RDC : L'intégration des groupes armés dans l'armée nationale se fera cas par cas

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image FARDC, femmes

Pour le gouvernement de la RDC, l'intégration des éléments des groupes armés dans les FARDC se fera cas par cas, en examinant minutieusement le dossier de chaque candidat. Seuls les membres des groupes armés à qui ils ne pèsent aucune charge des violations des droits de l'homme ou d'exactions contre les populations civiles, seront acceptés pour faire partie de l'armée nationale. Cette mesure concerne également les dirigeants politiques des groupes armés. Pour intégrer les institutions du pays, ils ne doivent non plus trainer dernière eux de lourdes charges des crimes de guerre et crimes contre l'humanité ou encore des graves violations des droits de l'homme.

Le gouvernement provincial du Nord Kivu et la Mission de l'organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), ont entamé le week-end dernier une campagne de sensibilisation auprès des groupes armés, visant à les faire dissuader de déposer les armes et d'arrêter la guerre.

 Pour ce premier contact, le vice-gouverneur du Nord Kivu, Feller Lutahichirwa et le chef du bureau de la Monusco à Goma, se sont entretenus le samedi 21 septembre courant avec des délégués des groupes armés Maï Maï Kifwafwa et Maï Maï Rahiya Mutomboki, dans la localité d'Itebero, située à 36 kilomètres du chef-lieu du territoire de Walikale.

Dans un discours clair et direct le vice-gouverneur de la province du Nord Kivu a expliqué aux délégués de deux groupes rebelles que l'intégration des groupes armés  dans les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ne se fera plus de manière massive comme par le passé. "Le recrutement est ouvert à tous les Congolais. Mais, ca sera un recrutement individuel. Il n'y aura pas de recrutements des groupes armés. Les gens devraient s'abstenir d'aller dans un quelconque groupe armé, parce que ça ne sera plus la voie par laquelle on pourra accéder massivement à l'armée où à la police ou à un quelconque autre poste. La paix, c'est une recette qui ne va pas être marchandée par quiconque'', a-t-il soutenu devant ses interlocuteurs.

En fait, la déclaration de M. Feller Lutahichirwa ne traduit que la position du gouvernement congolais, qui s'inscrit dans le cadre de la lutte contre l'impunité à l'égard des hommes armés auteurs des violations graves des droits de l'homme, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Cette démarche bénéficie d'ailleurs du soutien et de l'accompagnement de la mission onusienne et de la communauté internationale.

C'est un secret de Polichinelle, les groupes armés qui pullulent dans la partie orientale sont véritablement connus pour être les repères ou les refuges de prédilection des criminels notoires et autres personnes recherchées par la justice pour des exactions commises contre les populations civiles.  Ils se font membres des groupes armés pour échapper et éviter de réponde de leurs actes éminemment répréhensifs devant la justice.

Décidemment, la roue a tourné et le temps où ces hors-la-loi pouvaient encore jouir de la complicité criminelle de leurs parrains ou mentors tapis dans l'ombre, est révolu, au point d'être accusés de mêmes faits. Ils ne peuvent donc pas se plaindre de leur sort, car ils sont en train d'être rattrapés par tout ce qu'ils ont commis comme atrocités. C'est la loi de la nature.

Une mesure également valable pour les dirigeants politiques des groupes armés

Pour le gouvernement, l'intégration des éléments des groupes armés dans les FARDC se fera cas par cas, en examinant minutieusement le dossier de chaque candidat. Seuls les membres des groupes armés à qui ils ne pèsent aucune charge des violations des droits de l'homme ou d'exactions contre les populations civiles, seront acceptés pour faire partie de l'armée nationale.

Cette mesure concerne également les dirigeants politiques des groupes armés. Pour intégrer les institutions du pays, ils ne doivent non plus trainer dernière eux de lourdes charges des crimes de guerre et crimes contre l'humanité ou encore des graves violations des droits de l'homme.

C'est depuis le mois d'août dernier que les Maï Maï Kifwafwa et les Maï Maï Rahiya Mutomboki  ont exprimé au gouvernement national, leur volonté de déposer les armes et de privilégier la restauration de l'autorité de l'Etat dans les localités sous leur contrôle.

A l'issue de quatre jours de discussions tenus au mois d'août dernier, avec quelques notables du territoire de Walikale, ces deux groupes armés avaient pris la décision de déposer les armes et de renoncer à la rébellion en signant un acte d'engagement.

Plus d'une fois, les Maï Maï Kifwafwa et les Maï Maï Rahiya Mutomboki ont renouvelé leur souhait d'intégrer les FARDC. Ils ont même exigé la reconnaissance de leurs grades actuels par la hiérarchie de l'armée nationale.

Un jour avant cette rencontre avec les deux groupes armés à Itebero, le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations Unies en RDC, Abdallah Wafy, a affirmé que la Monusco était prête à accompagner les groupes armés qui accepteraient de déposer les armes "pour s'inscrire dans une logique de paix, de réconciliation nationale et pour résoudre tous les différends par la voix pacifique".

Vraisemblablement, la pression exercée par les FARDC appuyées par les forces de la Monusco ce dernier temps sur les différentes fractions rebelles n'est pas étrangère aux nombreuses redditions des éléments  de différents groupes armés dans les bases de la Monusco et auprès de l'armée nationale. Elle explique également comme on peut se rendre compte, plusieurs demandes des groupes rebelles de déposer les armes et d'intégrer le processus de paix.

D'ailleurs, dans le registre des redditions, la mission onusienne souligne que du 9 septembre courant à ce jour, il y a eu au total 31 éléments en provenance de différents groupes armés qui se sont rendus aux troupes de la Monusco, aux FARDC, ainsi qu'aux différents bureaux de la section DDRRR (Désarmement démobilisation réintégration réinsertion et rapatriement) déployés dans la province, notamment à Sake, Katale, Nyamilima, Nyanzale, Walikale, Kanyabayonga, Kiwanja, Kisheguru, Ishasha et Kitchanga.

Dovin Ntelolo Diasonga


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