RDC : Des efforts vains sans volonté politique sur les changements climatiques

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image METTELSAT - Pour rénover son réseau de surveillance météorologique, METTELSAT a récemment installé des stations automatiques

Si les Congolais semblent ignorants du phénomène de changement climatique, ils savent seulement qu'il fait plus chaud. Tenter  de remédier aux effets des changements climatiques en RDC devrait être l'affaire de tous les Congolais. Des efforts peuvent être fournis individuellement mais ils n'aboutiront à rien sans une volonté politique effective.

Comme tous les pays au monde, la République démocratique du Congo (RDC) n'est pas épargnée par les changements climatiques. Et cela, bien qu'elle ait la chance d'avoir sur son sol une forêt considérée comme l'un des poumons du monde: la forêt tropicale dite vierge.

Il y a généralement deux saisons en RDC : la sèche, caractérisée par l'absence générale de pluie et de basses températures et celle pluvieuse, qui dure plus longtemps. Ce pays fait désormais face aux inversions de températures pendant la saison sèche. Contrairement  à une décennie, il y fait beaucoup plus chaud.

De multiples facteurs causent ces mutations climatiques dont le forcing thermique et la déforestation. La division de la climatologie de l'Agence Nationale de Météorologie et de Télédétection par Satellite (Mettelsat) pense elle que le déboisement est une des principales causes du changement climatique en RDC.

L'Administrateur directeur technique (ADT) Mavakala pense aussi que le charbonnier a sa part de responsabilité dans cette situation.  Mais il estime qu'il est irréaliste de demander au charbonnier d'arrêter de couper les arbres car c'est son gagne-pain. Et comme il ne se trouvera personne pour le former à un autre métier ou pour lui trouver un autre emploi, il continuera à fabriquer du charbon, malgré les interdits et les conséquences sur l'environnement.  Et ce n'est pas seulement par nécessité mais c'est aussi culturel.

Si les Congolais semblent ignorants du phénomène de changement climatique, ils savent seulement qu'il fait plus chaud. Justin Ray, un habitant de la commune de Bandalungwa dans la capitale Kinshasa, se plaint de l'atroce chaleur et dit ne plus pouvoir le supporter.  A quelques mètres de chez lui, c'est la même rengaine. Saïdi, fonctionnaire,  est improductive au travail car elle somnole du fait qu'elle dort mal la nuit en raison de la canicule.

Le service de climatologie de la Mettelsat relève aussi des inondations ça et là dans le pays dus à la déforestation et à l'érosion subséquente. L'ADT de la Mettelsat essaie de mener campagne pour rappeler aux Congolais que les arbres sont importants car ils absorbent l'eau de pluie.  "Il serait souhaitable  que chaque individu verdisse le terrain qu'il occupe. Même les feuilles mortes retiennent l'eau," rappelle-t-il.

Adèle Edundu, directrice financière au Fonds Forestier National, pense qu'il est possible de changer la mentalité congolaise. "S'il est vrai que l'on ne peut vivre sans bois, quand on coupe un arbre, il faut en planter un autre. C'est faisable et ce n'est pas là que réside le problème. Bien que notre mission soit de financer le reboisement et de prendre des actions menant à la reconstruction du capital forestier, nous n'avons pas suffisamment de fonds pour le faire. De ce fait, intégrer le citoyen congolais à notre action restera toujours théorique," se lamente-t-elle.

La volonté politique fait aussi défaut dans cette lutte contre les effets du changement climatique. La Mettelsat collabore certes avec le ministère de l'Environnement. Mais les efforts pour vulgariser des informations importantes semblent sans portée. La population accuse aussi les dirigeants de mal gérer le secteur énergétique, grandement alimenté par l'eau. Les perturbations du cycle hydraulique entraînent des délestages qui empêchent les Congolais de vivre décemment.  Et c'est sans compter une hygiène aléatoire en raison du manque d'eau.

De nombreux Congolais se plaignent d'allergies et les asthmatiques  souffrent davantage en raison de l'instabilité et des variations de températures. Face à cette situation, la Mettelsat s'avoue impuissante. Elle tente d'influencer les décideurs sur les mesures à prendre pour arrêter tout cela, soit par la construction de grands caniveaux pour absorber les averses torrentielles et les inondations et se remettre à planter des arbres là où c'est possible de le faire pour lutter contre le déboisement. Tenter  de remédier aux effets des changements climatiques en RDC devrait être l'affaire de tous les Congolais. Des efforts peuvent être fournis individuellement mais ils n'aboutiront à rien sans une volonté politique effective.

Cet article fait partie du service de commentaires et d'opinions de Gender Links.

Raïssa Muadi


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