La tradition a été respectée. Le 30 juin, date anniversaire de l’accession du Congo à la souveraineté nationale et internationale, a été, une fois de plus, commémoré cette année. Lieu choisi pour la fête : Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Occidental.
Il faut préciser ici, en passant, que la ville de Kananga a fait office de capitale du Congo durant quelques jours. Elle a abrité la réunion du gouvernement, avant d’accueillir les festivités marquant la commémoration de l’indépendance.
Pour la circonstance, toutes les têtes couronnées de la RDC avaient fait le déplacement de « Malandji wa shinga » pour se rappeler au souvenir du combat mené par les Congolais de l’époque dans l’objectif bien arrêté était d’arracher leur pays de la mainmise belge.
- Zut, tu vas trop vite en besogne, me chuchote à l’oreille mon voisin de gauche. Je me retourne et lui pose un regard interrogateur.
- Une tête couronnée, et pas des moindres, n’a pas été vue dans la tribune d’honneur dressée pour la circonstance. Cela ne me fait ni chaud ni froid parce que mon poste téléviseur est demeuré éteint toute la journée à cause du délestage imposé par la société nationale d’électrocution. Il insiste :
« Moi j’ai eu le privilège de suivre en direct les images du défilé de Kananga. Toutes les grosses légumes, représentant les institutions de la République, étaient aux premières loges. Toutefois, il manquait à l’affiche le gros plan de la tête couronnée du gouvernement. Je me suis dessillé à plusieurs reprises. En vain. A la fin de la retransmission, j’ai donné des coups de fil, question de me rassurer que je ne m’étais pas trompé. Tous mes correspondants, à Kinshasa tout comme à Kananga, étaient unanimes, le chef du gouvernement n’a pas paru aux côtés du chef de l’Etat.
Le patriarche aurait pris le premier vol pour la capitale après la réunion du gouvernement. Mon interlocuteur persiste : que non, le locataire actuel de la Primature n’a pas quitté la ville.
- Qu’est-ce que les reporters ont dit de son absence ? -Rien du tout, ils l’ont eux aussi ignoré. Comme s’il n’eût pas existé.
C’est là que je me suis trituré les méninges pour comprendre. Passer inaperçu à l’occasion d’un tel événement devrait être expliqué à l’opinion. S’est-il trouvé mal ? Ou alors, insinue mon vis-à-vis, ceci peut-il expliquer cela ? Aurait-il été lassé de pressions exercées sur lui pour rendre le tablier ? Et qu’en fin de compte, il aurait craqué en se disant : à quoi bon continuer à s’afficher en public ? Questions ouvertes.