Guerre au Congo : La Belgique s’oppose à l’intégration du M23 aux FARDC

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image Didier REYNDERS et Joseph KABILA

La République Démocratique du Congo (RDC) a fait le «maximum» dans les pourparlers de sortie de crise avec le Mouvement du 23 mars (M23), a estimé hier mercredi le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders. «Je crois qu’en matière d’impunité et de réintégration il y a des limites, une ligne rouge à ne pas franchir. J’ai le sentiment - après on peut toujours discuter à la marge - mais j’ai le sentiment que le maximum a été fait» par le gouvernement congolais, a déclaré le ministre lors d’un point-presse, au dernier jour de sa visite en RDC. «Je pense que l’autorité congolaise est allée au-delà de ce qui est possible. (. . . ) On ne peut pas demander aux Congolais, et moi je souhaite d’ailleurs qu’ils ne le fassent pas, de réintégrer dans l’armée et sur place des gens qui se sont rebellés une fois, deux fois, trois fois», a-t-il ajouté. «A force d’incorporer des indisciplinés, on incorpore l’indiscipline», a-t-il insisté.

Depuis Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu où il se trouve, le Lt-Colonel Félix Prospère Basse, porte-parole militaire de la Monusco a indiqué au cours de la conférence de presse hebdomadaire des Nations Unies tenue que les rebelles du M23 maintiennent toujours ses positions à Kibati, dans la région des Trois Tours.

En effet, la localité de Kibati est située à 12 Km de la ville de Goma, dans le territoire de Nyiragongo et a été le théâtre des violents combats le 14 juillet courant entre les rebelles du M23 et les FARDC où ces dernières avaient pris le dessus sur les hommes d’Emmanuel Sultani Makenga.

Le chef rebelle a tenu dernièrement à Kibumba, une réunion d’évaluation des activités trimestrielles du M23.

Les rapports souterrains de cette réunion font état de trois cent vingt cinq (325) éléments de ce mouvement tués ; et quatre cent dix (410) autres blessés, suite aux derniers affrontements contre les FARDC dans les  régions de Mutaho et Kibati.

Malgré la perte en vie humaine subie par les rebelles du M23, les hommes de Makenga menacent de reconquérir la ville de Goma.

C’est ainsi que  les casques bleus de la Monusco sont sur le qui vive et conduisent les patrouilles intensives, afin de prévenir, mais aussi interdire, toutes progressions des groupes armés dont le M23 contre la ville de Goma.

Ainsi, dans le cadre de l’opération «Formidable », les éléments du génie du contingent sud –Africain ont érigé une muraille autour du périmètre de l’aéroport de Goma, en vue d’assurer une sécurité optimale aux activités aériennes, tant civiles que militaires.

D’autres militaires de la Monusco d’infanterie motorisés indiens et Egyptiens ont été déployés sur l’aeroport de Goma, afin d’en assurer la sécurité face à toute incursion des groupes armés dont le M23, a indiqué le Lt-colonel Félix Prospère Basse.

La Belgique s’oppose à l’intégration du M23 aux FARDC

La République démocratique du Congo (RDC) a fait le «maximum» dans les pourparlers de sortie de crise avec le Mouvement du 23 mars (M23), a estimé hier mercredi le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

«Je crois qu’en matière d’impunité et de réintégration il y a des limites, une ligne rouge à ne pas franchir. J’ai le sentiment - après on peut toujours discuter à la marge - mais j’ai le sentiment que le maximum a été fait» par le gouvernement congolais, a déclaré le ministre lors d’un point-presse, au dernier jour de sa visite en RDC.

«Je pense que l’autorité congolaise est allée au-delà de ce qui est possible. (. . . ) On ne peut pas demander aux Congolais, et moi je souhaite d’ailleurs qu’ils ne le fassent pas, de réintégrer dans l’armée et sur place des gens qui se sont rebellés une fois, deux fois, trois fois», a-t-il ajouté.

«A force d’incorporer des indisciplinés, on incorpore l’indiscipline», a-t-il insisté.

Le ministre est aussi revenu sur l’accord-cadre du 24 février, signé par onze pays africains, dont le Rwanda et l’Ouganda. Des experts de l’ONU affirment que ces deux voisins de la RDC soutiennent le M23, ce qu’ils ont toujours catégoriquement démenti.

«Il faut que tous les pays, les 11, participent de manière positive à la mise en œuvre des accords d’Addis-Abeba, et donc c’est clair qu’on a besoin de voir en Ouganda, au Rwanda - une volonté de participer à la solution, et ne pas être accusés de participer au problème», a souligné Didier Reynders.

«Il faut donner du temps au temps (. . .) mais les attentes sont très, très élevées dans la population et à un moment donné, ça va être une perte de crédibilité totale pour la communauté internationale si rien ne change» après l’accord-cadre et l’envoi d’une brigade d’intervention de l’ONU, a-t-il prédit.

Cette brigade, en cours de déploiement, doit renforcer la Monusco. Dotée d’un mandat offensif, la brigade doit compter 3069 hommes chargés de combattre les groupes armés de l’Est congolais, M23 en tête.

Didier Reynders a notamment évoqué ces questions sécuritaires mercredi avec le président congolais Joseph Kabila, puis avec le Premier ministre Augustin Matata Ponyo.

Lundi, ce sujet avait été abordé avec le chef de la diplomatie congolaise Raymond Tshibanda.M. Reynders est arrivé dimanche à Kinshasa.

Il quitte mercredi la RDC, ancienne colonie belge, via Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale de la province du Katanga. Il s’envolera ensuite pour Nairobi et Le Caire pour la suite de son périple africain.

[Godé Kalonji Mukendi]


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