Procès sur le meurtre du député provincial Daniel Botethi Loleke, le verdict est tombé hier lundi 22 septembre. Il y a eu quatre condamnations à mort et quatre acquittements. André Kimbuta Yango, gouverneur de Kinshasa, a été lavé de l’imputation portée contre lui par Patrick Mwewa. Une surprise pourtant…Aussitôt acquitté, le sous-lieutenant Ngoy Kasongo alias « Moto ya Katanga » a été appréhendé sur-le-champ, et menotté. Car un mandat d’arrêt était déjà lancé contre lui pour l’embuscade tendue au footballeur Christopher Shabani Nonda.
C’est fini avec le procès sur le meurtre du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a prononcé son jugement hier lundi 22 septembre. Les premiers sergents Kady Munungu alias « Bado Martens », Inoki Lesene alias « Bébé Kero », le soldat de 2ème classe Patrick Kibwe Mwewa alias « Songo Bololo » et Ilunga Kabuya Mbayo alias « Fidèle de Castro de Kuenda » ont été condamnés à mort pour association de malfaiteurs et meurtre. Par contre, les lieutenants Mungongo Matundu Gigi, Kalonji wa Kalonji René, le sous-lieutenant Ngoy Kasongo Idriss alias « Moto ya Katanga » et le civil Junior Susungu Wando ont été acquittés.
Mais coup de théâtre pour « Moto ya Katanga ». Sa joie n’a duré que quelques secondes. Car pendant qu’il était en train de jubiler, les soldats de la justice militaire se sont rués sur lui, tels des éperviers.
Il y a eu un véritable combat avant d’en venir à bout. Le pauvre a donc retrouvé la prison, menottes aux poings. Raison : un autre dossier judiciaire est ouvert contre lui pour association de malfaiteurs et extorsion. Car c’est dans ses mains qu’Inoki Lesene affirme avoir ravi la montre du footballeur Shabani Nonda. Montre confisquée par des malfaiteurs lorsque ce footballeur de renommée internationale était tombé dans une embuscade dans le même rayon du quartier Macampagne.
Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango, cité dans ce dossier, a été disculpé. Au nom du tribunal militaire, le capitaine président Patty Sangwa a dit que l’accusation de Patrick Mwewa n’a été que le fruit de son imagination, pour se donner une certaine importance. Après examen, les juges ont constaté qu’aucune connexion n’a été établie entre le gouverneur et cette bande. Donc, le mensonge systématique de Patrick Mwewa démontre sa culpabilité, et sa tendance pour la fabulation et la mythomanie. C’est-à-dire nuire aux autres, pour ne pas sombrer seul. Donc, un moyen de défense perverti. Or, la conviction du juge se fonde sur la vérité.
Pour le tribunal, c’est Patrick Mwewa qui est le meurtrier physique du député Daniel Botethi. Ce soldat qui fait le guet sur l’avenue Haute Tension, du côté de la « Villa Rosa », c’est-à-dire derrière la voiture, a tiré trois balles à bout portant sur le pauvre député qui tentait de se réfugier du même côté. Et il était en position accroupie, comme l’a démontré la police scientifique. Par la suite, Patrick Mwewa qui se cachait a été atteint à l’abdomen par le garde du corps Kankonde. Il revient à conclure, a déclaré le président du tribunal de céans, que la bande à Patrick Mwewa a volontairement donné la mort. Et le rôle de ce dernier a été déterminant, pour avoir abattu froidement le pauvre député.
Quant à Kady Munungu, c’est lui le chef de bande. Cerveau de la bande par son courage et son sang-froid, c’est lui qui attribuait les rôles. Mais Ngoy Kasongo alias « Moto ya Katanga » n’était pas sur le lieu du crime dans la nuit du drame. Par contre, bien que membre de la bande, il ne pouvait pas être condamné pour ce dossier. Ilunga Kabuya Mbayo a tout nié en bloc. Mais pour le condamner, le tribunal s’est basé sur ses contradictions et le témoignage d’une renseignante qui a été sa bailleresse. Inoki Lesene, lui, a été condamné pour participation criminelle. Car, c’est grâce aux effets militaires qu’il offrait à Kady Munungu que la bande parvenait à opérer. En plus, il a avoué qu’il se faisait passer aux yeux de cette bande pour un agent de renseignements. Ceci, dans le but d’avoir une part du butin.
S’agissant de la réparation des dommages, le tribunal a estimé que pour le garde du corps Kankonde, il est superfétatoire de parler des intérêts civils. Car il est loisible d’écarter l’infraction de tentative de meurtre. Surtout que ce qui est arrivé au défunt député est l’œuvre des turpitudes de son garde du corps. Donc, la partie civile Kankonde a été déboutée. Car, déclarée recevable, mais non fondée. La partie civile MLC a eu gain de cause. Les condamnés, solidairement avec l’Etat congolais, devront lui payer 10.000 dollars Us. Même chose pour les parties civiles famille Botethi.
Elles ont toutes été déclarées recevables et fondées. A titre d’exemple : les enfants auront droit à 250.000 dollars, la veuve aura 100.000 dollars. Certains membres de la famille auront des montants variant entre 250 et 15.000 dollars américains. En attendant, les prévenus ont cinq jours pour interjeter appel.