Le numéro un de l’organisation non gouvernementale « Forum Civique Congolais » a choisi la veille du 48ème anniversaire de l’indépendance nationale pour donner de la voix. Au cours d’une conférence-débat qu’il a animé dimanche à la paroisse Saint Augustin de Lemba sur le thème « L’idéologie de la victime », Joseph Kapala Luwang a exhumé le débat sur « l’idéologie de l’opprimé ».
Croquis en mains, il a expliqué à l’assistance comment le nègre traqué par l’esclavagisme par la colonisation ainsi que la néo-colonisation a subi sa douleur avec résignation. « Il a été humilié de toutes parts », a dit Kapala, expliquant que de cette humiliation est née l’idéologie de l’opprimé.
Selon lui, la personnalité du nègre doit pouvoir s’exprimer sans le moindre complexe, dans toute sa spécificité. A titre de recommandation, il pense qu’il importe impérativement que le nègre se départisse à jamais du complexe d’infériorité qui l’obsède à tout instant et qui place l’homme blanc au-dessus de lui dans tous les domaines.
Autre recommandation : le nègre doit rejeter le vil et stérile mimétisme pour s’engager librement dans des activités créatrices qui tiennent compte de sa culture, de son environnement, de son être profond. Il doit renoncer à jamais aux pratiques en usage en Occident, intolérables et absentes de notre noyau culturel, telles que l’homosexualité, qu’elle soit masculine ou féminine, le piercing et le tatouage vulgaires, ridicules et ostentatoires.
Le président de « Forum civique congolais » recommande également que l’homme noir garde intact son esprit légendaire de solidarité et rejette l’individualisme propre aux occidentaux ; «qu’il sache que l’histoire du Congo, selon le héros national Patrice Emery Lumumba, dont Antoine Gizenga est le fidèle continuateur incontesté et incontestable, ne sera pas celle écrite à Paris, à Londres, à Bruxelles, à Washington. Elle sera écrite au Congo par les Congolais, libres, dépouillés de tout complexe ». Et le monde entier verra ce que peut faire l’homme noir, lorsqu’il évolue dans un climat de totale liberté, a indiqué Joseph Kapala, citant Patrice Emery Lumumba.
Vision progressive
Parlant de son Ong, Joseph Kapala a fait remarquer qu’elle s’efforce de bâtir une vision progressive de la société, une vision de la fratrie, de la vie, de la mort. « Nous essayons de voir ce qu’il y a de légitime dans les affirmations apparemment contradictoires et d’en tirer de nouvelles synthèses qui permettent de construire des solutions nouvelles ».
Le « Forum civique congolais » croit fermement que dans l’économie moderne, l’investissement dans le capital humain et l’innovation sont les facteurs majeurs de compétitivité et de progrès social. « Même chose pour l’autorité, notion à nos yeux fondamentale que beaucoup de nos hommes politiques confondent avec un autoritarisme dépassé ».