Dès son avènement au pouvoir en 1997, Laurent-Désiré Kabila s’était assigné, entre autres missions, de changer la mentalité des Congolais à tous les niveaux. Ses compagnons de lutte, quelques Congolais vivant à l’étranger, communément appelés «la diaspora », le rejoindront à Kinshasa dans le but de l’épauler dans sa lourde tâche. Un sursaut de patriotisme louable dans la mesure où, pour sa reconstruction, la République démocratique du Congo avait besoin de la contribution de toutes les forces vives de sa population.
Bien qu’émettant quelque peu des réserves, la population, qui avait chaleureusement accueilli ses frères et sœurs, attendait d’eux un apport appréciable. Car, comme l’avait souligné Laurent-Désiré Kabila dans son discours d’investiture le 29 mai 2007, « l’Afdl est venue bâtir un nouvel Etat fondé sur de nouvelles valeurs, après avoir fait table rase du mobutisme ».
Refusant de travailler avec les cadres ayant évolué sous Mobutu pour des raisons qui lui étaient propres, Laurent-Désiré Kabila va recourir à l’« expertise » de la diaspora. Plusieurs membres de cette structure seront nommés au gouvernement, dans des institutions tant publiques que privées, assumant d’importantes responsabilités. Par contre, déçus parce que n’ayant pas obtenu un poste de responsabilité, certains vont soit rebrousser chemin ou rester au pays, en grossissant les rangs des aigris ou des opposants.
L’INEXPERIENCE OU L’INCOMPETENCE ?
Comme nous l’avons souligné ci-haut, l’avènement de l’Afdl et le retour au bercail de certains Congolais vivant à l’étranger ont suscité l’espoir auprès de la population congolaise. Mais, au fil des temps, la diaspora a déçu dans sa manière de gérer la chose publique. Plus d’un observateur se souviennent encore du passage de certains de ses membres dans les institutions tant publiques que privées. Pendant que la population s’attendait à une rénovation de leur part, c’est plutôt une gestion au pifomètre qui les caractérisait. La conséquence qui en résulte est que, jusqu’aujourd’hui, le pays fonctionne à reculons.
Inexpérience ou incompétence ? De l’avis de bon nombre d’observateurs, les deux à la fois. Car, parmi les membres de la diaspora qui s’autoproclament « élites » et le criaient sur tous les toits, certains avaient quitté le pays de la manière que l’on sait. D’autres se la coulaient douce à l’étranger pendant des années et ne s’étaient pas préparés, en conséquence, pour gérer le pays. Et la conséquence ne pouvait qu’être désastreuse, comme on a pu s’en rendre compte lorsqu’on leur a confié la gestion de la chose publique.
Même au sein du pays, la classe dirigeante supposée être celle des intellectuels ne répond toujours pas aux attentes de la population. Les exemples sont légion depuis onze ans, c’est-à-dire depuis la chute du régime Mobutu.
Que de déception dans la gestion de la res publica qui caractérise l’élite du pays ?
A l’avenir, il faudra une sélection rigoureuse des personnes devant assumer des responsabilités dans les institutions du pays. Pour cela, l’on devra privilégier la méritocratie. C’est à ce prix que l’on peut voir décoller la République démocratique du Congo. Sinon, l’on va continuer à se plaindre et voir, entre-temps, le pays descendre aux enfers.