Tracasseries policières : Les conducteurs en RDC sont régulièrement victimes de contraventions non avérées

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image Célestin Kanyama

A Kinshasa, trop de services s’invitent dans la régulation de la circulation routière. Notamment les éléments de la Police nationale congolaise (PNC), ceux de la Police de circulation routière (PCR), des agents de l’ordre en tenue civile appelés communément Bureau 2, les représentants de l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO), ainsi que les agents commis à la vérification des documents d’autorisation de transport. Au Roind-point Ngaba, c’en est trop et les chauffeurs de taxi-bus se plaignent. A cela s’ajoutent l’absence d’arrêts de bus fixes où déposer et embarquer les passagers. Ces conducteurs sont contraints de payer à chaque tour les droits de parking. Ils sont régulièrement victimes de contraventions non avérées dont les amandes oscillent entre 20 et 30 mille francs congolais.

Les policiers en tenue civile se dissimulent derrière les passagers et n’attendent que les receveurs (convoyeurs) ne puissent ouvrir la portière pour prendre d’assaut le véhicule. Les policiers de la circulation routière se disputent parfois le volant avec le conducteur, pour lui ravir la clé de contact. Pour être tranquille, chaque chauffeur doit glisser au creux de la main du policier de PCR un billet de 500 FC. 

Ainsi, le chauffeur qui n’observe pas cette règle est sujet à des arrestations récurrentes. Ce tableau peint partiellement l’ambiance qui règne actuellement au Rond-point Ngaba. " Quel que soit l’endroit où nous stationnons pour prendre les passagers, ce sont soit les policiers, soit les roulages ou les agents en tenue civile qui nous interpellent. A cette allure, nous ne savons plus où est-ce que nous sommes en droit de stationner au Rond-point Ngaba ", se plaint un chauffeur de taxi-bus.

Cette situation pousse de plus en plus les automobilistes à se détourner de cet itinéraire. Outre les conducteurs, ce sont aussi les passagers qui en payent le prix. Parmi ces passagers, il faut noter, entre autres, les étudiants de l’Université de Kinshasa et de l’Institut supérieur des techniques médicales, ainsi que les voyageurs en partance pour la province du Kongo-central. " Je suis à l’arrêt de bus depuis presque plus d’une demi-heure. Il n’y a pas de transport en commun. Les conducteurs descendent un peu plus loin pour prendre les passagers, craignant de se faire prendre par les agents de la police ", indique un étudiant de l’Unikin rencontré sur le lieu.

Le Rond-point Ngaba est l’une des places commerciales les plus en vue de la capitale congolaise. C’est la voie qui mène notamment à l’Université de Kinshasa et à la province de Kongo-central. 

Les paisibles citoyens trouvés sur place lancent un appel à l’endroit de l’autorité urbaine en faveur d’une restauration de la quiétude et de la tranquillité dans ce coin. "Mettre de l’ordre oui, mais pas de tracasserie ", ont-ils martelé à l’unanimité. 

[Orly-Darel NGIAMBUKULU Correspondance particulière]


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