Eh oui ! D’orpheline, la honte a pu, le 30 juin 2008, hériter d’un oncle paternel au chef-lieu de la province du Kasaï occidental. Ce jour-là, en présence du chef de l’Etat et de la crème politique du pays, auxquels s’étaient joints deux parlementaires belges, le gouverneur du Kasaï occidental a étonné, puis irrité l’assistance.
Les images, retransmises en direct depuis Kananga par les chaînes de télévision, ont servi un mets indigeste. Finalement, spectateurs et téléspectateurs ont été unanimes : le gouv’ s’était levé du mauvais pied. Un confrère témoigne. Il a assisté, à Kananga, à l’escrime du gouverneur contre son premier discours solennel et public devant un si solennel aréopage.
L’hebdomadaire L’Eveil, imprimé à Kinshasa, s’interroge : le gouverneur de province «a-t-il été envoûté» au point de débiter «un discours affreux unanimement conspué» ? Le journal, qui refuse de soutenir l’insoutenable, nous apprend que «la sortie de Trésor K. a été une catastrophe».
Les commentateurs se sont répandus dans des conjectures. Pour les uns, il s’est agi de «l’incompétence» ; pour les autres, le gouv’ a été «envoûté». Pris par le doute, le journaliste dit avoir appelé le gouv’ catastropheur pour plus amples explications. Sans écho.
Harceleur, le journaliste s’est rabattu sur le directeur de cabinet, plein de ressources. Pour le dircab, «le discours était un succès total ; seule petite note (négative, NDLR), le microphone crachait, déformant ainsi la voix. Il n’y a que nos ennemis qui trouvent que le discours était mauvais».
L’Eveil pose la question : toute la population congolaise qui a suivi la scène en direct à la télévision est-elle ennemie du gouv’ ? Pour quelle finalité ? Pour le remplacer ? Pas de réponse.
Indigné, L’Eveil relate qu’auparavant, lorsque le maître de cérémonies a annoncé le gouverneur, ce dernier aurait dû être accompagné de son chef de protocole, portant une chemise spéciale contenant le texte du discours. «Que non !» Le gouv’, «mal habillé pour une journée aussi solennelle que le 30 juin, devant le sommet de la République, a sorti le papier plié de la poche d’une veste …». Et il a lu «affreusement» un «texte plat», et surtout «sans pause». Ce qui l’a privé d’un moindre applaudissement de l’assistance. Ce fut donc la honte en direct depuis Malandji wa Nshinga. Une honte nationale aux couleurs ouest-kasaïennes.