RDC : L’armée congolaise est montée en puissance

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image FARDC

Une hirondelle ne fait pas le printemps. Attention à nos communiquants, officiels, officieux, estampillés, non estampillés. Le pays traverse l’une de ces périodes trouble qui ont toujours jonché son histoire et, déjà, sur scène, les acteurs se cherchent une voie: le positionnement. Mieux, le repositionnement. Le but: se reproduire... Sentiraient-ils la fin proche? Pourquoi les meilleures œuvres des Congolais sont-elles à ce point brocardées par ce Congo bashing? Sous Mobutu, le phénomène avait intensément été observé! Voici qu’il refait surface. Chasser le naturel, il revient au galot...

Le phénomène a pris de telles proportions...!

Le pays a beau se surpasser, produire des prodiges, il s’en trouve des Congolais pour dénigrer. Le ver est dans le fruit! C’est le cas de la fibre optique congolaise qu’à l’international, on salue unanimement (lire pages 5-9, 24, éd. papier). Au Congo, jamais, on est content que ce sont d’autres... C’est le Chef de l’État qui le dit, lors de son discours en déc. 2010 sur l’état de la Nation, citant une parole de la Bible: «Si vous ne croyez pas à mes paroles, croyez au moins à mes œuvres».

LA PEUR CHANGE DE CAMP.

Ce sont des prodiges que nos FARDC opèrent sur le théâtre des combats au Kivu. Les fameux rebelles du M-23 pouvaient railler les «vieillards tanzaniens et sud-africains», désormais, ils sont réduits jour après jour à se fendre d’un communiqué plaintif. Là où on attendait l’annonce d’actes héroïques, on apprend que les FARDC ont eu recours aux FDLR rwandais - comme si les Congolais ne savaient être combatifs qu’aux côtés des... Rwandais - ou ont bénéficié d’une «passe» des forces onusiennes de la Monusco. Que les Onusiens soient aux côtés des forces loyalistes et qu’ils leur viennent en appui, le contraire serait mystère. Comment ne pas accréditer la thèse selon laquelle les rebelles du M23 seraient désormais des gueux en déliquescence au moins présentement? Ou leurs lignes de ravitaillement ne suivraient plus - la concentration dans la région de forces rend difficiles les voies de ravitaillement autrefois actives - ou le commandement des rebelles connaîtrait des défaillances. Ceux qui disent que le «Chef de guerre» Sultani Makenga aurait été blessé aux combats et serait mis hors combats auraient-ils tort? Reste que sur le terrain, les forces loyalistes n’ont jamais eu vent aussi en poupe. Dimanche 14 juillet, au début de cette reprise des combats, des sources gouvernementales avaient fait part d’une véritable hécatombe dans les rangs ennemis. Les communiquants avaient été dubitatifs. Le Congo bashing...

Voilà que confirmation vient de New York, au siège des Nations Unies. Plus de 120 rebelles du M23 ont été tués depuis la reprise des hostilités dimanche à Mutaho, à une dizaine de kilomètres des Goma. «Depuis mercredi, des images des cadavres du M23 en train d’être profanés à l’aide des douilles d’obus circulent sur le Web. Sur d’autres photos, on peut voir des rebelles en vie en train d’être tournés humiliés en public», écrit le site d’information des forces onusiennes. Mercredi, l’armée congolaise a intensifié les bombardements sur les positions du M23 à Kibati, à une vingtaine de kilomètres de Goma.

Des chars, des mortiers et des mitrailleuses lourdes montées sur des affuts ont pilonné pendant une partie de l’après-midi les positions du M23. Comme la veille, trois hélicoptères de l’armée sont intervenus contre les positions rebelles en tirant des roquettes.

La peur a changé de camp. Des reportages de presse parlent des soldats en tenue de l’armée rwandaise...

Le site d’information de poursuivre: «Ban Ki-moon s’est dit «profondément préoccupé» par ces allégations de mauvais traitements de détenus du M23 et de profanation de cadavres des combattants de ce groupe rebelle par les forces armées congolaises. Il a souligné que les mauvais traitements infligés aux détenus constituent une violation des droits de l’Homme et du droit humanitaire international.

La Monusco a soulevé cette question au plus haut niveau avec les FARDC et «se félicite des mesures prises par l’armée congolaise pour donner suite à ces allégations et sanctionner les auteurs de ces actes»».

«Quand le soleil brille pour d’autres, la nuit a beau vous tomber dessus, à un moment ou un autre, arrive votre tour!», avait su dire à Muanda le 8 juillet, le ministre des PT&NTIC, Tryphon Kin-kiey Mulumba.

DES TIRS D’OBUS AMIS. 

Mercredi 17 juillet, un porte-parole militaire des FARDC, le colonel Olivier Hamuli, a eu ces mots, devant un début de panique observée la veille au chef-lieu du Nord-Kivu. Des tirs à l’arme lourde étaient entendus faisant craindre un rapprochement des combats vers la ville, ce qui signifierait un avantage du M23. Il s’agissait au contraire de tirs loyalistes «amis».

Ces tirs, a expliqué le colonel, étaient l’œuvre des FARDC. «Nous sommes en train de prendre l’avantage, jour après jour, sur l’ennemi avec des positions confortables. Il n’y a pas à s’inquiéter. La ville de Goma est calme. Les détonations entendues dans cette ville sont celles de nos armes lourdes et ce n’est pas le M23 qui pilonne à côté de la ville».

Sarcastique, Hamuli de poursuivre: «Les rebelles du M23 n’ont pas vu, cette nuit, la lumière de la ville de Goma». La ligne de front s’est déplacée à Kibati situé à environ 20 km au Nord de Goma. Expliquant que les otages capturés sur le champ de bataille seront traités comme des prisonniers de guerre en vertu de la convention de Genève de 1949. Même les Onusiens se réjouissent de ce regain de combativité des FARDC...

La déconfiture militaire des rebelles observée au Kivu a lieu quand au plan diplomatique, on assiste à un recul de la position de Kigali.

Il y a eu cette double détonation venue de Johanesbourg envoyée par deux ex-hommes forts du régime de Kigali: le général Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état major de l’armée rwandaise et le colonel Patrick Karegeya, ancien chef des services de renseignement extérieur du Rwanda. Les deux hommes ont fui le Rwanda et vivent en exil en Afrique du Sud. Dans deux interviews accordées à une envoyée spéciale de Rfi, Sonia Rolley, les deux officiers qui avaient occupé des positions clés au sein de l’APR, l’Armée patriotique rwandaise se disent prêts à rencontrer le juge français Marc Trévidic en charge de l’enquête sur la mort du président Habyarimana, qui a donné le départ au génocide.

RENCONTRE À DAR-ES-SALAAM.

À la question: «Vous accusez aujourd’hui le président Kagame d’être derrière l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana, avez-vous des preuves de son implication?», réponse de Karegeya: «Si nous n’en avions pas, nous ne dirions pas ça. Évidemment, nous en avons. Nous ne spéculons pas. Nous ne sommes pas comme ceux qui essaient d’enquêter, qui disent que le missile venait de Kanombé (le camp militaire des FAR, l’armée rwandais de Juvénal Habyarimana à l’époque). Nous savons d’où les missiles sont partis, qui les a acheminés, qui a tiré. Nous ne spéculons pas. On parle de quelque chose que l’on connaît».

À la question: «Général Kayumba Nyamwasa, vous avez accusé le président Kagame d’être responsable de l’attaque qui a coûté la vie à Juvénal Habyarimana. De quel type de preuves disposez-vous?», réponse: «J’étais en position de savoir qui est responsable de l’attaque. Je ne me cache pas. Le rapport sur l’attentat (celui du juge anti-terroriste Bruguière) a été publié quand j’étais en Inde. Je n’ai pas fui et suis resté à mon poste. Et les Français, s’ils le souhaitaient, auraient pu venir me parler. Et même maintenant, je suis toujours prêt à leur parler. Ce que je sais sera une affaire entre la justice et moi. Je suis prêt à leur apporter toutes les preuves dont je dispose. À l’époque, j’étais responsable des renseignements militaires. C’est impossible que je ne sois pas au courant de qui a mené l’attaque et de ce qui s’est passé».

Puis: «Donc vous êtes prêt à témoigner en France, par exemple?» R: «Sans aucun doute, évidemment, oui. Je serai amené à le faire un jour». Puis: «Même si vous êtes accusé d’y avoir participé? Vous irez répondre à ces accusations?» Réponse: «Être accusé, ce n’est pas la même chose que d’être coupable. Je suis accusé, mais pas coupable. J’ai la conscience tranquille».

Tout ça alors que les relations se dégradent dangereusement entre les présidents rwandais et tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete.

Qui sait le rôle de mentor qu’a joué Dar es-Salaam lors des années des guerres révolutionnaires en Ouganda et... au Rwanda comprend que le vent est peut-être en train de tourner dans la région des Grands lacs. On rappelle le tout récent passage en Tanzanie de Barack Obama et sa rencontre avec un certain... Kikwete. Tout ça après les déclarations historiques de Kikwete au sommet de l’UA sur le dialogue de chacun avec ses rébellions...

[ALUNGA MBUWA]


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