RDC : Mutinerie de Kotakoli, plusieurs filles et femmes sont violées par les miliciens démobilisés des groupes armés

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image Kotakoli - Centre d'enterrement commando, Equateur, RDC.

A Gbadolite dans le nord de l’Equateur, en République Démocratique du Congo (RDC), la population est allée dans la rue où elle a exprimé sa colère contre les miliciens démobilisés des groupes armés nationaux du Nord et Sud Kivu qui sont cantonnés à Kotakoli où ils attendent le processus DDR. Dimanche dernier, ces démobilisés se sont mutinés en s’en prenant violemment à la population locale à laquelle ils ont réservé de viles exactions. Ils ont tout vandalisé, pillé tout ce qui était sur leur passage et violé des filles et des femmes. Les démobilisés ont aussi tenté d’attaquer le magasin des armes de la garnison locale pour avoir l’armement qui allait donner de la consistance à leur mouvement. Les habitants ont connu un dimanche particulièrement noir. Ils exigent que ces ex-combattants des groupes armés soient délocalisés sans délai, vers d’autres cieux, loin du centre-commandos de Kotakoli. 

Surchauffe hier à Kotakoli, 90km de Gbadolite dans le nord de l’Equateur, une agglomération militaire qui héberge le mythique centre d’instruction-commandos depuis l’époque de la colonisation jusqu’au régime du Maréchal-Président Mobutu. La population est allée dans la rue où elle a exprimé sa colère contre les miliciens démobilisés des groupes armés nationaux du Nord et Sud Kivu qui sont cantonnés à Kotakoli où ils attendent le processus DDR.

Dimanche dernier, ces démobilisés se sont mutinés en s’en prenant violemment à la population locale à laquelle ils ont réservé de viles exactions. Ils ont tout vandalisé, pillé tout ce qui était sur leur passage et violé des filles et des femmes. Les démobilisés ont aussi tenté d’attaquer le magasin des armes de la garnison locale pour avoir l’armement qui allait donner de la consistance à leur mouvement. Heureusement qu’ils ont été stoppés par un cordon des Fardc positionnés non loin de là. 

Ces mutins ont fait passer des moments difficiles à Kotakoli qu’ils ont mis sens dessus-dessous. Les habitants ont connu un dimanche particulièrement noir. D’où leur colère exprimée dans la rue hier. Ils exigent que ces ex-combattants des groupes armés soient délocalisés sans délai, vers d’autres cieux, loin du centre-commandos de Kotakoli. Pour leur part, les démobilisés se disent abandonnés par le Gouvernement.

LE RAPATRIEMENT DANS LEURS MILIEUX D’ORIGINE

Ils vivent dans le dénuement total. Ils exigent au pouvoir central leur rapatriement dans leurs milieux d’origine comme convenu. Le gouvernement, par le biais de son porte-parole Lambert Mende Omalanga, a réagi face à cette révolte des démobilisés vivant à Kotakoli. Il ne comprend pas ces revendications qui ne font qu’enfoncer une porte déjà ouverte par leurs revendications. L’exécutif s’apprêtait déjà à les délocaliser sur deux sites notamment les bases militaires de Kamina, dans le Katanga et de Kitona au Bas-Congo. 

On ne connait pas le nombre de ces démobilisés qui sont cantonnés au camp-commandos de Kotakoli. Mais leur mutinerie de dimanche avec la tentative de faire main basse sur le magasin d’armes montre bien qu’on est en face d’un problème auquel il faut donner des réponses : le processus DDR, désarmement, démobilisation et réinsertion. Malheureusement, ce processus évolue souvent à pas de tortue. Souvent les ex-combattants des groupes armés démobilisés et cantonnés dans des sites militaires en attendant la réinsertion se sont toujours plaints d’avoir été abandonnés à leur triste sort par le gouvernement sur des sites d’hébergement. 

Ce qui n’encourage pas des candidats au DDR. L’année passée, toujours à Kotakoli, on a connu une situation confuse dans la population des démobilisés avec leurs dépendants évalués à 900 personnes. Ils n’avaient aucune rente de survie. Certaines sources avaient fait état des cas de morts de femmes et d’enfants pour malnutrition. 

Aujourd’hui, c’est toujours le même centre de Kotakoli qui est à l’œuvre avec des démobilisés du Nord et Sud Kivu. Ils sont issus des groupes " MaÏ-Maï " qui ont volontairement déposé les armes. 

Leur difficulté dans des sites de cantonnement est toujours exploité à dessein par de nombreux groupes armés hostiles à la reddition qui font comprendre aux combattants qui désarment est égal aux souffrances. Du reste, c’est une portion très négligeable qui se présente, jusqu’ici, au DDR pour les groupes armés locaux. 

Plus de cinq groupes " Maï-Maï", parmi les mieux structurés et les plus redoutables qui sont dans l’axe Masisi-Walikale, à quelque 100 km de Goma et à un jet de pierre de la frontière rwandaise. Il y a le NDC-CHEKA qui vient de faire alliance avec le " Raïa Mutomboki " avec qui ils ont installé des barrages routiers dans le secteur pour percevoir l’impôt.

Il y a la milice Hunde, l’APLSC de Janvier Kalairi. Il y a aussi les " Raïa Mukombozi ", les " Kifwafwa " et les Hutu congolais des " Nyatura ". Tous sont en principe à être démobilisés pour aller au DDR comme ceux qui se sont mutinés à Kotakoli. 

[KANDOLO M.]


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