI est une grosse pieuvre dont les bras tentaculaires ont opéré dans les secteurs les plus stratégiques lors de l’agression et l’invasion du Congo. L’AMFI possède une filiale scientifique qui coopère avec la NASA. Elle s’appelle NASA/BETCHEL.

Pendant la guerre d’invasion du Zaïre en 1996-1997, cette puissante filiale de l’AMFI a fourni aux troupes rwandaises et ougandaises au sol des photos satellitaires de reconnaissance des troupes zaïroises ainsi que les fréquences et les contenus top secrets des communications radio des Forces Armées Zaïroises ! Après la guerre d’invasion, cette même filiale (NASA/BETCHEL) a produit des cartes infrarouges des gisements importants des minerais en RDC dans le but d’orienter les sociétés américaines dans la course à l’occupation et au partage des « territoires utiles » en RD-Congo. La société AMFI a créé en RDC une nouvelle branche spéciale, ADASTRA/AMFI, chargée spécialement de gérer les minerais du sang dans le Kivu.

Comme vous pouvez donc le constater, le Rwanda et l’Ouganda ne sont que des simples proxys des puissances occidentales qui sont, elles, les vrais commanditaires tapis dans l’ombre de la nébuleuse communauté internationale ! La vérité qu’on ne dit pas haut aux Congolais est que les puissances anglo-saxonnes ont conclu un marché avec les proxys rwandais et ougandais : les premiers vont favoriser aux seconds l’expansion hégémonique tutsie dans la région pour que les seconds leur facilitent la spoliation sauvage des ressources du sol et du sous-sol congolais. Voilà pourquoi la communauté internationale avec l’ONU en tête ferme pudiquement et cyniquement les yeux sur tous les crimes du génocide et du pillage que Kagame, «Kabila» et Museveni ont commis au Rwanda et en RDC, et qu’ils continuent de commettre encore aujourd’hui dans l’impunité totale. Je ne suis donc pas naïf, je suis conscient de l’ampleur du combat devant nous parce que ce complot, comme vous voyez, est d’un niveau international. Mais j’ai confiance dans mon combat car dans ma stratégie, le peuple congolais va finir par contraindre l’Occident à revoir ses méthodes et sa position en RD-Congo. Et les choses bougent déjà dans cette direction. Je n’en dirai pas plus.

3. BT.BE :Que faire pour bouter alors vos ennemis du pouvoir et hors d’état de nuire sur le sol congolais? Autrement dit, vous prônez la guerre civile en RDC ?

MR HONORE NGBANDABNZAMBO KO ATUMBA : Nous sommes des intellectuels et nous connaissons tant soit peu l’histoire des autres pays du monde. Nous ne comptons donc pas inventer la poudre. Bien avant nous, d’autres peuples et d’autres leaders ont fait face au même phénomène d’occupation. Il y a à peine 70 ans, un bon nombre des pays européens étaient sous l’occupation allemande. Aucun de ces pays européens, je dis bien aucun ne s’est libéré en allant avec Adolphe Hitler aux urnes ! Mais il y a une manie en Occident que je récuse : quand il s’agit de l’Afrique, vous utilisez souvent des vocabulaires alambiqués que vous n’utilisez jamais quand il s’agit de vos pays occidentaux.

Tenez, vous me demandez si je vais recourir à la «guerre civile» pour libérer mon pays occupé par les forces étrangères. Que je sache, chez vous, vous ne parlez de guerre civile que lorsque les citoyens du même pays se battent entre eux!

Par contre, lorsque vous parlez des résistants français qui se battaient contre les occupants nazis, vous n’utilisez jamais le terme de «guerre civile». Pourquoi créez-vous alors délibérément la confusion dans la sémantique, lorsque vous parlez de notre combat de libération contre l’armée d’occupation rwandaise pour la chasser hors du territoire national? Pour libérer la RDC, nous faisons exactement comme l’ont fait les résistants européens chez vous durant la seconde guerre mondiale: nous mobilisons toutes les couches de la population congolaise, civile, militaire, laïque, religieuse et j’en passe, pour une grande révolution populaire visant à chasser par la force les occupants rwandais qui pillent nos ressources et développent le projet de balkaniser et d’imploser la RD-Congo en tant qu’Etat. Nous sommes dans la résistance, vous souffrirez que je ne puisse pas vous exposer ici toute la stratégie de notre combat sur le terrain. Mais nous y travaillons nuit et jour. Toutes les couches de la population congolaise, comme je viens de vous le dire, sont vivement sollicitées. Nous n’avons qu’un seul délai et une seule date dans notre agenda : la victoire finale !

Cependant, je voudrais ici faire deux mises au point très importantes. Primo: nous ne prêchons pas la xénophobie ! Autrement dit, nous ne nous attaquons ni au peuple rwandais, ni au peuple ougandais indistinctement, mais nous combattons essentiellement les hégémonistes tutsis-rwandais, ougandais et burundais qui exaltent une idéologie utopique et décatie d’une prétendue suprématie de l’ethnie tutsie sur les bantous et les autres ethnies de la Région des Grands Lacs. Nous voulons vivre en paix et en harmonie avec tous les peuples habitant les neufs pays voisins qui nous entourent. Car notre pays, la République Démocratique du Congo, est la charnière et la cheville-ouvrière de l’Afrique centrale, australe et orientale.

Secundo : nous ne sommes pas hostiles aux pays occidentaux ni aux multinationales qui veulent investir pour exploiter nos ressources naturelles.

Nous sommes conscients que nous avons besoin d’eux pour leur technologie, comme eux aussi ont besoin de nous pour nos ressources naturelles. J’estime donc que nous sommes plutôt complémentaires. Mais nous leur demandons une chose : ils doivent respecter la souveraineté du peuple congolais, tenir compte de ses intérêts majeurs, et traiter les affaires du Congo avec les Congolais et non avec des recéleurs rwandais et ougandais ! Nous récusons catégoriquement cette forme de pillage sauvage de nos richesses qui profitent, non à nos enfants congolais, mais uniquement au Rwanda, à l’Ouganda et aux sociétés pirates de l’Occident installées à Kigali et à Kampala. Nous préconisons plutôt un marché win-win entre eux et la RDC libérée.

4. BT.BE : A supposer que vous réussissiez à libérer la RDC du joug de l’occupation étrangère, la tâche de la reconstruction nationale serait ardue, et quels sont, justement, les 5 axes prioritaires, selon vous, prioritairement pour le redressement du pays et cela se réalisera en combien d’années ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : J’ai des axes prioritaires que je compte attaquer tous au même moment, dès les premiers jours de la libération du pays :

Primo : L’axe de restauration de la stabilité, la Sécurité et l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Cet axe appelle la mise en place d’une forte armée nationale, républicaine, dissuasive (pour tous nos voisins) et disciplinée. Le grand Congo doit cesser d’être une passoire et une poubelle. Cet axe appelle aussi la mise en place d’une Police capable de sécuriser la population et les étrangers. Nous devrons aussi procéder au recensement de toute la population congolaise et à la création de pièce d’identité congolaise pour mettre fin à la crise d’identité à l’Est de la RDC.

Secundo : L’axe de restauration et de développement des infrastructures de Transport (terrestre, fluvial, lacustre, maritime et aérien) et de Communication à travers tout le territoire national. La RDC est un sous-continent, aucun plan de développement digne de ce nom n’est envisageable sans la relance préalable de ce secteur hautement stratégique.

Tertio: L’axe de l’Education nationale. C’est un secteur qui me tient beaucoup à coeur à cause du décalage et du fossé de plus en plus grandissant entre le niveau et les conditions de l’éducation et de l’enseignement (primaire, secondaire et supérieur) actuellement dans mon pays, par rapport à l’évolution dans le reste du monde moderne aujourd’hui. Et il suffit de voir le budget alloué à ce secteur par ceux qui gouvernent au Congo pour réaliser qu’il y a une méprise grave dans la perception de la place que doit occuper l’éducation de la jeunesse congolaise dans les priorités nationales. L’Etat doit donner sa chance à tous les enfants congolais indistinctement à travers la gratuité de l’école que nous comptons instaurer au niveau primaire.

Quarto : L’axe de la promotion de la production à travers un programme rigoureux de la promotion de l’Agriculture, la Pêche et l’Elevage. Il faut absolument remettre le peuple congolais au travail, en stimulant l’exode urbain pour désengorger les villes et absorber le chômage qui est actuellement de 96%, un record mondial ! Il faut pour cela assainir la gestion de l’Etat dans le domaine de la production et de la commercialisation des minerais. Il faudra assainir la gestion des nombreuses autres entreprises d’Etat génératrices des recettes comme l’OFIDA, la DGM, la R.V.A. et j’en passe. Pour cela, il faudra mettre fin à l’impunité en restaurant et en réhabilitant l’indépendance de la Justice pour sévir contre la corruption et les détournements à tous les niveaux de responsabilité sans exception.

Quinto : L’axe de l’amélioration de la condition sociale des citoyens en vue de leur faciliter l’accès aux soins médicaux (par l’instauration de la mutuelle), à l’électricité, à l’eau, au transport en commun et à la nourriture…etc.

J’insiste encore pour préciser que toutes ces priorités devront être attaquées au même moment, dès les premiers jours de la libération du pays. Car le degré de la misère actuelle du peuple appelle une action d’urgence dans tous ces secteurs et d’autres dès les premiers 100 jours. Nous avons un programme très détaillés à ce sujet, prêt à être mis en exécution.

5. BT.BE : Une coalition sacrée de toute l’opposition politique congolaise ne serait-elle pas la solution panacée et démocratique d’alternance en RDC ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Je reviens sur ce fameux problème de la sémantique au niveau de la presse internationale : on ne peut parler d’alternance démocratique que lorsqu’il s’agit de changement de gouvernement ou de pouvoir entre les mains des groupes ou partis politiques nationaux dans un pays où le peuple jouit de sa souveraineté pour choisir ses dirigeants politiques. Mais au Congo, nous sommes devant un autre cas de figure : il s’agit des deux chefs d’Etats étrangers, Kagame et Museveni qui, avec le soutien de certains pays occidentaux anglo-saxons, ont envahi la RD-Congo avec leurs armées régulières. Ils ont d’abord placé à la tête de notre pays une marionnette congolaise, Laurent-Désiré Kabila, pour camoufler cette invasion. Et lorsque cette marionnette s’est rendue compte du piège et a exigé le départ des occupants rwandais et ougandais, ces deux leaders lui ont déclaré la guerre et ont réussi à le tuer.

Plus grave, ils ont placé cette fois à la tête de la RDC un officier de renseignement de l’armée rwandaise, Hyppolite Kanambe, qui a pris la fausse identité de «Joseph Kabila» pour couvrir son imposture.

Et depuis lors, cet imposteur a détruit l’armée congolaise, éliminé des officiers congolais, infiltré plus de 30000 soldats et près de 500 officiers rwandais au sein de l’armée congolaise.

Au moment où nous parlons les secteurs de la Sécurité, de l’Armée, de la Police, de l’Economie, de la Communication, des Douanes et j’en passe, sont tous sous le contrôle du lobby tutsi-rwandais! Vous avez suivi récemment les révélations des autorités politiques tanzaniennes autour de l’assassinat du Révérend Pasteur Christopher Mtikila: des milliards de dollars en provenance de la RDC atterrissent à la Banque centrale à Dar Es-Salaam en provenance de Kigali pour étendre l’empire hima-tutsi en Tanzanie ! Même les Tanzaniens appellent actuellement la République Démocratique du Congo «la colonie du Rwanda»! Comment pouvez-vous donc parler de «l’alternance démocratique» dans un tel pays occupé? L’exemple des élections de 2006 où « Kabila » a bombardé la résidence d’un candidat congolais à la présidence et dans laquelle se trouvaient les diplomates occidentaux ne vous suffit-il pas ? Et le cas des élections de 2011 où le sang des jeunes congolais a coulé sans suite ne montre-t-il pas assez l’absurdité de cette utopie qui consiste à vouloir recourir au simulacre d’un processus démocratique pour convaincre une force d’occupation à quitter le pays assiégé ?

6. BT.BE : Pensez-vous sincèrement, Monsieur le Président, que la relance économique et le redressement de la RDC est du domaine du possible et ou du faisable ? Votre pays n’est-il pas frappé par la fatalité politico-institutionnelle depuis son accession à l’indépendance en 1960 ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : C’est peut-être-là l’expression du souhait de ceux qui rêvent de faire de la RDC leur colonie éternelle d’exploitation. Car il est vrai que malgré l’accession de notre pays à l’indépendance, certaines puissances continuent toujours de considérer la RDC comme leur propriété privée.

Et pour ce faire, elles recourent à toutes sortes de sortilèges politiques pour infantiliser l’élite congolaise et chosifier le peuple congolais. C’est contre cet état d’esprit-là que je me suis insurgé et je me suis mis à alerter et à mobiliser la jeune élite congolaise.

Car la majorité des gens de ma génération est frappée par ce terrible syndrome du larbin vis-à-vis de l’Occident. Je viens de vous démontrer que le drame que vit le peuple congolais depuis 1996 vient de l’Occident. Je n’exonère pas les Congolais de leur responsabilité dans la gestion de la res publica, loin s’en faut, mais je stigmatise ici le rôle combien important de l’Occident à vouloir mordicus contrôler la mentalité de l’élite congolaise. Une grande figure de la lutte anti-apartheid, Steve BIKO pour ne pas le citer, avait lancé cette phrase combien profonde à la Conférence de Cape Town en 1971 en déclarant: « l’arme la plus puissante entre les mains de l’oppresseur est la mentalité de l’opprimé » ! Je crois fermement à la qualité et aux vertus de l’élite congolaise ainsi qu’à sa capacité de sortir son pays de la spirale de cette sorte de médiocrité qui la caractérise encore aujourd’hui. J’espère qu’elle se remettra en question et se ressaisira bientôt. Je ne crois pas à la fatalité ! Je crois à la capacité de l’homme à changer, à se remettre en question et à se surpasser. Si les Chinois ont surpris le monde entier en moins de 20 ans et sont parvenus à tutoyer aujourd’hui le sommet de l’économie mondial, pourquoi n’en serait-il pas de même des Congolais dans les 10 et 20 années à venir ? La RDC contient toutes les potentialités pour devenir demain le grenier de toute l’Afrique et du monde. N’oubliez pas, nous avons près de la moitié de toute la forêt africaine et nous possédons une immense réserve hydraulique, sans compter des grandes ressources du sol et du sous-sol. Et nous avons une diaspora très riche et variée à travers le monde entier, des cerveaux en réserve pour demain. Il ne nous manque aujourd’hui que la volonté politique et l’opportunité. Nous allons bientôt les créer. Nous allons surprendre le monde entier. J’en ai la ferme conviction !

7. BT.BE : L’important en RDC et le plus urgent, n’est-ce-pas la mise en place d’un Etat de Droit, de la démocratie et des libertés fondamentales garanties, donc le primat du politique ? Ou alors, c’est le soulagement de la misère sociale, de la précarité et de la pauvreté des masses congolaises ? Donc le primat du socio-économique sur le politico-institutionnel ? Votre avis !

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Parce que vous insistez et revenez sur ce même thème, je vous redirai ma ferme conviction à ce sujet. On ne parle pas d’un «Etat de Droit», de «Démocratie», de «Libertés fondamentales» dans un régime d’occupation !

Nous nous battons justement pour reconquérir notre liberté fondamentale que nous avons perdue. C’est alors que nous pourrons instaurer un Etat de Droit et la Démocratie. Car les forces étrangères d’occupation n’ont pas la préoccupation du bien-être social et économique du peuple opprimé. Référons-nous à l’histoire, durant les 80 ans de régime colonial au Congo-Belge, qui avait parlé de toutes ces valeurs de liberté et de démocratie ? Personne ! Parce que c’était simplement inconcevable. C’est exactement la même situation que nous connaissons aujourd’hui avec le régime d’occupation tutsi-rwandaise en République Démocratique du Congo.

Voilà pourquoi je dis et je répète : aussi longtemps que nous n’aurons pas libéré le pays des forces étrangères qui l’occupent militairement, politiquement et économiquement, nous ne pouvons pas parler de l’exercice des valeurs de démocratie. C’est une aberration. C’est vouloir mettre la charrue devant les boeufs !

8. BT.BE : L’érection administrative de la RDC divisée en 26 provinces, est-ce politiquement, administrativement, culturellement et économiquement une bonne chose pour le développement autocentré et décentralisé de la RDC ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Il faut que je précise bien ma conviction politique dans le débat qui a toujours divisé la classe politique congolaise en deux camps, celui des fédéralistes d’un côté et celui des unitaristes de l’autre. Sur le plan politique, je suis unitariste en ce qui concerne mon pays la RDC. Et je me réfère pour cela à l’histoire pour justifier mon choix. J’avais 18 ans lorsqu’en 1964 on avait morcelé le Congo en provincettes. La province de l’Equateur dont je suis originaire fut morcelée en quatre parties: Cuvette centrale, Mongala, Nord-Ubangui et Sud-Ubangui. La conséquence fut une explosion de haine tribale entre les ressortissants de ces provincettes calquées sur les cartes ethniques de l’ancienne province de l’Equateur. Il s’en suivit une série de guerres civiles féroces entre les tribus Mbuja, Ngombe, Ngbandi et Ngbaka, qui vivaient avant ce morcellement dans la fraternité et en paix. Je trouve que la force de la RDC réside dans son unité avec sa diversité. Et je constate que tous les ennemis du Congo dans l’histoire, en commençant par les colonisateurs belges, chaque fois qu’ils ont voulu le déstabiliser, ils ont toujours allumé les rivalités et la haine tribales.

Par contre, la force du Congo vient du sentiment national de tous les Congolais d’appartenir à une seule et même nation qu’ils sont appelés à défendre au prix de leur sang. Pour rien au monde donc, je ne voudrais sacrifier cet acquis. Tandis que sur le plan administratif et économique, je crois que le problème ne se pose pas en termes du nombre des provinces, mais en termes de mode de gestion des provinces par rapport au Gouvernement central. Il suffit de décentraliser fortement la gestion des provinces en leur accordant plus d’autonomie dans le domaine économique et social pour résorber les tensions nées de l’absence suffisante d’autonomie réclamée à raison par les provinces riches qui voudraient jouir proportionnellement de leurs richesses. Cet argument vaut aussi pour les domaines administratifs et culturels.

Mais je dois relever que la précipitation avec laquelle « Joseph Kabila » a procédé au démembrement des provinces cache mal ses intentions maléfiques de créer délibérément le chaos prévisible pour justifier le report des élections présidentielles en 2016. Pour lui, tous les moyens pour échapper aux élections sont à tenter. Pour preuve, il a d’abord décidé d’appliquer le démembrement pour constater ensuite quelques jours après qu’il n’a pas assez d’argent pour installer les nouvelles provincettes. C’est vraiment une approche digne d’une République bananière !

9. BT.BE : Ne peut-on pas imaginer une plate-forme de toute l’opposition congolaise sous le leadership d’Etienne Tshisekedi pour contrer le camp kabilien ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Décidément, j’ai un sérieux problème de sémantique avec vous. Vous dites bien qu’Etienne Tshisekedi fait de l’opposition politique, et vous avez raison. Seulement moi, je ne fais pas de l’opposition, mais je fais de la résistance. C’est comme si vous demandiez au général De Gaulle ou à Jean Moulin de former une plate-forme avec le Maréchal Pétain ou avec Pierre Laval (chef du gouvernement de Vichy de 1942 à 1944) pour battre Hitler aux élections ! L’image peut choquer et c’est pourtant la même réalité politique. Etienne Tshisekedi, comme d’autres hommes politiques congolais, ont choisi de ne pas combattre l’occupation de leur pays, mais de collaborer avec les forces d’occupation. C’est leur droit. Mais moi en tant que leader de la résistance, je ne peux plus envisager, même en rêve, de me mettre avec ceux qui collaborent avec l’occupation pour aller aux élections !

Et si je me mets dans votre logique et j’examine votre hypothèse de former l’union des opposants congolais pour battre «Kabila» aux élections, je me vois obligé de vous renvoyer aux élections antérieures de 2006. Rappelez-vous, au deuxième tour, il y avait aussi l’union de tous les « opposants congolais » autour du candidat Jean-Pierre Bemba.

On avait appelé cette coalition «l’Union pour la Nation» (UN). Cette coalition, tout le monde le sait, avait largement remporté les élections. Mais vous connaissez la suite : l’occupant qui avait perdu les élections a gardé le pouvoir par la force. Le problème en 2006 comme en 2011 n’a jamais été celui de gagner ou pas les élections. Car à deux reprises la coalition des Congolais avait bel et bien gagné les élections, mais l’imposteur rwandais, «Joseph Kabila» a chaque fois faussé le résultat, sous la barbe de l’ONU, et gardé le pouvoir par la force, parfois même avec la complicité de certains pays occidentaux. C’est pourquoi nous disons au peuple congolais que les élections n’apporteront jamais la solution à la problématique de l’occupation de notre pays.

10. BT.BE : Vous êtes natif dans les hauteurs de Lisala sous les tropiques et de même souche ethnique que Feu le Maréchal Mobutu Sese Seko et aussi l’essentiel de votre carrière politique s’est effectué, sous son autorité, et durant son règne. Confirmez-vous ou récusez-vous votre filiation spirituelle par rapport à Mobutu Sese Seko et ses 32 années de dictature ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Permettez-moi d’abord de vous faire une petite mise au point: j’estime personnellement que le lieu de naissance et l’appartenance à une même ethnie ou une même tribu ne constitue pas une référence sérieuse justifiant les convictions idéologiques d’un homme politique. Je ne pense pas que tous les hommes politiques sud-africains de tribu xhosa soient spirituellement affiliés à Nelson Mandela. En ce qui me concerne par exemple, je vous révèle que l’homme qui a provoqué le réveil politique en moi ce n’est pas Mobutu, mais le Professeur Mabika Kalanda (de la tribu luba) à travers son livre : « La remise en question. Base de la colonisation mentale » (Editions : Remarques Africaines, 1967). La lecture (et plusieurs relectures) de ce livre sur les bancs de l’Université en 1969 a changé toute ma vision et a allumé en moi un feu ardent qui a forgé une bonne partie de ma personnalité. Mes études de Philosophie et ma foi chrétienne ont évidemment fait le reste. Je vous fais ensuite remarquer que quand Mobutu a pris le pouvoir en 1965, j’étais encore élève au petit séminaire. J’ai terminé mes études universitaires en 1972, et j’ai commencé à occuper les hautes fonctions de responsabilité en 1982 en tant qu’ambassadeur, puis en tant qu’Administrateur de l’AND en 1985. Soit 20 ans après l’accession de Mobutu au pouvoir. Mon premier poste politique, je ne l’ai eu qu’en 1992, en tant que ministre de la défense. Si je vous donne ces détails, ce n’est nullement pour me débiner de ma part d’influence que j’aurais subie ou exercée durant les années passées aux côtés de Mobutu, mais c’est pour relativiser votre assertion concernant l’influence des « 32 ans de dictature de Mobutu » auxquelles vous faites allusion.

Car sur ces 32 ans de pouvoir, j’ai été dans le cercle du pouvoir de Mobutu durant les 12 dernières années de son pouvoir dont les 7 années de transition (1990-1997). Et si vous lisez mon livre « Ainsi sonne le glas ! Les derniers jours du Maréchal Mobutu », vous y verrez très clairement, à travers une sévère autocritique et une rigoureuse autopsie des causes profondes de la chute de son pouvoir, les points de convergence et de divergence que j’ai eus avec la vision politique du Maréchal Mobutu, tant au niveau national qu’international. Cependant, je n’ai jamais renié ma fidélité vis-à-vis de lui en tant que son proche collaborateur. Mais la fidélité politique n’est pas à confondre avec la servitude aveugle. Je suis un homme indépendant d’esprit et jaloux de sa liberté de pensée et d’action. Je l’ai prouvé en 1990 lorsque tous les proches de Mobutu l’avaient abandonné pour intégrer l’opposition, avant de revenir à lui quelques années plus tard, quand ils ont réalisé qu’il n’était toujours pas tombé. Je prouve encore aujourd’hui ma constance et mon indépendance, car je suis resté à ce jour le seul «mobutiste» encore en exil, et qui a repoussé les offres alléchantes de «Joseph Kabila» qui m’a proposé des postes politiques au sein du gouvernement à Kinshasa. Ma formation de philosophe et ma foi chrétienne m’obligent chaque fois à me remettre en question. J’ai retenu beaucoup de bonnes choses auprès de Mobutu, parce qu’il n’avait pas que des défauts comme d’aucuns essayent de le faire croire, et j’ai tiré aussi des leçons de ses nombreuses erreurs personnelles et de nos erreurs collectives pour mon propre progrès.

11. BT.BE : Vous avez été superflic de Mobutu Sese Seko comme ADG (Administrateur Directeur Général) de l’ANR, et beaucoup pensent que vous n’avez pas que laisser des bons souvenirs en RDC, Zaïre à l’époque, à cause de la répression qui avait jadis sévie sous Mobutu Sese Seko, que dites-vous à votre décharge pour inverser cette tendance qui vous rend parfois antipathique auprès de certains Congolais ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : L’inversion de cette tendance dont vous parlez se fait déjà à une vitesse vertigineuse qui surprend et inquiète surtout mes adversaires politiques au Congo comme ailleurs. Car, voyez-vous, la vérité est très têtue ! On ne peut pas la tuer, et elle finit toujours par triompher avec le temps. Pour être franc avec vous, j’ai été Administrateur Général de l’AND de février 1985 à avril 1990, soit 5 ans. Durant les cinq années de mon mandat, il n’y a eu aucun assassinat politique au Zaïre, ni aucune répression sanglante de la foule. Je vous mets d’ailleurs au défi de produire un seul extrait de la presse congolaise ou belge (friande des frasques de Mobutu) qui a cité mon nom dans une quelconque affaire de sang durant toute cette période de cinq années où j’ai été à la tête des services zaïrois.

La première légende de tueur qu’on m’a attribuée a été inventée bien après, j’insiste bien après les prétendus massacres des étudiants du Campus de Lubumbashi, événements survenus dans la nuit du 11 au 12 mai 1990 et dont on a reconnu qu’un seul mort du nom de ILOMBE. En ce moment-là, j’avais déjà quitté la direction des services de l’AND depuis le 14 avril 1990 (soit un mois en avant), au soir même du discours historique du Maréchal Mobutu. C’est le général Likulia Bolongo, mon successeur, qui était à la tête des services (AND). D’autres faits plaident en ma faveur: lors des débats parlementaires très houleux autour de ces «massacres», débats à travers lesquels, pour la première fois, l’autorité du président Mobutu fut mise à mal publiquement à la télévision nationale, le nom d’Honoré Ngbanda n’a pas été cité une seule fois par tous les vrais et faux témoins des événements. La deuxième preuve, émane des documents officiels de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), produits par sa «Commission des assassinats politiques commis en RDC depuis 1960», ces documents ont été publiés dans le site de l’APARECO, les membres de la cette Commission qui étaient tous de l’opposition (Union Sacrée et Alliés), fortement dominée par l’UDPS, n’ont même pas convoqué Honoré Ngbanda comme témoin de l’événement; et pourtant, ils ont bien mentionné dans leur rapport qu’ils avaient convoqué le président Mobutu et le Premier ministre Ngunz-a-Karl-i-Bond pour comparaître devant leur commission! Pourquoi ne m’ont-ils pas entendu, ne fut ce qu’une seule fois comme témoin?

La deuxième légende autour de mon nom a été échafaudée à la suite des «massacres des Chrétiens » survenus le 16 février 1992. J’étais ministre de la Défense. Et comme vous le savez , la gestion des manifestations relève de la compétence du ministre de l’Intérieur et non de celui de la Défense nationale. Effectivement, dans l’enquête de la Commission de la Conférence Nationale Souveraine chargée des assassinats, le ministre de la Défense Ngbanda n’a même pas été convoqué en tant que témoin assisté ! L’enquête a conclu à la responsabilité individuelle du ministre de l’Intérieur Mandungu Bula Nyati et du Gouverneur de la Ville de Kinshasa Kibabu Madiata Nzau.

De mon côté, pour mettre fin à cette cabale, j’ai lancé un défi depuis 2001 à toutes les familles des Congolais de l’intérieur et de la diaspora. Je leur ai demandé de porter plainte auprès des tribunaux d’Europe où je vis actuellement sans immunité quelconque, pour les faits d’assassinats, de torture, d’enlèvement politique d’un quelconque membre de leurs familles. Jusqu’aujourd’hui, cela fait 15 ans que j’attends toujours la première plainte qui tarde à venir. Voilà pourquoi les nombreux patriotes congolais qui m’ont suivi et qui ne sont pas idiots, ont fini par comprendre eux-mêmes qu’il s’agit d’une méchante campagne de diabolisation politique orchestrée par mes ennemis pour étouffer mon message. Nous voyons ces derniers temps des anciens chefs d’Etats africains et autres trainés devant la justice en Europe ou en Afrique, pour des crimes qu’ils ont commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Pourquoi ceux qui incriminent Honoré Ngbanda ne portent-ils pas plainte contre lui pour ses prétendus nombreux crimes, d’autant plus que c’est lui-même qui le réclame ? Poussons la logique plus loin encore : les agents de l’ANR qui me pourchassent partout pour me tuer sont les mêmes qui ont travaillé sous mes ordres à la tête des services (AND). Pourquoi alors ne sortent-ils pas les dossiers de mes crimes pour me traduire devant le tribunal international comme ils l’ont fait à Jean Pierre Bemba quand ils ont voulu le neutraliser? Croyez-vous qu’ils s’en priveraient si ces dossiers existaient réellement contre moi?

Je ne me justifie pas, les faits plaident à ma place. Toutes fois, dans mes livres comme dans mes déclarations, j’ai toujours assumé ma part de responsabilité collective dans la gestion de la 2e République à laquelle j’ai participé comme tant d’autres qui sont aujourd’hui avec les occupants rwandais qui détruisent et pillent notre pays. Ceux qui crient contre moi le font sans dossier. Par contre moi, je détiens des lourds dossiers de ceux qui jacassent comme des pies. Ils le savent, c’est pourquoi ils ont peur ! Mais je voudrais plutôt les rassurer : je travaille pour le pardon mutuel et l’unité de tous les Congolais pour sauver notre mère patrie. On ne bâtit pas une nation avec la haine, le mensonge et la vengeance, mais avec l’amour, la vérité et la justice.

12. BT.BE : L’UDPS vous accuse parfois de faire le jeu de Kabila en vous attaquant frontalement à la ligne stratégique de l’opposition interne en RDC, à savoir, faire partir Kabila par la voie démocratique des urnes. Est-ce une fausse accusation ou y-a-t-il une part de vérité dans leurs griefs contre votre personne et l’APARECO ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Ceux de l’UDPS ou d’autres partis politiques qui tiennent de tels propos insipides sont soit politiquement aveugles, soit moralement malhonnêtes, soit simplement ignorants des réalités politiques de leur pays. Car à ceux qui prétendent combattre « Kabila » de l’intérieur je pose les questions suivantes : quel résultat positif, quel progrès ont-ils déjà présenté au peuple congolais depuis quinze ans ? Qui font réellement le jeu de « Kabila » ? Est-ce nous qui le combattons nuit et jour sur tous les fronts internes et extérieurs, et refusons tout compromis avec lui, ou plutôt ceux qui, tantôt crédibilisent les mascarades électorales de « Kabila » en y participant activement, ou tantôt offrent au même « Kabila » des bouffées d’oxygène en dialoguant avec lui pour trouver d’autres compromis avec lui pour qu’il prolonge et renforce son pouvoir d’occupation et de balkanisation ?

C’est à eux de dire au peuple congolais quel progrès leur prétendue lutte interne et démocratique a déjà réalisé jusqu’ici. Parlons peu, parlons bien : peut-on sincèrement dire que la situation politique, sécuritaire, économique et sociale de la RDC depuis 1996 à ce jour s’améliore ou elle se détériore ? Quel bilan peuvent-ils présenter au peuple congolais de leur prétendue lutte interne ? A eux de répondre !

13. BT.BE : Un peu d’histoire… Pensez-vous que c’était une erreur politique, le fait que Mobutu ait soutenu Yoweri Museveni dans sa rébellion et sa prise de pouvoir à Kampala ? Et pourquoi oui et pourquoi non ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Vous savez, la politique n’est pas de la divination. Elle est même fondée plus sur une bonne part de réalisme que sur des simples théories pieuses. Une option politique se dégage en fonction de l’examen des paradigmes qui vous déterminent la direction des événements et vous fixe l’indice d’intérêt du moment. En 1985, lorsque Kaguta Yoweri Museveni est venu me voir pour solliciter l’appui du président Mobutu afin de prendre le pouvoir en Ouganda et mettre fin à l’instabilité politique qui régnait dans ce pays voisin depuis plus d’une décennie, son projet représentait plutôt un grand intérêt pour le Zaïre. En effet, toute l’économie de la région Est du Zaïre était prise en otage par les successions des guerres civiles incessantes en Ouganda qui avaient bloqué la voie d’exportation et d’importation des marchandises de la partie Est du Zaïre via le port de Mombassa. Nous avions intérêt à voir la stabilité politique s’installer rapidement en Ouganda pour l’intérêt de notre propre économie. Le projet politique et militaire de Museveni, soutenu aussi par le Kenya, nous apportait toutes les garanties pour atteindre nos objectifs. Et après que nous l’ayons aidé à prendre le pouvoir en Août 1986 à Kampala, nous avions effectivement connu une reprise économique et commerciale à l’Est du Zaïre.

Mais en ce moment-là, personne ne pouvait prédire qu’en 1988, soit 2 ans plus tard, le mur de Berlin allait tomber, que les Etats-Unis allaient changer leurs alliances en Afrique et qu’ils allaient choisir Yoweri Museveni pour déstabiliser le Zaïre. Cette projection-là relève du domaine de la divination. Ce n’est plus du domaine de la politique. Même les services de renseignement français mieux outillés ne savaient pas en ce moment (en 1985) que les Etats-Unis allaient mener la guerre à la France en 1994, pour lui ravir ses « domaines réservés » en Afrique des Grands Lacs. En politique, quand on fait une analyse pour lever une option qui engage l’avenir d’un peuple ou d’un pays, on prend toujours un risque, car il existe toujours une zone d’ombre qui cache l’inconnu et qui peut nous réserver des surprises agréables ou désagréables. Peut-on alors, à partir de ces paramètres, parler d’erreur politique ou d’imprévu politique? Je vous laisse le choix.

14. BT.BE : Paul Kagame semble être le cauchemar des Congolais. Pensez-vous que le mal congolais, c’est vraiment le Chef de l’Etat rwandais ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Je préfère ici emprunter le terme juridique d’«association des malfaiteurs» pour illustrer ma pensée. Je viens de vous décrire plus haut l’identité des vrais commanditaires qui ont conçu, planifié, organisé, supporté et dirigé toutes les guerres de déstabilisation du Rwanda en 1994 et du Zaïre en 1996 et 1998. Ce sont les Etats-Unis d’Amérique avec leurs alliés anglo-saxons en Europe et en Afrique. Et en Afrique, les experts américains ont eu le cynisme d’arrêter comme stratégie, l’instrumentalisation des conflits ethniques dans la Régions des Grands Lacs africains pour parvenir à leurs sinistres fins. C’est ainsi qu’ils ont jeté leur dévolu sur les deux leaders de l’ethnie tutsie à qui ils ont offert l’opportunité de régler leurs comptes à leurs ennemis hutus et de réaliser ensuite leur vieux rêve diabolique de soumettre toutes les autres ethnies de cette région d’Afrique à leur hégémonie. Et l’homme qui incarne ce projet s’appelle Paul Kagame !

Mais sa force vient de ses alliés occidentaux. Seuls, les Tutsi-rwandais n’auraient jamais réussi à envahir le Zaïre de Mobutu. Il a fallu l’appui logistique américain, la formation des hommes de Kagame dans des bases américaines ouvertes au Rwanda, des appuis techniques des photos et des écoutes satellitaires de la NASA, la campagne de démobilisation des officiers généraux et supérieurs des FAZ par les agents de la C.I.A. et de la D.I.A. au Zaïre…

Et après avoir éliminé LD Kabila dont ils se sont servi comme une simple marionnette, Kagamé a placé à la tête des institutions politiques en RDC un ex-officier des services de renseignement de l’Armée Patriotique Rwandaise (A.P.R.), Hyppolite Kanambe qui a pris frauduleusement l’identité de Joseph Kabila. Depuis janvier 2001, c’est Paul Kagame qui dirige de main de maître la RDC. «Joseph Kabila» est plutôt son proconsul en RDC. Il exécute les instructions que lui amène chaque semaine à Kinshasa le général James Kabarebe, l’actuel ministre de la Défense du Rwanda. En ce sens, nous pouvons réellement dire que Paul Kagame est le bourreau des Congolais. Mais à mon avis, le vrai cauchemar du peuple congolais, c’est sa propre classe politique. Car sans la complicité et la trahison de la grande majorité de la classe politique congolaise, Paul Kagame et « Kabila » n’auraient jamais réussi à assujettir le peuple congolais ni à le chosifier.

15. BT.BE : La politique, c’est l’art du possible et on ne dit « jamais » en politique. Plus prosaïquement, peut-on imaginer un ticket ou tandem Joseph Kabila Kabange et Honoré Ngbanda à la tête de la RDC en 2016, respectivement comme Président de la République et Premier Ministre pour 5 années de transition ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Même pas en rêve ! Pour toutes les raisons que je viens de vous avancer plus haut, il ne m’arrivera même pas de faire ce cauchemar de me voir travailler sous les ordres des Tutsi-rwandais. C’est un problème moral. Un problème qui touche ma conscience de chrétien et de leader politique congolais. Que Dieu m’en préserve !

16. BT.BE : Au Congo-Brazzaville d’en face, l’actuel Chef de l’Etat, Monsieur Denis Sassou Ngouesso persiste et signe : il veut rester au pouvoir après les 30 années en 2 phases de sa présidence. Pensez-vous qu’en Afrique, on a plus besoin des hommes forts ou plutôt des institutions fortes ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : L’un n’exclut pas nécessairement l’autre. L’idéal serait d’avoir les deux à la fois. Les dirigeants et leaders politiques africains ont besoin d’accéder à l’universalité des valeurs démocratiques et de les intégrer dans leur mode de pensée et dans leur comportement politique. On ne peut pas parler d’institutions fortes si les peuples et leurs dirigeants n’ont pas la mentalité appropriée pour protéger la stabilité des institutions. N’oublions pas que ce sont des hommes qui font les institutions et pas l’inverse. De l’autre côté, l’Afrique a un sérieux problème de leadership face à l’hégémonisme des pays du Nord sur ceux du Sud.

Les pays africains ont encore souvent besoin des hommes forts qui aiment leurs peuples et qui soient capables de se comporter comme des boucliers-protecteurs de leurs peuples contre les prédateurs extérieurs. L’Afrique a besoin des leaders qui résistent à la corruption des vautours internationaux qui appauvrissent les peuples d’Afrique au profit des leurs. Car aujourd’hui, si vous regardez l’évolution statistique de la tendance dans le monde, vous réaliserez que les peuples d’Afrique et des pays du Sud de la planète deviennent de plus en plus pauvres, tandis que les peuples d’Europe et de l’Occident deviennent de plus en plus riches. L’écart ne cesse d’augmenter chaque année. L’Afrique a donc besoin de leaders politiques capables d’arrêter et d’inverser cette tendance maléfique, favorisé particulièrement par le syndrome du larbin qui gangrène une bonne partie de l’actuelle génération des leaders africains.

17. BT.BE : En vérité, pensez-vous que l’encrage de la démocratie dans les pays africains relève de l’utopie ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Ce serait une injure cracheuse à l’égard de l’élite et du peuple africain que de penser ainsi. Le vrai problème, à mon humble avis, est que l’élite africaine copie et imite servilement la «démocratie à l’occidental» au lieu d’intérioriser les valeurs et les principes démocratiques universels et de développer en eux-mêmes «l’esprit démocratique» qui intégrerait ensuite, dans la pratique, les spécificités africaines sans pour autant altérer les valeurs et les principes universels de la démocratie. Regardez chez vous en Europe par exemple, vous n’avez pas deux pays de l’Union européenne qui aient la même constitution, donc le même système de pouvoir. Et pourtant, toutes ces constitutions et tous ces systèmes politiques sont reconnus démocratiques parce qu’ils sont tous porteurs des valeurs et des principes universels de la démocratie. Le vrai problème réside dans le respect des textes que le peuple a souverainement choisi. Pour autant que ce soit réellement le peuple qui l’a choisi. Au nom de quel principe refuserait-on à l’Africain l’accès aux valeurs universelles dont celles de la démocratie ? C’est plutôt un problème de volonté politique des dirigeants et des élites africains d’intégrer ces valeurs dans la pratique politique dans leurs pays respectifs.

18. BT.BE : Monsieur le Président, à 14 mois du scrutin présidentiel en RDC, quelle est la feuille de route politique de votre Parti politique (plateforme) l’Apareco, d’ici au 19 décembre 2016 à minuit, c’est-à-dire d’ici la fin légale du 2ème et dernier mandat de Joseph Kabila Kabange à la tête de la RDC ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Dans sa feuille de route et son agenda, l’APARECO n’a qu’un seul délai, une seule date : la victoire contre le régime d’occupation au Congo ! Notre échéance peut arriver dans un mois, dans un an ou deux, peu importe. Cependant, nous la voulons le plus tôt possible. Mais nous ne nous occupons pas des échéances du régime d’occupation en RDC. Ses gesticulations et ses entourloupettes autour des échéances électorales en 2016 ne me préoccupent nullement. Ce n’est pas ma tasse de thé.

19. BT.BE : Lors du 10ème anniversaire de la création de votre Parti/Plateforme l’Apareco à Paris (France), vous avez longuement fait allusion à Toussaint Louverture d’Haïti et à Patrice Emery Lumumba… Sentez-vous dans l’âme être plutôt un progressiste ou plutôt que c’était une opération de communication politique, c’est-à-dire de la cosmétique ou de la poudre aux yeux des Congolaises et Congolais qui ne sont pas dupes, pensez-vous bien ? Votre réaction, Monsieur le Président !

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Toutes les étiquettes que vous pouvez me coller ne m’impactent nullement. Ce qui m’intéresse, c’est la flamme de douleur et de colère qui brûle au fond de mon coeur depuis que les étrangers ont pris le contrôle de mon pays et travaillent pour sa balkanisation et son implosion. J’ai décidé de tout sacrifier jusqu’à ma vie qui est aujourd’hui mise à prix par ceux-là même qui occupent mon pays. Voyez-vous, j’ai été le tout premier «mobutiste» que Laurent Désiré Kabila a sollicité pour rentrer à Kinshasa travailler avec lui. Il m’a envoyé en 1998 et 1999 à Paris, le Professeur Célestin Kabuya Lumuna Sando, originaire du Katanga et ancien Directeur de cabinet adjoint de Mobutu, pour me proposer de rentrer travailler avec lui. Alors que par contre, les autres « mobutistes », et pas des moindres, ont dû payer des millions de dollars à l’époque, pour obtenir le visa de leur retour au pays. A son tour, « Joseph Kabila » m’a offert plusieurs fois de l’argent, des postes politiques, tantôt celui de vice-premier ministre et ministre de la Défense, tantôt celui de Premier ministre et tantôt encore celui de Vice-président…, j’ai repoussé toutes ces offres. J’ai alors subi des pressions et des menaces de mort : j’ai perdu certains membres de ma famille.

Au mois de mai dernier un commando de tueurs à gage a pénétré dans ma résidence en France avec des armes blanches dont une hache pour m’éliminer, mais il ne m’a pas trouvé chez moi. Dans leur fuite, car ils étaient surpris par le retour tardif d’un de mes enfants qui a alerté la Police, les membres du commando ont abandonné une hache qu’ils avaient dissimulée sous le matelas de la chambre. La Police française poursuit son enquête. Ces faits ne vous suffisent-ils pas pour vous convaincre du sérieux de mon combat et de ma détermination ?

Croyez-vous que je serais si stupide ou cynique au point de faire de la «cosmétique», comme vous me le dites si gentiment, avec ma vie et celle de ma famille pour amuser la galerie? J’ai une devise pour ma vie : mieux vaut mourir pour une cause que de vivre sans cause.

20. BT.BE : Nous tentons de vous psychanalyser, au 05/05/2016, vous aurez 70 ans d’âge, quelle est votre ambition suprême au service de la RDC ? La présidence de la République, est-ce tentant pour vous ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Le pouvoir n’est pas ma priorité. Je viens de vous donner des faits concrets : des propositions des postes de pouvoir qu’on m’a déjà faites plus d‘une fois. Mon ambition actuelle est de libérer mon pays de l’occupation étrangère ; mettre fin aux 18 années d’humiliation, d’asservissement et d’extermination du peuple congolais. Cela ne veut pas dire que je veux à tout prix et tout de suite le poste du Président de la République. Regardez le Général Charles De Gaulle qui avait risqué sa vie en conduisant la résistance française jusqu’à la libération de la France. Ce n’est pas lui qui avait occupé le poste de Président de la République française immédiatement après la libération en 1944. De Gaulle n’est devenu Président de la République que le 8 janvier 1959, soit 15 ans après la libération! Les gens qui se battent sincèrement pour un idéal savent souvent faire le distinguo entre l’intérêt supérieur de la nation et leurs ambitions personnelles.

Je sais que j’ai la prétention légitime de conduire ce pays parce que j’ai des grands défis à relever pour mon peuple avant de quitter cette terre des hommes. Mais je n’en fais pas une obsession ni un chantage vis-à-vis de mon peuple. Je ne me bats pas pour être rémunéré. Mais si le peuple congolais me fait confiance demain, après la libération, pour conduire ce pays en vue de le sortir de la spirale de la mort où on l’a plongé, c’est avec toute mon âme que je me consacrerai à cette mission que je considère plus comme un apostolat que comme un privilège personnel.

Et pour terminer, je suis fondamentalement chrétien et j’ai la foi que chaque homme et chaque femme a un destin de Dieu pour sa vie, et qu’aucun homme, ni aucune circonstance matérielle ne saurait modifier ni empêcher son accomplissement.

21. BT.BE : Quel est selon vous, en âme et conscience, donc en toute objectivité, le bilan socio-économique du Président sortant, Joseph Kabila Kabange, après 14 années passées globalement à la tête de la RDC ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Vous êtes journalistes et je suis certain que vous n’êtes pas sans ignorer que le bilan social et économique de «Kabila» en RDC depuis 2001 est plutôt jalonné d’une litanie de crimes qui, en fait, ne constituent que les affres du système d’occupation de ce pays conquis.

En dehors du génocide de plus de 10 millions de Congolais et 2 millions de Hutus rwandais, du viol massif de femmes et de bébés de 2 mois seulement, et dont le taux estimé par les organismes internationaux des Droits de l’Homme est de 1000 femmes violées par jour, ce qui fait que la RDC a été proclamée «capitale mondiale du viol», en dehors de ces crimes disais-je, vous savez bien que selon les récentes révélations des autorités américaines généralement bien informées dans ce domaine, « Joseph Kabila » a réussi en 15 années de pouvoir, à placer 15 Milliards de dollars américains dans des banques situées dans les Paradis fiscaux, notamment dans les Iles Vierges britanniques. Pendant ce temps, le taux du chômage urbain en RDC est de 96% !

Un autre triste record mondial. Dans la ville de Kinshasa par exemple, les familles mangent par délestage de un à deux jours selon le nombre de personnes, elles ont de l’eau potable et l’électricité par délestage, parfois de plusieurs mois.

Les élèves suivent les cours assis au sol, dans un pays qui contient 47% de toute la forêt africaine ! Vous savez en outre que la RDC qui constitue l’une des plus grandes réserves mondiales en forêt et en eau vient de voir plus d’un tiers de ses réserves forestières bradé par «Kabila» au profit des sociétés mafieuses dans le monde, l’ancien Vice-président des Etats-Unis , Mr Al Gore s’est contenté de dénoncer ce crime contre l’humanité sans plus. Je citerais aussi le cas des minerais hautement stratégiques du Congo comme l’Uranium et qui font l’objet d’un trafic frauduleux par «Joseph Kabila », sa bande des complices et sa famille. J’ai dénoncé cette situation à travers un dossier volumineux en 2002 et 2003. Car ce trafic constitue une sérieuse menace pour la sécurité dans le monde. Toutes les grandes sociétés d’exploitation et de commercialisation de minerais du Congo ont été bradées : la Gécamines, la MIBA, le KILOMOTO et j’en passe ! Honnêtement, comme vous dites, le bilan économique et social de « Joseph Kabila » constitue plutôt une calamité, un cauchemar pour le peuple congolais tout entier. Nous n’avons pas assez de temps ni d’espace pour vous le décrire ici. Je vous renvoie aux grands dossiers de l’APARECO comme « L’alliance des vautours », « L’ascension du Sphinx », «Le trafic d’Uranium », « Enquête sur le fonctionnement du réseau d’infiltration et du système d’occupation de la RDC par le Rwanda » et j’en passe, pour vous faire une opinion exacte du bilan macabre de 15 ans de régime d’oppression et de spoliation du dictateur rwandais, «Joseph Kabila», à la tête de la République Démocratique du Congo.

22. BT.BE : Monsieur le Président, une question gag : le mutisme du Président Joseph Kabila Kabange cache-t-il un scénario à la Vladimir Poutine ? Qui serait, dans cette hypothèse d’école, le Dimitri Medvedev, c’est-à-dire l’homme lige pour occuper durant 5 années le fauteuil présidentiel avant de le rétrocéder, après service commandé, au « Raïs » Kabila Kabange en 2021 ? Ce scénario tient-il la route ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : N’est pas Poutine qui veut ! Et la Russie n’est pas le Congo. En Russie, il s’agit d’un président russe qui a fait des manoeuvres d’alliance sui generis pour se maintenir au pouvoir.

En RDC, «Kabila» n’est pas dans son pays. Va-t-il faire ce mariage avec un «collabo» congolais ou va-t-il préférer son frère tutsi-rwandais ou encore un allié fidèle aux Rwandais, pour plus de garantie de sécurité aux yeux du Tutsi-power ? Le 27 octobre dernier, l’APARECO a sorti un grand article sur le scénario-Poutine, mais joué à l’africaine par «Joseph Kabila». Il a choisi un oiseau du même plumage que lui, un complice dont la nationalité congolaise est très alambiquée, et qui fut son complice des premières heures depuis les élections de 2006 où il a joué un rôle majeure dans le trafic des urnes et des bulletins de vote. En plus, sa femme étant de l’ethnie tutsie et très proche de la femme de Paul Kagame, Moïse Katumbi offre le profil idéal pour se livrer à ce genre de marché. Les conflits apparents que les deux hommes exhibent au grand jour aujourd’hui, feraient plutôt parti de la stratégie pour crédibiliser facilement Katumbi aux yeux des Congolais qui ne veulent plus de «Kabila».

De toutes les façons, quel que soit le profil de l’homme que « Kabila » choisirait pour conclure ce marché, cela ne modifierait en rien l’agenda de l’APARECO comme je viens de vous le dire : nous combattons, non seulement un homme, « Joseph Kabila », mais tout le système d’occupation mis en place dans notre pays avec ses structures. Nous devons déraciner ce pouvoir avec toutes ses ramifications internes pour garantir la stabilité de notre pays, le République Démocratique du Congo.

23. Monsieur le Président, merci pour votre disponibilité et bonne continuation… et le mot de la fin ?

MR HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA : Je vous remercie d’abord pour l’opportunité que vous m’avez offerte de m’exprimer largement dans les colonnes de votre journal. Je voudrais ici m’adresser aux dirigeants des pays occidentaux et aux sociétés multinationales qui sont impliqués dans la déstabilisation de la RDC depuis 1996 à ce jour. Nous ne sommes pas les ennemis de l’Occident.

Dans notre lutte pour la libération de la RDC, nous nous attaquons particulièrement à tous ces lobbies politiques, économiques et financiers qui composent avec les armées et milices du Rwanda et de l’Ouganda qui se livrent au pillage et qui s’emploient à balkaniser notre pays pour l’annexer aux leurs. Nous leur demandons, dans le cadre d’un esprit démocratique qui défend les valeurs universelles de liberté et de justice dans leurs pays et en faveur de leurs peuples, d’en faire autant pour le peuple congolais et son pays.

Lorsque les pays d’Europe étaient occupés par les Nazis, personne ne leur a imposé l’organisation des élections avec l’occupant allemand. Nous ne demandons pas qu’on nous aide, nous demandons qu’on nous respecte et qu’on ne nous mette pas les bâtons dans les roues lorsque nous combattons pour nous débarrasser des bourreaux qui tuent nos enfants, violent nos femmes et pillent nos richesses. Nous avons certes besoin de la technologie du Nord pour exploiter nos richesses.

Mais nous voulons que les pays industrialisés du Nord transfèrent une partie de leur technologie pour créer de l’emploi et développer nos infrastructures.

Car le Nord n’évoluera pas seul sans le Sud. Car l’avenir de l’humanité dépend étroitement de l’équilibre que les hommes d’aujourd’hui sauront établir demain entre les deux hémisphères Nord et Sud.

Propos recueillis par Roger Jadot

Rédacteur en Chef

e-barotendances.be


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