Le tribunal de garnison militaire de Kinshasa Ngaliema a consacré l’audience d’hier, mercredi 27 août 2008, à la plaidoirie des parties aux procès. Les parties civiles Kankonde et Botethi ont exigé 6.000.000 de dollars chacune en guise de dédommagement pour les préjudices causés aux familles. Le MLC a demandé 1 FC à titre symbolique. Le ministère public a présenté ses réquisitions sur les préventions à charge des prévenus.
Il a requit la peine de mort à tous les prévenus sauf à Junior Susungu qui a bénéficié de l’élargissement du ministère public. Ce matin, à 9 heures, la partie de la défense présente son apologie. Il ressort également que le commanditaire de l’assassinat de Feu Daniel Botethi ne sera jamais connu.
A ce stade, il faut attendre le jugement du tribunal pour savoir si les condamnations sollicitées au Tribunal par le ministère public seront appliquées à la lettre. Ce dernier a requit la peine de mort pour toute la bande de Kadi pour avoir donné la mort à l’ancien Vice-président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa dans la nuit du 5 au 6 juillet 2008 aux environs de deux heures du matin.
Hier, à la place de la grande parade du camp Kokolo, deux moments émotionnels ont marqué le public présent au procès. C’est lorsque l’avocat de la partie civile Botethi plaidait pour les préjudices causés par la bande d’assassins à la famille Botethi.
En effet, Me Serge de la partie civile Botethi a évoqué les derniers moments que les enfants du défunt ont partagé ensemble avec leur papa. William Botethi, le fils aîné, a reconnu Serge comme l’avocat qui cherche à ce que son papa rentre à la maison pour terminer le programme qu’ils avaient sur les jeux vidéo. Quant au deuxième fils, il insistait auprès du corps de son père allongé dans la bière de se réveiller vite de peur qu’on aille avec lui. Le public s’est perdu en sanglot.
Un autre moment émouvant est intervenu lorsque l’officier du ministère public, le capitaine Alpha Limbaya Mobenzi prononçait les condamnations. Les familles des prévenus ne se sont pas retenues d’exprimer leurs émotions en pleurant à haute voix.
Les parties civiles pointent du doigt la responsabilité civile de l’Etat dans le meurtre de Botethi
Les parties civiles, dans leurs plaidoiries, ont chargé la responsabilité de l’Etat dans le meurtre de l’ex Vice-président Botethi. Pour les parties civiles, la République Démocratique du Congo n’a pas pu protéger la personne de Botethi. Elle a failli à sa mission de mettre les militaires en condition pour qu’ils ne puissent pas commettre des actes de vandalisme. Ceux qui gardent les munitions, les tenues et les armes sont sans protection sociale et sont laisser pour compte. Le chapelet de plaintes ne s’arrête pas là. La partie civile accuse la République de la répartition inéquitable des biens et de protection. Pour toutes ces charges, la partie Kankonde a demandé que la République paie les dommages et intérêts à hauteur de 6.000.000 dollars américains.
Dans le même ordre d’idées, la partie civile Botethi a aussi accusé la responsabilité de l’Etat congolais. Pour elle, la République doit répondre civilement aux actes que ses préposées ont commis en tant que militaires. Les préjudices que les prévenus ont causés valent à la famille Botethi 6.000.000 de dollars.
S’agissant du ministère public, le capitane Alpha Limbaya a pris ses réquisitions contre Mwewa Patrick, Kadi Mununga, Ngoie Mutu wa Katanga, Inoki Lesene, Ilunga Fidèle et de deux lieutenants Kalonji wa Kalonji et Mungongo selon le code judiciaire militaire. Il les poursuit pour association des malfaiteurs, meurtre et vente des effets militaires. Le capitaine Limbaya a, dans son exposé, présenté brillamment les faits sur les trois préventions avant de prononcer sa condamnation. Il a déterminé le rôle que chacun a joué dans l’infraction de l’association des malfaiteurs, meurtre et ventes des effets militaires. Pour le premier cas, la bande s’est réunie d’abord à Mikonga, à la porte noire de Masina et à Kintambo à Nganda likaya. De même pour le meurtre, il s’est avéré que c’est Patrick Mwewa qui avait tiré sur Botethi Daniel. Sur la prévention des effets militaires, le ministère public a prit le tribunal à témoin sur les déclarations du prévenu Inoki qui avait reconnu l’achat d’une arme AKA à 3000 FC et la mise en gage d’un appareil portable de marque Alcatel que le lieutenant Kalonji, le vendeur garde jusque maintenant. Inoki avait vendu l’arme arrachée à la garde du corps du footballeur international Shabani Nonda.
Ainsi, décida-il, de solliciter la condamnation à 20 ans de SSP pour les deux lieutenants pour cause de vente des effets militaires. Ils sont aussi condamnés pour 4 ans de SSP pour avoir posé des actes de participation qui ont poussé au meurtre. Pour toutes ces préventions, le ministère public a requit la peine la plus forte pour tous les prévenus.
Les yeux de congolais en général et des Kinois en particulier sont tournés vers le juge président du tribunal de garnison militaire, le capitaine Patrick Sangwa pour voir comment il va appliquer la justice sur ces personnes qui ont endeuillé plus d’une famille.
Il sied de relever ici que pour le ministère public, seul Patrick Mwewa a dit la vérité. La preuve, toutes les personnes qu’il avait citées ont été interpellées et que c’est l’arrivée de Kady qui a tout compliqué. Au point qu’on ne connaîtra plus jamais le commanditaire de ce crime odieux.