RDC : L'armée congolaise est en train de renverser la vapeur aux Kivu

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Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), sont  en train de renverser la vapeur. Il y a de quoi. On les prend au sérieux depuis qu’ils ont réussi à  stopper d’eux-mêmes, sans appui de la Monusco, la tentative de marche du M23 sur Goma en les stoppant à partir de Mutaho et en leur infligeant des lourdes pertes en hommes et en matériels. Les loyalistes sont prêts à frapper à nouveau le M23 à Mutaho s’il s’y risque une nouvelle fois. Mêmement pour Kibumba à 10km de là où ils les avaient pourchassés la semaine dernière avant que la Monusco n’intervienne pour leur demander de revenir sur leur position de départ.

Les hommes des Fardc sont arrivés, depuis la nuit d’hier, à Mutaho, territoire de Nyiragongo, à 10 km de Goma. C’est là que, la semaine dernière ils avaient fait battre en retraite les rebelles du M23 lourdement armés et soutenus par des soldats rwandais. Ils sont revenus à la charge pour ratisser de fond en comble Mutaho. Les éléments des Fardc sont conséquemment armés, bien motivés pour défendre cet important avant-poste, passage obligé de tout assaut sur Goma.

Ils y ont installé un dispositif dissuasif pour prévenir toute surprise désagréable comme celle que vient de tenter les rebelles. Tous les villageois de Mutaho ont fui et se sont réfugiés à l’abri en brousse. Les Fardc occupent momentanément les maisons laissées vides par les villageois sauf l’école selon des ordres strictes qui leur ont été donnés par la hiérarchie. C’est ce qu’indique le colonel Olivier Hamuli, porte-parole des FARDC pour le Nord-Kivu qui s’est exprimé devant les journalistes présents à Mutaho pour constater les faits. C’est la ligne de front. On y voit d’ailleurs la batterie des missiles du M23 installée sur la colline de Nyirangongo où les rebelles veillent le doigt sur la gâchette.

Les FARDC, sont  en train de renverser la vapeur. Il y a de quoi. On les prend au sérieux depuis qu’ils ont réussi à  stopper d’eux-mêmes, sans appui de la Monusco, la tentative de marche du M23 sur Goma en les stoppant à partir de Mutaho et en leur infligeant des lourdes pertes en hommes et en matériels. Les loyalistes sont prêts à frapper à nouveau le M23 à Mutaho s’il s’y risque une nouvelle fois. Mêmement pour Kibumba à 10km de là où ils les avaient pourchassés la semaine dernière avant que la Monusco n’intervienne pour leur demander de revenir sur leur position de départ.

Ils sont même prêts à aller opérer sur les positions des rebelles plus loin, à Rutshuru par exemple. Quand l’armée nationale opère sur le territoire national dont il a mission d’assurer la sécurité des biens et des personnes, elle ne peut demander l’autorisation à qui que ce soit. Car, d’un côté, il y a l’armée des loyalistes et, de l’autre, des gens qui ont pris les armes pour se rebeller contre l’Etat congolais. Ceux-ci sont en rupture avec la loi.

Dans ce cas, ils peuvent être traqués à tout moment. Il est donc inconcevable, pour de telles missions, que la Monusco ou la CIRGL intervienne pour demander à l’armée nationale de quitter une position qu’elle venait de reconquérir au profit du peuple congolais. Pour être plus clair, Il ne s’agit, ni plus ni moins, que du recouvrement d’une partie du territoire national illégalement occupée par les  rebelles.

Le numéro un de la CIRGL, le Président ougandais Yoweri Museveni qui a aussi ses propres rebelles qui sont la LRA et les ADF/NALU, peut-il comprendre qu’un organisme demande à son armée de rendre aux rebelles la partie du pays qu’elle venait de lui arracher ? Or, ce sont ces aberrations qui sont appliquées en RDC. L’armée nationale, qui exerce la souveraineté de l’Etat, ne peut jamais être placée sur le même pied d’égalité qu’une rébellion, qui n’est qu’une force négative opérant en marge de la loi. A tout moment, l’armée est fondée à monter des opérations militaires pour la démanteler.

STATUT D’ETAT DANS UN ETAT

Les Ougandais et les Rwandais sont venus en Rdc en opérations conjointes avec l’armée congolaise pour traquer leurs rébellions respectives. Comment se fait-il que pour la rébellion du M23, ces principes ne s’appliquent plus et qu’elle soit subitement considérée comme ayant un statut d’ « Etat » dans l’Etat RDC?. Tout cela puisque cette rébellion du M23 protège d’importants intérêts outre de leurs parrains rwandais et ougandais, de certaines puissances de la maffia financière internationale.

Même le CALCC, le Conseil de l’apostolat des laïcs catholiques du Congo, un organisme de l’Eglise catholique qui rassemble la crème intellectuelle de cette Eglise, est arrivé à ce constat dans son communiqué de presse sur la CENI publié à Kinshasa le 29 mai 2013 où il soutient au point 3 : « Nous voulons le dire très clairement. L’insécurité dans notre pays est due principalement à la volonté de  Paul Kagame du Rwanda et Museveni de l’Ouganda de vouloir à tout prix occuper les riches terres du Kivu en complicité avec leurs parrains occidentaux et asiatiques ».

Cette analyse explique toutes les  anomalies qui interviennent lorsqu’il s’agit du M23 au Nord-Kivu. Ce n’est pourtant qu’un petit mouvement parti de rien, d’une petite mutinerie, mais qui se retrouve dotée d’un armement sophistiqué. Venu d’où ? La réponse se trouve dans tous les rapports des experts de l’Onu qui le disent noir sur blanc. Mais, personne n’en tient compte.

L’Accord-cadre d’Addis-Abeba, par exemple, est resté muet sur ce sujet malgré ces révélations des experts de l’Onu couchés dans leurs rapports.Autre anomalie, le M23 se permet de menacer une puissance militaire comme l’Afrique du Sud pour empêcher la création de la Brigade d‘intervention. La Brigade elle-même, qui était conçue au départ par la Résolution 2098 du Conseil de sécurité comme une force devant aller traquer les forces négatives y compris le M23, est en train de faire un glissement vers une force dissuasive, le contraire de son mandat réel.

LA BRIGADE A LA MI-JUILLET

Le sous-secrétaire général de l’Onu chargé du Maintien de la paix, le Français Hervé Ladsous a annoncé hier l’opérationnalisation de la Brigade d’ici la mi-juillet. Il confirme ainsi les dates qui ont été données par Ban Ki-moon lors de sa dernière tournée dans les Grands lacs. Cependant, en RDC, diverses questions sont posées. Les Congolais aimeraient savoir si la Brigade qui va entrer en action prochainement sera-t-elle celle selon l’approche de Ban Ki-moon et son Envoyée spéciale dans les Grands lacs Mary Robinson qui l’ont préfèrée dissuasive et non offensive. Ou celle de la Résolution 2098 du Conseil de sécurité qui lui a donné un mandat offensif pour traquer les forces négatives qui sont reprises dans ce texte et qui sont le M23 pour la RDC, les FDLR pour le Rwanda, les ADF/NALU et la LRA pour l’Ouganda.

Les 3.000 Casques bleus de la Brigade ont pourtant un mandat clair qui n’a aucune ambigüité et qui est d’éradiquer ces groupes armés visés. Or, aujourd’hui, le M23 n’est pas considéré comme une force négative. Car, tout le monde demande au Président Kabila de reprendre le dialogue avec ce groupe armé.

Pourtant, cet appel est en contradiction avec les prescrits de la Résolution 2098 comme démontré ci-haut. Pourquoi alors des négociations seulement entre le gouvernement de Kinshasa et le M23 et non entre le Rwanda et les FDLR, l’Ouganda et les ADF/NALU et la LRA, telle est la problématique qu’a posée le Président tanzanien Jakaya Kikwete au dernier sommet de l’UA.

Le M23 apparaît donc comme une rébellion spéciale, dorlotée par tous, alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de criminels de guerre comme ceux de la LRA, les ADF/NALU tout comme les FDLR. Sinon, le Conseil de sécurité ne les auraient pas mis sur une même liste des groupes à éradiquer. Les convoitises de l’eldorado du Kivu avec ses fabuleuses richesses est la raison de ces dichotomies constatées entre la lettre des Accords conclus et leur application sur le terrain à l’Est de la RDC.  

[KANDOLO M.]


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