Attaque du camp Tshatshi : Les explications données jusqu’ici ne convainquent pas du tout sur « des Ecuries »

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image Garde Républicaine de Joseph KABILA

Mouvements hier sur « des Ecuries », siège de la VSV, à Kinshasa-Ngaliema. Il s’y est tenu la conférence de presse animée par le 1er directeur exécutif adjoint Rostin Manketa sur les événements survenus au camp Tshatshi, avec la tentative d’infiltration d’un groupe d’assaillants le mardi 22 juillet dernier en début d’après-midi. D’entrée de jeu, cette Ong de défense des droits de l’homme déplore qu’il y ait eu mort d’homme, aussi bien du côté de civils que des militaires dont un soldat de la Garde républicaine, découpé à la machette selon certaines informations. Ce qui est une violation flagrante des droits humains que condamne avec la dernière énergie la VSV.

Quant à l’action elle-même, c’est-à-dire, la tentative d’infiltration d’un camp considéré comme une forteresse imprenable de toutes les unités des Fardc vu qu’il est la base de la Garde républicaine, le fleuron des forces armées. On ne comprend pas que des individus sommairement armés aient pu s’y infiltrer et opérer sans avoir été détectés par d’innombrables Services de renseignements civils et militaires qui pullulent dans la ville de Kinshasa. 

La VSV. demande, par ailleurs, instamment au gouvernement de s’expliquer devant la nation sur cette attaque qui sort de l’ordinaire. Les explications données jusqu’ici ne convainquent pas du tout sur « des Ecuries ». Il faut donc plus. Car le constat qui se dégage est que ces événements du camp Tshatshi ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux que les Congolais ont connus récemment.

DES SITES HAUTEMENT SECURISES

Plus exactement le 30 décembre 2013 avec l’attaque sans coup férir des sites stratégiques hautement sécurisés comme la RTNC, l’Etat-major général des Fardc sur les hauteurs de Binza et l’aéroport international de N’Djili, pour ce qui est de Kinshasa. Mêmes attaques au niveau de Lubumbashi au Katanga et Kindu au Maniema. 

Ces attaques ont occasionné des dizaines de morts, de nombreux blessés, des rançonnements, des extorsions des biens ainsi que la terreur instaurée par certains soldats de la Garde républicaine. L’infiltration du camp ressemble aussi à cette autre attaque de la résidence du chef de l’Etat le 27 février 2011. 

Dans tous ces cas connus, les enquêtes ont piétiné si bien que l’opinion a rarement été éclairée sur les faits. Ces attaques à répétition souvent sans suite jette des troubles dans les esprits. Qu’est-ce qui s’est passé ? La VSV revient sur moult hypothèses émises en l’absence de la vraie information devant venir des Services de renseignements. 

Qu’en est-il de l’identité des assaillants ? Ici également la VSV note plusieurs versions qui s’entrechoquent dont celle officielle qui parle des assaillants armés, des inciviques armés de machettes, de couteaux ou des inciviques Enyele qui ont tenté de libérer leurs compagnons incarcérés dans les geôles du camp Tshatshi etc. 

Ici aussi comme là, la VSV constate que le flou artistique demeure total. Pour ce qui est du bilan, de cette attaque, il est de 7 morts côté assaillants, 2 blessés chez les loyalistes dont un a succombé des suites de ses blessures. Mais les civils ont aussi payé le lourd tribut comme d’habitude. 

C’est entre autres cas documentés par la VSV, Mme Nsamba Rachel, 60 ans révolus, mariée et mère de 8 enfants grièvement blessée à la jambe droite par une balle tirée à travers la porte par trois militaires qui ont pénétré dans la parcelle. 

En ce qui concerne l’utilisation des machettes dont la VSV s’est fait l’écho comme par exemple la décapitation du soldat de la GR, cette Ong est très préoccupée. D’autant qu’en Centrafrique voisine de la Rdc par sa frontière nord, on déplore le règne de la machette qui a fait des dizaines de morts par décapitation.

METTRE FIN AU REGNE DE LA MACHETTE

La VSV exhorte le gouvernement congolais à mettre tout en œuvre pour en finir avec le règne de la machette et mettre hors d’état de nuire tous ceux qui y recourent pour porter atteinte au droit à la vie et à l’intégrité physique. 

Il est en plus demandé aux autorités congolaises d’éviter de faire l’apologie de la machette par des expressions comme « des inciviques armés de machettes « à moins que cela ne réponde à une politique savamment mise en place pour créer la psychose dans la population. 

Quant au Président Joseph Kabila, la VSV lui demande en tant que garant de la nation de faire diligenter une enquête indépendante afin de faire la lumière sur cette affaire, établir les responsabilités et surtout sanctionner les auteurs et leurs commanditaires, publier leurs noms. 

Il doit aussi faire respecter le droit de la population à l’information surtout lorsqu’une situation grave menace la vie et la sécurité des personnes. Ce n’est pas tout. Le chef de l’Etat est appelé à prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour anticiper sur ce genre d’événements, ce qui éviterait à coup sûr leur récurrence à l’avenir. Ce n’est que par l’anticipation au niveau des Services d’intelligence qu’on évitera ce qui s’est produit le 30 décembre 2013 avec les adeptes de « Mukungubila » qui avaient aussi réussi à atteindre le nef du pouvoir. 

KANDOLO M.


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