RDC : Les services de sécurité de «KABILA» à la base de plusieurs cas de violations des droits de l’homme

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image Célestin Kanyama, alias, Esprit de Morts

Dans son rapport mensuel publié mercredi, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), a enregistré au moins « 409 cas de violations » en RDC. Le BCNUDH accuse les agents de la Police nationale (PNC), des Forces armées congolaise (FARDC), de l’Agence nationale des renseignements (ANR) et des autorités administratives d’avoir été « responsables de 216 violations ayant fait 330 victimes ».

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), qui a publié, mercredi 09 septembre 2015 à Kinshasa, son rapport mensuel sur les principales tendances des violations des droits de l’homme commises au mois d’aout 2015 en République démocratique du Congo (RDC), a enregistré au moins « 409 cas de violations » sur l’ensemble du territoire national.

« Le total de 409 violations des droits de l’homme perpétrées au mois d’aout, représente une hausse par rapport au mois de juillet 2015 au cours duquel, nous avions enregistré 393 violations », a souligné le Directeur du BCNUDH en RDC, José Maria Aranaz qui a présenté ce rapport mensuel à la presse.

Il a précisé que « les provinces de l’Est du pays sont les plus touchées, notamment, en province Orientale où 152 violations ont été répertoriées, 149 au Nord-Kivu et 21 au Sud-Kivu ».

Le BCNUDH accuse les agents de la Police nationale (PNC), des Forces armées congolaise (FARDC), de l’Agence nationale des renseignements (ANR) et des autorités administratives d’avoir été « responsables de 216 violations ayant fait 330 victimes ».

José Maria Aranaz a noté par exemple qu’« au cours du mois sous analyse, les agents de l’Etat ont été responsables de 20 cas d’exécutions extra-judiciaires ».

Parmi ces agents étatiques, il a cité notamment « les militaires des FARDC qui seraient responsables du nombre le plus élevé de violations des droits de l’homme, à savoir 93 violations ayant fait 168 victimes ».

« Les agents de la PNC seraient, quant à eux, responsables de 90 violations ayant fait 126 victimes », explique José Maria Aranaz.

En outre, le Directeur du BCNUDH en RDC a fait remarquer qu’en août 2015, les combattants des groupes armés ont été « responsables de 193 violations ayant fait 413 victimes ». 

« Parmi les groupes armés, a-t-il précisé, les combattants de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) ont été les principaux auteurs des violations par le BCNUDH (47 violations ayant fait 161 victimes), suivis des combattants de Front de résistance patriotique de l’Ituri (FPRI) responsable de 43 violations ayant fait 44 victimes ».

Dans le cadre du processus électoral sur l’ensemble du territoire congolais, le BCNUDH a enregistré « 24 violations » au  mois d’août 2015. Selon le rapport, « neuf cas ont été enregistrés au Sud-Kivu, cinq au Nord-Kivu, trois en province Orientale, deux au Kasaï occidental, deux au Kasaï oriental et Maniema, et un cas à Kinshasa : ce qui constitue une hausse significative par rapport au mois précédent », indique le rapport.

A en croire le BCNUDH, les types de violations les plus rapportés sont les atteintes au droit à la liberté et à la sécurité de la personne (11 cas) et à la liberté d’expression (10 cas). « Ceci porte à 122 le total de violations des droits de l’homme en lien avec les élections à venir enregistrées depuis le 01 janvier 2015 », d’après José Maria.

Le BCNUDH « vivement préoccupé »

Par ailleurs, le BCNUDH reste « vivement préoccupé quant aux restrictions à la liberté d’expression dans le pays et la sécurité de ceux qui expriment des critiques envers le Gouvernement et ses actions », a l’instar du mois précédent. 

Les victimes étant des journalistes et des membres de la Société civile, le BCNUDH a enregistré au moins huit cas. Le Bureau s’inquiète du fait  que « les auteurs présumés des violations enregistrées, le mois passé, sont principalement des agents de l’ANR (9 cas) qui agiraient en dehors de leurs attributions légales ».

Dans son rapport d’août, le BCNUDH note cependant « peu de progrès en matière de poursuites judiciaires lancées contre des membres de la société civile et autres opposants politiques, dont la plupart sont en détention préventive à la prison de Makala, à Kinshasa ».

Durant le mois de juillet 2015, le BCNUDH a documenté 43 victimes adultes de violences sexuelles dans les provinces du Nord-Kivu (24) et Orientale (11).

« Les principaux responsables de ces violations pour le mois d’août 2015 seraient les combattants des groupes armés (31 victimes), principalement les combattants des factions Raia Motomboki (8 victimes) et des FPRI (8 victimes) », lit-on dans le rapport.

La section de protection de l’enfant de la Mission de l’Onu en RDC (Monusco) a enregistré « 21 filles victimes de viols dans les provinces affectées par le conflit », ajoute-t-il.

Outre ces cas de violations, le BCNUDH se félicite du fait qu’au mois de juillet 2015, « au moins 19 militaires des FARDC et 10 agents de la PNC ont été condamnés pour des actes constituant des violations des droits de l’homme à travers l’ensemble du pays ».


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