Cinq condamnation à mort dont trois militaires et deux civils. Tel est le verdict prononcé ce lundi par le tribunal militaire de Kinshasa Ngaliema dans le procès qui a opposé le ministère public à la partie civile sur l’assassinat du député provincial de l’opposition politique, Daniel Boteti, assassiné dans la nuit du 6 juillet 2008. Le tribunal a également acquitté 4 accusés dont 3 militaires de la garde présidentielle.
Ce procès a suscité une levée de bouclier de l’opposition politique dont le vice président de l’Assemblée provinciale Daniel Boteti, membre actif du mouvement de libération du Congo MLC était aussi un acteur important. Après une brève enquête les soldats de la 2ème classe, Patrick Mwewa et celui de la 1ère classe Kadi Munungu, sergent Inoki Lusema, Ilunga Mbayo et Manseba, et consorts ont été arrêtés et jugés par le tribunal militaire de Kinshasa/Ngaliema.
Selon le verdict rendu par le capitaine Pathy Sangwa, président du tribunal, les cinq précités viennent d’écoper d’une peine capitale suite au jugement rendu par ce tribunal ce lundi 22 septembre 2008. Le tribunal a décidé également leur renvoi définitif de l’armée. Mamseba pour sa part était condamné par défaut car il est actuellement en fuite.
Ils sont également condamnés solidairement avec l’Etat congolais au paiement des dommages et intérêts pour un montant de 955 mille dollars à la famille du député. Quatre autres accusés dont 3 militaires de la garde présidentielle viennent de bénéficier de la grâce du tribunal par un acquittement.
Déception de l’opinion publique
Ce procès a connu des rebondissements à rebondissement spectaculaire avec la citation du chef de l’exécutif provincial André Kimbuta Yango par Patrick Mwewa comme étant l’auteur moral du complot visant l’assassinat du député provincial. Cette intrusion du nom du gouverneur de la ville de Kinshasa parmi les suspects directs a suscité un intérêt particulier de l’opinion publique sur l’issue de l’affaire.
Mwewa avait affirmé au cours des précédentes audiences qu’une somme 1.200 dollars (soit 760 euros) lui avait été versée par le gouverneur de la ville de Kinshasa. Quelle a été sa déception lors de la confrontation entre André Kimbuta et Patrick Mwewa, lorsque ce dernier va dire ne pas connaître physiquement le précité. Il va nier entretenir toute relation quelconque avec l’autorité urbaine.
Une autre déception viendrait aussi de la confrontation qui a opposé Patrick Mwewa à Kadi Munungu cité également par le premier comme étant chef de la bande.
Des aspects politiques du procès
Ce procès qui a pris des allures politiques a soulevé une taulée au niveau de l’opposition politique qui a conclu à une cabale orchestrée par la majorité présidentielle pour la décapiter. Elle s’est constituée en partie civile pour démontrer la culpabilité non seulement des présumés assassins arrêtés mais aussi des ramifications que l’affaire pourra entraîner au sein de la classe politique adverse.
Pour montrer son désarroi, l’opposition a décidé de sécher de sa présence à toute activité politique et à tous les niveaux. C’est ainsi que les députés nationaux membres de l’opposition ont séché le couloir du palais du peuple pendant une brève période.
Ceux de l’Assemblée provinciale ont emboîté le pas à leurs collègues du parlement national. Heureusement la dextérité de Vital Kamerhe, président de la chambre basse a permis à ses collègues de mettre un peu d’eau dans leur vin en regagnant l’hémicycle du palais du peuple après les discussions houleuses.
Malheureusement les différentes preuves promises par l’opposition n’ont pas atterri sur la table du tribunal. Ce n’est qu’une partie remise car l’opposition politique n’a pas dit son dernier mot. Elle pourra interjeter appel au moment opportun pour fournir d’autres preuves qui nécessiteront la révision du procès.
D’ailleurs, les avocats de Boteti ont confié à la presse leur intention d’aller en appel car ils estiment que toute la lumière n’a pas été donnée sur les éventuels commanditaires du meurtre du député provincial. Signalons que la peine de mort est suspendue en RDC depuis l’année 2003.