RDC : MOBUTU a exécuté KUDIAKUBANZA pour avoir fomenté un coup d’Etat

Font size: Decrease font Enlarge font
image Mobutu.

L’auditeur général militaire Jean de Dieu Kudiakubanza, alias Kuku Jean de Dieu, a été exécuté par Mobutu pour avoir fomenté un coup d’Etat. Il adresse une lettre au président Marien Ngouabi de la République du Congo Brazzaville, en ce moment là en froid avec son collègue de l’autre rive du fleuve Congo, pour lui tendre la main. » : Mon cher Mbuta, la dictature de Mobutu a dépassé le seuil du tolérable. Celle de l’ancien chef d’Etat allemand, Adolphe Hitler,  était encore supportable. On doit faire tout pour éliminer le petit bonhomme. J’ai un groupe, mais je manque des moyens pour agir. Le combat doit se dérouler à Kinshasa, et non ailleurs «. Kudiakubanza charge une femme commerçante faisant régulièrement la navette entre Kinshasa et Brazzaville pour acheminer cette lettre au commandant Marien Ngouabi. Peine perdue ! Cette lettre a été interceptée par le service de sécurité de Mobutu au beach Ngobila. La femme est arrêtée. La nouvelle arrive chez Mobutu. Il ordonne l’arrestation immédiate de Kuku Jean de Dieu. Après  un simulacre de jugement militaire organisé au camp Kokolo, la sentence a été sans appel. Kudiakubanza doit être exécuté. Ce qui fut fait.

Ancien compagnon d’armes de Mobutu, Kuku Jean de Dieu a précipitamment  quitté l’armée. En chômage, il a tenté en vain de rencontrer Mobutu pour un repositionnement. Toutes les démarches effectuées à la présidence de la République ont été sans succès.

Au parfum d’un imminent voyage de Mobutu dans la ville de Kisangani, Kuku Jean de Dieu a vidé les petites économies qui lui restaient encore pour effectuer le déplacement du 3ème pôle économique de la RDC, y précédant Mobutu.

Il s’est arrangé pour prendre place dans le rang des officiels devant saluer Mobutu à l’aéroport, au bas de la passerelle. Il arrive devant Kudiakubanza. Il le reconnaît. Il le salue chaleureusement. Vives les retrouvailles. Mobutu demande à son  ancien ami de ce qu’il était devenu. Kuku Jean de Dieu lui dit qu’il était en chômage ; en quête du travail. Mobutu l’invite à le rencontrer à Kinshasa. Il responsabilise Seti Yale, son conseiller principal en matière de sécurité pour l’introduire dans son cabinet de travail. Ce qui fut fait. Mobutu le nomme auditeur général militaire.

Son acte de nomination en poche, il a abusé de son pouvoir pour encourager le commerce illicite du diamant. Mis au courant de ce dérapage, Mobutu le révoqua de l’armée. Car, il est incompatible, plutôt inconcevable qu’un militaire exerce le commerce. Il autorise également à ses hommes de lui ravir tous ses biens meubles et immeubles.

Kuku Jean de Dieu se retrouve de nouveau en chômage : sans ressources. Très aigri, il décide de fomenter un coup d’Etat militaire. Il adresse une lettre au président Marien Ngouabi de la République du Congo Brazzaville, en ce moment là en froid avec son collègue de l’autre rive du fleuve Congo, pour lui tendre la main.

Kudiakubanza charge une femme commerçante faisant régulièrement la navette entre Kinshasa et Brazzaville pour acheminer cette lettre au commandant Marien Ngouabi. Peine perdue ! Cette lettre a été interceptée par le service de sécurité de Mobutu au beach Ngobila. La femme est arrêtée, acheminée au cachot du Centre national de documentation (CND).

La nouvelle arrive chez Mobutu. Il ordonne l’arrestation immédiate de Kuku Jean de Dieu. Mobutu convoque un meeting populaire au stade Tata Raphaël, plein comme un œuf. Il invite Kuku Jean de Dieu à lire personnellement publiquement sa lettre. Il la lie avec un accent  marseillais (il était un juriste cultivé).

Dans cette lettre, il a écrit :  » Mon cher Mbuta, la dictature de Mobutu a dépassé le seuil du tolérable. Celle de l’ancien chef d’Etat allemand, Adolphe Hitler,  était encore supportable. On doit faire tout pour éliminer le petit bonhomme. J’ai un groupe, mais je manque des moyens pour agir. Le combat doit se dérouler à Kinshasa, et non ailleurs « .

Mobutu au plus for de son pouvoir, quittait momentanément son siège du stade Tata Raphaël pour aller bousculer le lecteur de la lettre, l’invitant à reprendre certaines phrases sensibles le concernant, notamment ;  » On doit faire tout pour éliminer ce petit bonhomme et le combat doit se dérouler à Kinshasa,  et non ailleurs « . Cette dernière phrase a suscité une liesse générale. Le stade Tata Raphaël s’est explosé, il a vibré à l’instar d’une grande équipe de football qui venait de maquer un but victorieux. Ce tintamarre, mieux, ce vacarme assourdissant, n’était pas pour soutenir la démarche de Kudiakubanza, mais plutôt pour la désavouer. Le Kinois, pacifique, a horreur de la guerre, de la fusion du sang sur son sol. Moi qui vous écrit, présent au stade Tata Raphaël en ce moment, j’ai applaudi frénétiquement pour saluer le service de sécurité qui a désamorcé ce coup macabre. J’ai crié à tue-tête, à gorge déployée. Ma voix a même tari.

Après  un simulacre de jugement militaire organisé au camp Kokolo, la sentence a été sans appel. Kudiakubanza doit être exécuté. Ce qui fut fait.

[N. Nienga]


Cet article a été lu 5988 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0