COP21 : Faible représentation de la RDC

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image Francois Hollande reçoit Robert Mugabe - COP21, 30 Dec 2015, Bourget

La RDC fait partie des rares pays à n’y être représentés que par un ministre de l’Environnement, Conservation de la nature et développement durable, Robert Bopolo, et qui n’a pas, non plus, été exigeant dans l’estimation de sa facture liée à sa vulnérabilité aux effets du réchauffement climatique. La RDC a déposé le 15 août 2015 au secrétariat  de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques sa CPDN évaluée à 21 milliards 622 millions USD sur la période 2021-2030. La RDC s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 17%, sous condition d’avoir accès aux fonds suffisants et à l’appui technique nécessaire. Kinshasa compte, à travers la mise en œuvre de sa CPDN, atteindre des objectifs de croissance verte et de développement durable.

Plus de 150 chefs d’Etat et de gouvernement répondent présents à Paris à la 21ème Conférence des parties sur le climat qui s’est ouvert lundi 30 novembre 2015 dans la capitale française qui accueillera 10 000 délégués et autant d'observateurs et journalistes. Un accord « universel et contraignant », censé limiter le réchauffement global à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, y est attendu.

La République démocratique du Congo (RDC) fait partie des rares pays à n’y être représentés que par un ministre de l’Environnement, Conservation de la nature et développement durable, Robert Bopolo, et qui n’a pas, non plus,  été exigeant dans l’estimation de sa facture liée à sa vulnérabilité aux effets du réchauffement climatique.

Cette conférence internationale sur le climat, à laquelle participent près de 195 pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) jusqu’au 15 décembre 2015, est un enjeu mondial.

Sa particularité est qu’elle va permettre à ces 195 pays de signer un accord juridiquement contraignant sur le climat avec, pour finalité, de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C à l’horizon 2100 par rapport aux températures de la période préindustrielle.

Fixé à Copenhague en 2009, cet objectif est appelé à pallier l’obsolescence programmée à 2020 du protocole de Kyoto, ratifié en 1997 par 55 pays industrialisés mais sans les gros pollueurs : États-Unis, Canada, Russie ou Chine.

L’accord attendu de la COP21 vise principalement trois objectifs : contraindre les États à des engagements ambitieux en matière de réduction des rejets de gaz à effet de serre (GES) avant 2030, pour une société sans carbone d’ici à la fin du siècle ; se mettre d’accord sur les mécanismes de financement et de solidarité internationale entre les pays riches et les pays en difficulté déjà touchés par le dérèglement du climat ;permettre aux pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, en partie via le Fonds vert pour le climat, afin d’aider les pays en voie de développement à lutter contre le dérèglement climatique.

La CPDN de la RDC : 21 milliards 622 millions USD entre 2021 et 2030

C’est ainsi que les États participants ont été invités à publier avant la COP 21 une contribution nationale, appelée Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN),  dans laquelle chaque pays précise ses futurs engagements pour la réduction des gaz à effet de serre.

C’est dans ce cadre que la RDC a déposé le 15 août 2015 au secrétariat  de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques sa CPDN évaluée à 21 milliards 622 millions USD sur la période 2021-2030.

La RDC s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 17%, sous condition d’avoir accès aux fonds suffisants et à l’appui technique nécessaire. Kinshasa compte, à travers la mise en œuvre de sa CPDN, atteindre des objectifs de croissance verte et de développement durable. Ces fonds se recoupent en deux branches : 12,54 milliards USD pour les initiatives d’atténuation et 9,08 milliards USD pour les mesures d’adaptation.

Les mesures d’atténuation proposées par la RDC concernent les trois plus importants secteurs, à savoir l’Agriculture, les Forêts et l’Énergie. Compte tenu de son étendue et de sa vulnérabilité aux changements climatiques et pour améliorer sa résilience, la RDC a inscrit dans sa CPDN des mesures relevant du Programme d’Action National d’Adaptation. Ces mesures concernent essentiellement l’agriculture, les forêts et la protection du littoral.

Au regard des contributions des autres États africains, la facture de la RDC semble sous-évaluée. L’Éthiopie a évalué ses besoins face aux changements climatiques à 150 milliards USD. Le Maroc a demandé 45 milliards USD. Le Kenya exige 40 milliards USD. Même le  Bénin évalue ses besoins à 28 milliards USD contre 21 milliards USD seulement pour la RDC.

Il s’observe donc que la RDC a été moins exigeante par rapport au soutien financier attendu des pays riches pour ses projets d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.  L’on ne comprend pas par exemple comment des pays plus petits en superficie et en population, comme le Bénin, le Kenya ou le Maroc, peuvent avoir des besoins plus importants que ceux de la RDC dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Hollande pour un « accord universel », Obama garantit « un accord élevé »

Le chef de l’Etat français François Hollande a appelé lundi, dans son discours d'ouverture, à « accord universel, différencié et contraignant ».

« Les bons sentiments, les déclarations d'intention ne suffiront pas. Nous sommes au bord d'un point de rupture. Nous allons décider en quelques jours pour quelques décennies. Le plus grand danger n'est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, le plus grand danger est qu'il soit trop bas et que nous l'atteignions », a-t-il déclaré.

De son côté, le président américain Barack Obama a garanti « un accord élevé, avec des objectifs rehaussés régulièrement, qui tiendront compte des distinctions et des progrès de chacune de nos nations ».

« Nous savons que nous sommes à une croisée des chemins. Nous savons que les êtres humains sont responsables des dérèglements climatiques (...). Nous sommes la première génération à avoir déclenché le changement climatique, mais nous sommes peut-être la dernière à pouvoir faire quelque chose. En tant qu'une des premières économies du monde, je suis tout à fait conscient que nous sommes à la source du problème », a-t-il rassuré.


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