La commémoration du 48ème anniversaire de l’accession de la République démocratique du Congo à la souveraineté nationale et internationale a connu une fausse note. La Société nationale d’électricité (SNEL) a gâché la fête qui, pourtant, avait bien commencé. Une coupure générale du courant électrique est intervenue aux environs de 19 H00’. Selon cette entreprise publique, le problème s’est posé au niveau du barrage hydroélectrique d’Inga, dans la province du Bas-Congo.
Toute la capitale congolaise était plongée dans le noir le 30 juin dernier, date commémorative de l’indépendance de la RD Congo. Après de longues heures, la Société nationale d’électricité (SNEL) a pu rétablir la fourniture de l’énergie électrique dans quelques quartiers, pour des raisons que seule cette entreprise publique connaît. La plupart était maintenues dans l’obscurité jusqu’en début d’après-midi d’hier mardi. Contacté pour en savoir un peu plus, le responsable du Département de distribution de Kinshasa (DDK), n’a pas eu de temps à consacrer à la presse, appelé à la Direction générale de l’entreprise. Renvoyant la rencontre à demain jeudi 3 juillet.
Qu’à cela ne tienne, l’Administrateur-délégué général (A-DGA) de la SNEL, Bernadette Tokwaulu, s’est expliquée au micro de Radio Okapi, quelque temps après la coupure générale. «On a enregistré un déclenchement du groupe 4 de la centrale d’Inga 2, qui a entraîné le déclenchement des autres groupes. En ce moment, nous sommes en manœuvre de reprise», a-t-elle déclaré lundi soir. Avant de préciser : «Vous devez savoir qu’il y a eu une très forte demande d’électricité sur la ville de Kinshasa. Le délestage n’a pas été suffisant. Ce qui a provoqué ces déclenchements».
Ce qui signifie que tous les groupes d’Inga 1 et d’Inga 2 ont été touchés. Pour l’A-DGA de la SNEL, il faut réparer ces groupes un à un pour une reprise effective de fourniture en énergie électrique. Elle avait soutenu que la situation redeviendrait normale. Mais c’était juste pour certains coins de Kinshasa.
A noter que, selon la rumeur qui s’est répandue comme une traînée de poudre, le mécontentement des cadres et agents de la SNEL serait à la base de cette interruption de la fourniture du courant électrique. L’impaiement de leurs salaires de deux mois et des primes les auraient amenés à gâcher la fête en privant les Kinois du courant électrique. Une façon également de «punir» le comité de gestion que la hiérarchie tiendrait pour responsable de cette fausse note festive.
Les Kinois ont commémoré le 48ème anniversaire de l’indépendance de la RDC
Les Kinois ont répondu nombreux au défilé marquant la commémoration, le lundi 30 juin, du 48ème anniversaire de l’accession de la République démocratique du Congo à la souveraineté nationale et internationale. Ce défilé, qui a drainé différentes couches de la société, a été organisé sur le boulevard Triomphal dans la commune de Kasa-Vubu.
Outre le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango, qui a présidé cette manifestation, plusieurs personnalités y ont également pris part notamment, les membres du gouvernement provincial, les députés et sénateurs élus de la ville de Kinshasa, les responsables des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC).
Dans son discours de circonstance, le gouverneur de la ville a invité les Kinois à s’unir pour reconstruire le pays. Il s’est dit confiant en l’avenir de la RD Congo, en faisant remarquer que cet anniversaire coïncide avec la modernisation de la ville de Kinshasa grâce aux contrats chinois. Pour l’autorité urbaine, il y a lieu, après 48 ans, de dresser un bilan et penser à la reconstruction pour des jours radieux.
Au cours de ce défilé, les Kinois ont été surpris par le passage des bus de la société Régie des transports de Kinshasa (Transkin) créée aux termes de l’édit du gouverneur de la ville. Selon un responsable de cette nouvelle société, ce réseau compte à ce jour 75 bus et 40 voitures-taxis acquis sur fonds propres de l’Hôtel de ville de Kinshasa pour desservir les différentes communes de Kinshasa. L’occasion était également favorable pour présenter au public la nouvelle unité de la police scientifique chargée de détecter avec précision certains crimes commis par des hors-la-loi.
Ne Muanda Nsemi évoque les 48 ans de l’indépendance de la RDC
Le député national et chef spirituel du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo, Ne Muanda Nsemi, a fait le dimanche 30 juin 2008, sa lecture des 48 ans de l’accession de la République démocratique du Congo à l’indépendance, lors d’un point de presse qu’il a animé en sa résidence.
Le député national a, à cette occasion, évoqué le 15ème siècle au cours duquel l’Europe s’est mise à rechercher des terres, poussée par la recherche des richesses. D’où elle se rendra en Amérique où elle ravira les terres aux Peaux Rouges. Mais la construction de ce pays viendra de l’effort de la race noire venue de l’Afrique avec le commerce d’esclaves. Viendra ensuite le tour de l’Afrique où les Européens ont mis sur pied une politique de domination des peuples qu’elle va imposer. D’où la colonisation politique, technique et scientifique ainsi que spirituelle.
Le déclic a été la conférence panafricaine d’Accra tenue en 1957. Patrice-Emery Lumumba qui avait assisté à ces assises s’est senti interpellé par la décolonisation de l’Afrique. De retour au pays, il parlera abondamment de ces assises aux Congolais.
Parlant de la RDC, Ne Muanda Nsemi a retracé brièvement la lutte héroïque menée par certains fils du pays, notamment Joseph Kasa-Vubu et Patrice-Emery Lumumba, qui a abouti à l’accession du Congo-Belge à l’indépendance en 1960. « 48 ans après, les Congolais doivent prendre conscience du devenir de leur pays », a prévenu le conférencier face à la situation jugée préoccupante de la RDC dont la classe politique sans esprit patriotique est, selon lui, responsable.