François Mwamba - S’il y a un séisme, je pense que tout le monde l’à vécu. Le lundi 30 septembre à la Fikin. Cela est un séisme qui, me semble-t-il par rapport à la question qui vient d’être posée, arrive comme un démenti par rapport à une certaine perception qui a pu circuler dans les milieux surtout d’ailleurs du microcosme politico-médiatique. Non, je pense que le 30 nous avons montré que notre parti est vivant.
Que l’ancrage populaire est vérifié et que l’unité et la concorde interne règne parce que la quasi-totalité de ceux qui pouvaient être là y étaient. Un parti politique n’est pas dirigé par un homme, certainement pas par un homme seul. C’est une équipe et nous l’avons démontré. Et donc je pense que ce seul fait est la meilleure réponse par rapport à la dernière partie de votre question. Oui le 5 septembre, j’ai pu m’entretenir avec Jean-Pierre Bemba à La Haye.
De quoi avons-nous parlé? Le premier élément d’échange a porté bien entendu sur lui-même. Sur son état de santé physique, il se porte très bien. Pour ceux qui le connaissent, il a perdu son surpoids. Cette information qui a circulé, c’est moi qui l’ai donnée. Il n’a plus d’embonpoint mais il garde toujours bien entendu sa carrure. Il fait beaucoup de sport. Et donc de ce côté-là, les choses se passent bien.
Du côté moral, il est raisonnablement optimiste. Raisonnablement c’est-à-dire qu’au fond dans cette affaire qui date de 2002-2003, lorsqu’on en vient à considérer le fond du dossier, il se confirme tous les jours que ce dossier est, en effet, vide. Ce n’est pas simplement une figure de style que de dire que c’est vide. Pourquoi ?
A la question de savoir si effectivement il y a eu en 2001, 2002, 2003, lorsque les troupes du MLC, ALC sont appelés au secours par le Président élu Patassé pour pouvoir faire face à une rébellion qui était conduite par l’actuel Président de la RCA, François Bozize appuyé par des troupes tchadiennes. A la question de savoir y a-t-il eu, à cette occasion là, des exactions des atteintes aux droits de l’homme en terme des violations, des pillages, la réponse est clairement ‘‘oui’’.
Qui était sur terrain à même, malheureusement de pouvoir commettre de tels forfaits, je répète, outre les éléments de l’ALC, il y avait l’armée régulière de la RCA. Nos troupes venant en renfort, ces troupes étaient mises sous la responsabilité du commandant en chef de l’armée centrafricaine qui n’était autre que M. Patasse lui-même, il y avait les milices de l’actuel chef de l’Etat François Bozize, il y avait ses propres renforts constitués par des troupes tchadiennes.
Pour autant que des éléments de l’ALC aient été concernés par ces exactions, dès l’instant où Jean-Pierre Bemba a su, je rappelle que physiquement il n’était pas sur terrain, il était avec nous à Sun-City lors de différentes phases de négociation dans le cadre du dialogue inter congolais. Dès qu’il a su, il a immédiatement fait deux choses importantes.
La première, il s’est mis en contact avec les Nations Unies parce qu’il semblait qu’une partie des informations avaient comme source les Nations Unies, la FIDH, la Fédération internationale de droits de l’homme qui a son siège à Paris. Il s’est mis en contact immédiatement avec ces deux institutions. M. Koffi Annan était du reste présenté à Bangui par Lamine Cisse qui était son représentant spécial. Il y a des correspondances, puisque cette prise en contact s’est fait aussi d’une manière épistolaire. Il y a des traces de tout cela.
Dans la commission d’enquête, on a identifié effectivement un certain nombre d’éléments isolés l’ALC qui ont effectivement participé à cela, ces gens là une fois identifiés ont été mis aux arrêts, déférés devant la justice, jugés et condamnés. Deux précisions de ce point de vue: Jean-Pierre Bemba était-il sensé, en tant que chef d’une rébellion au Nord de la RDC, faire justice? La réponse est clairement «oui».
En vertu de quoi ? En vertu de l’accord de Lusaka. Puisque quand nous signons les accords de Lusaka en 1999, il est dit ceci: «Les lignes de belligérance ne bougent plus. Chacun reste là où il est jusqu’à la conclusion du dialogue intercongolais. En attendant la conclusion du dialogue intercongolais, chacun fait au mieux, du point de vue de l’administration et de la conduite des affaires au quotidien.
C’est un accord qui a été signé devant la communauté internationale. Donc il avait le pouvoir de le faire. Deuxièmement précision, dans le nord du pays, vous savez quand vous parlez de Gemena, Gbadolité, etc, en ce temps-là il n’y avait pas beaucoup d’avocats qui traînaient là-bas les gens étaient à Kinshasa et ailleurs, il s’est donc posé un problème devant rendre justice, la justice devait se faire d’une manière contradictoire, comment ces gens-là allaient être défendus.
On s’est mis en contact avec la MONUC. Et il avait été convenu que des avocats volontaires viennent de Kinshasa quant à ce. Il y a eu des avocats, on a des traces des uns, on a la liste des gens qui s’étaient portés volontaires pour venir défendre les éléments de l’ALC ainsi mis en cause.
Malheureusement, et cela est vérifiable, lorsque ces personnes sont arrivées à l’aéroport de N’Djili- je dis c’est vérifiable parce que l’aéroport côté Monuc- il y a un ordre politique des activités de Kinshasa de l’époque qui ont interdit à l’avion de la Monuc de pouvoir décoller en direction de Gbadolité avec ceux qu’on appelle les défenseurs judiciaires, puisque les véritables avocats attitrés, etc, -il faut le reconnaître- il n’y en avait pas beaucoup dans le coin.
Donc une fois informé, réaction: commission d’enquête, arrestation des coupables, jugements, condamnation. C’est quand cela? Quelque soit le problème qui s’est posé n’importe où au monde, ça a toujours été la même séquence. Lorsque M. Bush, président des Etats-Unis, apprend que les soldats, les éléments isolés de l’armée américaine ont, dans une prison en Irak, sodomisé des gens etc., Qu’est-ce qu’il fait? Enquête, arrestation, jugement, condamnation.
Donc je dis que c’est cela qui fonde ce que j’ai qualifié tout à l’heure d’un optimisme mesuré, raisonnable quant au fond du dossier. Mais le problème est lequel? Ce problème maintenant, c’est le calendrier. Qui a la maîtrise du calendrier. Le procureur seul peut effectivement, soit faire accélérer les choses ou les faire traîner.
Mais on a aussi parlé du pays parce que le pays se porte mal. Et que donc j’ai pu en tant que Secrétaire général, vérifier avec le président que nous avions la même lecture, que nous avions les mêmes informations sur la situation générale du pays. Que ça soit par rapport aux questions de la sécurité des biens et des personnes. Que ce soit sur la question des souveraineté et de la défense de notre territoire en particulier, la situation qui prévaut dans l’Est, que ce soit du point de vue de l’économie.
Vous savez qu’on a de grands défis que nous avions d’ailleurs nous-même, après la transition, laissés en chantier. La nécessité qu’il y a pour notre pays de voir sa dette être effacée c’est-à-dire l’accession au point d’achèvement il a toutes ces nouvelles préoccupantes, en ce y compris l’affirmation en ce qui concerne le premier ministre sortant, des affirmations selon lesquelles il y a eu un manque à gagner voire un détournement de plus d’un milliard de dollars, 1.300.000.000$.
Donc toutes ces choses qui font que sur le plan social on assiste effectivement à toutes ces revendications qui se multiplient. Donc on a analysé cela. Et j’ai pu échanger avec lui quant à notre attitude en tant qu’opposition et à nos propositions puisque nous ne sommes pas là tout simplement pour critiquer mais aussi pour faire des propositions.
De ce point de vue là, en effet, nous émettions sur la même longueur d’ondes. C’est ce que j’au rapporté à mon retour à mes collègues au niveau d’un bureau politique qui s’est tenu dernièrement. Et le communiqué que vous avez vu, est donc en partie pour ces éléments de fond, quelque chose qui engage totalement également Jean-Pierre Bemba. Le parti, on en a parlé.