Les Congolais ont commémoré, le 17 mai, la prise du pouvoir par l’AFDL, conduite par Laurent-Désiré Kabila. A l’occasion de cette date qui marque la chute du régime du maréchal Mobutu, des marches ont été organisées, à Kinshasa comme à l’arrière-pays, par les autorités politico-administratives. Fait nouveau pour cette onzième année, ces marches sont placées sous le signe de soutien au protocole d’accord sino-congolais.
17 mai 1997-17 mai 2008, cela fait exactement onze ans, jour pour jour, que les troupes de l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) faisaient leur entrée à Kinshasa, sous la direction de Laurent-Désiré Kabila. Cette entrée de l’AFDL avait mis fin à trente deux ans de règne du maréchal Mobutu Sese seko.
A Kinshasa, un culte organisé au temple du centenaire protestant a ouvert la journée. Culte suivi de la visite du mausolée de Laurent-Désiré Kabila dans l’enceinte du palais de la Nation, dans la commune de la Gombe et du marché de la Liberté, dans la commune de Masina. Des marches similaires ont également été organisées à l’arrière-pays par les autorités politico-administratives. Ces marches sont placées sous le signe de soutien au protocole d’accord sino congolais.
L’événement le plus marquant dans la capitale en ce 17 mai 2008 a été, sans conteste, la grande marche organisée par le gouverneur de la ville, André Kimbuta Yango. Les Kinois, qui se sont regroupés par district, ont envahi les grandes artères de la ville, sous la bonne protection de la Police, jusqu’au point de chute commun prévu sur le boulevard Triomphal, devant le stade des Martyrs.
Le district de Lukunga (communes de Barumbu, Gombe, Kinshasa, Kintambo, Lingwala, Mont Ngafula et Ngaliema) est parti de la grande poste sur le boulevard du 30 juin. Le district de la Funa (communes de Bandalungwa, Bumbu, Kalamu, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Selembao) est parti du rond point Moulaert dans la commune de Bandalungwa. Le district de Mont Amba (Lemba, Limete, Makala, Matete, Ngaba et Kisenso) et celui de la Tshangu (Kimbanseke, Maluku, Masina, N’Djili et N’Sele) ont démarré leur marche à partir de la 7ème rue Limete.
Dans son mot de circonstance, André Kimbuta a indiqué que le pouvoir actuel ainsi que toutes les institutions ont leur source le 17 mai 1997. Saisissant l’occasion, l’autorité urbaine a invité les Kinois à soutenir les cinq chantiers du gouvernement. S’agissant des contrats chinois, le gouverneur a exhorté la population à la vigilance vis-à-vis de ceux qui veulent saboter les efforts de reconstruction du pays.
PRESERVER LES ACQUIS
Par ailleurs, à Uvira au Sud-Kivu, selon la société civile locale, plusieurs personnes ont pris part à cette marche de soutien. A Kindu, au Maniema, et à Mbuji Mayi, au Kasai Oriental, des marches ont été également organisées et encadrées par la Police nationale. A Kananga, au Kasai Occidental, des centaines de personnes venues des 5 communes de la ville ont pris part samedi à une marche organisée par le protocole d’Etat. A Bandundu ville, un défilé a été organisé, tout comme à Kisangani, chef-lieu de la province Orientale.
Parmi les acquis de la « révolution du 17 mai», le plus important reste vraisemblablement l’esprit de « l’auto-prise en charge » prôné par Laurent-Désiré Kabila. Mais il y a également certaines institutions telles que le « Service national » dont le peuple continue à regretter la suppression. « Les gens qui ont visité le Service national nous disent que c’est une expérience extraordinaire. Ici, les réserves stratégiques existaient », témoigne un compagnon de route de Kabila.
Cette journée du 17 mai 2008 est chômée et payée sur l’ensemble du pays. En effet, selon une précision apportée par le secrétaire général au Travail, M. Bola, la RDC compte 5 jours fériés légalement reconnus par année.