Home Page | KongoTimes!
 
A Trusted Source of News Since 2006 !
Recherche dans le site
  WebSite  
HOME PAGE
CONTACT

 KongoTimes! Contact > Tél: +353 87 219 0039, E-Mail: contact@kongotimes.info - Wed, 07 Jan 2009 20:56:26

RDCongo | Afrique | Monde | Sport | Vidéo | Femme | Musique | Santé | Entretien Cinéma | Journal



»  RDC : Le Cndp sur les traces du Rcd/Goma
RDC : Le Cndp sur les traces du Rcd/Goma

Le Congrès national pour la défense du peuple (Cndp) de Laurent Nkundabatware n’a pas que des...

»  RDC : Nkunda arrête Bosco Ntaganda pour le livrer à la Cpi
RDC : Nkunda arrête Bosco Ntaganda pour le livrer à la Cpi

Prétendu coup d’Etat au Cndp, jeu subtil de Kagame. Peut-on croire à ce qui est arrivé au Cndp ?...

»  Afrique : L’exception ghanéenne
Afrique : L’exception ghanéenne

Le Ghana a un nouveau président de la République élu au suffrage universel. Il s’agit de John Atta...

»  RDC : Dragons encaisse sa première défaite face à Les Stars...
RDC : Dragons encaisse sa première défaite face à Les Stars...

La 5ème journée du championnat de l’Epfkin a été fatale pour l’As Dragons. Le club rouge et or...

»  RDC : V.Club à l’épreuve du champion
RDC : V.Club à l’épreuve du champion

Tenue en échec le samedi 3 janvier par la modeste formation du Real Club Impact, l’AS V.Club...

»  Mauritanie : Etats généraux de la démocratie
Mauritanie : Etats généraux de la démocratie

La Mauritanie tiendra une élection présidentielle le 30 mai, premier scrutin organisé depuis le...


Informartions Sur Le VIH/SIDA
»  Burkina Faso : Vie chère et nouveaux critères d’aide alimentaire, les patients séropositifs inquiets
Burkina Faso : Vie chère et nouveaux critères d’aide alimentaire, les patients séropositifs inquiets

Les associations de lutte contre le sida au Burkina Faso craignent d’être doublement victimes du phénomène de...

»  Kenya : Gigolos et touristes tentent leur chance sur les côtes
Kenya : Gigolos et touristes tentent leur chance sur les côtes

En regardant ce couple se balader main dans ma main sur une plage de sable fin de Mombasa, une ville côtière...


Interview En Audio
»  RDC / Papy Tex : « je suis le leader de l’orchestre Empire Bakuba » !
RDC / Papy Tex : « je suis le leader de l’orchestre Empire Bakuba » !

Selon Papy Tex, le leadership de l’orchestre Empire Bakuba est quelque chose qui doit être décidé par les...


Informartions Sur La Femme
»  Violences sexuelles : « Il faut que justice soit faite pour que les congolaises retrouvent le...
Violences sexuelles : « Il faut que justice soit faite pour que les congolaises retrouvent le...

Les violences sexuelles de toutes sortes dont sont victimes les femmes à l’Est de la Rd-Congo affectent les...



Radio Kongo Internationale
La radio de liberté d’expression et des africains libres
www.radioraki.net

BRNTV
La télévision panafricaine diffusé 24/24 !
www.brntv.com

RD Congo Parlement
Le sénat et l'assemblée nationale de la République Démocratique du Congo
www.parlement-rdc.org

KongoTimes! Flux RSS
 KongoTimes.info - Accédez à nos fils d'informations RSS, en cliquand ici !
afrique.kongotimes.info/
rss.php?rssID=all



Sat, 17 May 2008 16:22:00
Du Zaïre de Mobutu à la troisième République congolaise
 » Description
Depuis l’invasion de notre pays par les armées rwandaise et ougandaise en 1997 et la chute de Mobutu Sese Seko qui s’en suivit, je ne sais pas si la journée du 17 mai devrait être considérée comme le jour de notre malheur ou s’il faut la prendre pour un jour de libération en vue de nouvelles espérances. Je me demande s’il faut avoir le courage de faire une journée de deuil national ou s’il faut décider de considérer que ce jour-là fut pour nous une grande...



RDC / Spécial 17 Mai : Du Zaïre de Mobutu à la troisième République congolaise


Par KongoTimes!

La tragédie du 17 mai 1997

Depuis l’invasion de notre pays par les armées rwandaise et ougandaise en 1997 et la chute de Mobutu Sese Seko qui s’en suivit, je ne sais pas si la journée du 17 mai devrait être considérée comme le jour de notre malheur ou s’il faut la prendre pour un jour de libération en vue de nouvelles espérances.

Je me demande s’il faut avoir le courage de faire une journée de deuil national ou s’il faut décider de considérer que ce jour-là fut pour nous une grande opportunité de donner un nouvel élan à la nation. L’occasion d’ouvrir de nouveaux horizons à nos capacités d’initiative historique et de nous doter d’un nouveau souffle pour nous construire une nouvelle destinée, à partir de la nouvelle chance qui s’offrait à nous de manière inattendue à la fin d’une longue et désastreuse dictature.

LE DEVOIR QUI S’IMPOSE A LA NATION AUJOURD’HUI

Du point de vue spécifiquement historique, je me souviens de la joie immense de notre peuple devant la chute de Kinshasa et la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila en 1997. Face à la fuite du Maréchal Mobutu qui symbolisait à lui tout seul toutes les stations de notre calvaire et toute la tragédie d’un peuple livré à l’une des dictatures les plus féroces et les plus impitoyables du vingtième siècle, les esprits furent partout tournés vers l’avenir, avec un enthousiasme ardent et une liesse profonde, qui nous empêchèrent de réfléchir immédiatement sur l’ambiguïté d’une libération conduite par des armées étrangères, pour des objectifs politico-économiques et géostratégiques qui ne pouvaient qu’être nébuleux et problématiques.

C’est progressivement, quand le pouvoir de l’AFDL commença à montrer son vrai visage d’une politique de prédation, de pillage, d’humiliation, de domination et de despotisme obscur, que l’esprit de beaucoup d’entre nous s’ouvrit à la réalité qui nous était tombée sur la tête comme un désastre et une calamité. Les écailles tombèrent de nos yeux. Des interrogations inquiètes surgirent de nos consciences. Et le 17 mai devint pour la nation le jour de notre malheur et de notre désastre.

Comme face à tout malheur de ce type, la RD Congo eut sa cohorte de « collaborateurs » du nouvel ordre d’envahisseurs : des intellectuels opportunistes, des politiciens carriéristes, des hommes d’affaires sans scrupules et des légions de thuriféraires où se mêlaient de personnes de bonne foi et d’autres beaucoup moins portées par le souci du salut de notre pays. Il y eut aussi un bon « reste » de résistants irréductibles, qui ne cessa jamais de clamer l’imposture de l’AFDL et de toute sa politique. Une politique incohérente et inféconde, brouillonne et chaotique, qui nous conduisit à l’état de guerre permanent que nous vivons depuis lors, à l’insécurité de tous ordres qui corsète l’espace national maintenant et à l’étrange subterfuge électoral d’où a jailli, de péripéties tragiques en comédies politiciennes téléguidées par des forces extérieures à la nation, notre actuelle et mystérieuse troisième République.

Face à cette réalité historique, il n’est pas nécessaire aujourd’hui de ressasser, abstraitement et indéfiniment, ce qui nous est arrivé de profondément tragique depuis la chute de Mobutu. Il n’est pas non plus utile de nous enfermer dans la condamnation, verbeuse et impuissante, de l’invasion du pays par les forces étrangères, comme si ce cataclysme nous avait emmuré dans un traumatisme irrémédiable et invincible. Je considère également qu’il ne sert à rien de vociférer à tout instant contre le régime politique issu de notre malheur du 17 mai, comme si ce régime, sans une conversion radicale de sa vision du monde, pouvait être autre chose que ce qu’il est : le produit d’un crime juridique et d’une aberration néo-coloniale qui ne donneront jamais à nos dirigeants actuels l’énergie nécessaire à la remise en question de l’ordre servile dans lequel ils nagent au gré de vagues et pour lequel ils ne peuvent que travailler avec ardeur, s’ils veulent se maintenir au pouvoir et faire durer leur nouvel « ordre » de dictature sans faire de vagues. Je trouve qu’il serait également indécent de célébrer les héritiers des envahisseurs comme s’ils représentaient aujourd’hui le Congo de l’avenir et qu’ils cessaient, par la simple baguette magique du hasard qui les a placés dans les hautes sphères et les nébuleux rouages du pouvoir, des représentants d’un ordre politique issu du viol de notre territoire et de l’agression de notre pays. Un ordre qui n’a rien à voir avec ce notre peuple aurait pu faire si les forces démocratiques intérieures avaient accédé aux responsabilités de direction, d’administration et de gestion de la nation au moment où s’effondra la dictature mobutiste.

Le seul impératif qui compte aujourd’hui, c’est de réfléchir profondément sur ce qui nous est arrivé, de penser le sens à donner à notre destin maintenant, d’organiser les nouvelles luttes de résistance et de libération face aux puissances qui nous maintiennent dans l’impuissance néo-coloniale et d’imaginer l’avenir que nous devons construire à partir des leçons qu’il nous faut tirer de nos malheurs et de notre tragédie. Il s’agit d’un devoir de vérité, d’un devoir de responsabilité et d’un devoir d’invention d’une nouvelle destinée. Si le 17 mai doit avoir une signification dans notre esprit pour la transformation de notre pays, c’est dans cette perspective qu’il convient de l’inscrire, sereinement, tranquillement, mais avec vigueur et fermeté.

LE DEVOIR DE VERITE

En fait, le 17 mai de chaque année devrait être désormais le jour où nous faisons mémoire du destin de notre pays depuis le 30 Juin 1960, journée de notre indépendance, jusqu’à notre époque actuelle où le pays donne l’impression de naviguer à vue et de prendre l’eau de partout dans la mer houleuse de l’ordre mondial.

Faire mémoire, c’est regarder vraiment l’essentiel de ce qui nous est arrivé pour en comprendre les ressorts profonds et en démonter les mécanismes de telle manière que les épreuves endurées nous rendent plus forts, plus résistants et plus créatifs.

Que nous est-il arrivé ? Deux catastrophes sur lesquelles il convient de méditer pour en tirer leçons qui s’imposent.

La première catastrophe concerne la continuité de la logique de la servitude à travers la substitution de la dictature néo-coloniale de Mobutu par une autre dictature, tout aussi néo-coloniale : celle d’un groupe de congolais « instrumentalisés » et « marrionnetisés » par des pays voisins dont l’agenda caché ne prévoyait pas la libération réelle de notre pays. Leur agenda prévoyait tout autre chose : l’annexion d’une partie du Congo, l’instauration d’un pouvoir fantoche à Kinshasa et l’exploitation tranquille des richesses congolaises au profit des conglomérats mondiaux intérieurement brûlés par l’instinct de vautours et par le complexe de vampires assoiffés de sang. Derrière le changement de régime se profilait une volonté de fragilisation, de démembrement et d’anéantissement du Congo. Lorsque les Congolais de l’AFDL se rendirent compte de la signification réelle de leur instrumentalisation par le Rwanda et l’Ouganda, ils voulurent faire machine arrière en refusant la substance des fameux accords secrets de Lemera, qui stipulaient clairement que le pays devait perdre une vaste part de sa souveraineté en cédant l’Est de la République comme butin de guerre à ses voisins. Cela plongea le Congo dans une guerre interminable dont les armées rwando-ougandaises d’abord, les troupes du RCD ensuite et les rebelles de Laurent Nkunda aujourd’hui représentent les différentes visées successives : celle du renversement de Laurent Désiré Kabila comme chef d’Etat empêcheur de tourner en rond, celle du pillage tranquille et de la prédation sereine de la RD Congo par ses voisins, celle de la fragilisation de nouvelles autorités congolaises de la transition « 1+4 » et de notre actuelle troisième République. Notre malheur du 17 mai 1997, c’est cette désastreuse permanence du néocolonialisme dans un pays qui peut être le fer de lance d’une lutte profonde de libération, de reconstruction et d’invention d’une nouvelle destinée pour toute l’Afrique, si ce pays prend conscience de ses immenses atouts et de sa puissance réelle.

Notre deuxième malheur, ce fut le pourrissement intérieur de notre pays non seulement dans le système dictatorial dont la corruption, la gabegie, l’idiotie, le désordre chronique et le manque d’intelligence stratégique conduisirent Mobutu à sa ruine, mais également dans le nouveau règne de l’AFDL dont les diverses factions furent prises d’une boulimie de prédation et d’une criminalisation de leur politique qui fut dénuée de tous principes d’une éthique du salut de la nation. Vol, viol, assassinat, mensonge, hypocrisie, double langage et manœuvres politico-politiciennes devinrent le lot quotidien d’un désordre établi qui vida l’AFDL de toute légitimité comme force libératrice. Au fond, l’immoralité mobutiste fut remplacée par l’immoralité rwando-ougandaise, sous la houlette de Laurent Désiré Kabila comme chef d’une cohorte macabre qui plongea le pays dans la guerre au lieu de lui offrir la paix promise. Même avec la troisième République, nous ne sommes pas sortis de l’enfer d’une politique sans éthique. Corruption, enrichissement illicite, effondrement du sens du bien public, règne de la misère et de la peur, tout ce qui constitue la substance de notre quotidien dans notre troisième République ne fait que prolonger la dynamique de pourriture morale dont le pays souffre depuis Mobutu.

Ni du point de vue politique ni du point de vue éthique, le 17 mai n’a rien changé en profondeur dans notre pays. La révolution que ce jour annonçait pour notre peuple est encore à faire. Elle relève de notre responsabilité à tous et toutes, maintenant.

LE DEVOIR DE RESPONSABILITE

Je considère que notre responsabilité est de nous engager aujourd’hui dans la révolution que nous espérions faire à la chute de Mobutu : une révolution de notre vision de la politique et une révolution de notre éthique publique dans la transformation en profondeur de notre pays.

Du point de vue spécifiquement politique, nos malheurs et nos souffrances devraient nous faire comprendre que tout pouvoir dictatorial, toute vision despotique de la politique conduit à la ruine. Le 17 mai a été le jour de la ruine politique mobutiste. Il devrait aussi être le symbole de la ruine de toute vision du pouvoir comme dictature, comme despotisme, comme autocratie, comme règne de la terreur. Tant que les dirigeants de notre nation n’auront pas saisi cette vérité, ils diviseront notre pays contre lui-même et prépareront eux-mêmes leur propre implosion, comme Mobutu prépara son propre effondrement politique dans la férocité d’un pouvoir débile et insensé. Pour notre pays, il n’ y a pas d’avenir politique dans l’esprit de terreur imposée aux citoyens, à l’opposition et aux forces alternatives qui croient en la démocratie comme base du développement de la nation. Si la deuxième « République » a été un échec et une calamité totale, c’est parce qu’elle ne fut pas du tout une vraie République. Ankylosée dans une vision terroriste du pouvoir d’Etat et dans une volonté de puissance au service d’un seul homme comme maître absolu du jeu politique, elle s’était coupée des énergies de l’intelligence nationale et des forces populaires dont le génie pouvait lancer les véritables initiatives de développement, organiser les actions locales de transformation sociale et conduire le pays vers une ère de la prospérité et du bonheur solidaire. Aujourd’hui, le pouvoir en place ne semble pas comprendre que la démocratie vraie, la démocratie libérée de l’ordre néo-colonial, est notre seule chance de développement. Nous ne pouvons pas célébrer le 17 mai sans nous dire fortement cette vérité du combat démocratique à mener pour juguler les malheurs que la chape de plomb de l’AFDL et de tout son héritage politique a déversé sur notre pays. Ce combat est encore à mener contre une troisième « République » qui ne pourra réussir que si elle devient réellement une « République », et non une caricature ridicule de la dictature néo-coloniale qu’elle a tendance à être aujourd’hui. Ce que le 17 mai n’a pas pu réaliser en termes de révolution démocratique pour le développement, le Congo doit le réaliser maintenant, sous peine de perdre son avenir.

L’autre vérité que nous devons nous dire en célébrant la révolution manquée du 17 mai 1997 est celle-ci : toute politique qui ne se donne pas une substance éthique prépare sa propre ruine. Si la deuxième « République » s’est disloquée comme un château de cartes devant les forces étrangères qui l’attaquèrent au milieu des années 1990, c’est parce qu’elle était déjà pourrie de l’intérieur et qu’elle ne défendait aucune valeur humaine fondamentale. Sans ossature éthique, sans normes pour la consolidation du bien commun et de l’espace public, sans aucun sens des valeurs qui unissent les personnes et les peuples dans un même destin en tant que nation, cette « République » dénuée de toute substance du bien était devenue une force du mal que personne ne pouvait défendre, même pas sa propre armée. On y a vu des généraux trahir leurs propres troupes, des hauts cadres militaires se détourner de leur chef et livrer le pays à l’ennemi sans coup férir. On n’y a vu les politiciens perdre tout sens de leur devoir et de leur responsabilité publique pour s’adonner uniquement à la recherche de leur enrichissement, en attendant le jour où le glas devait sonner pour un régime dont l’immoralité totale n’inspirait aucune confiance. Parce qu’elle n’avait plus aucune crédibilité auprès des populations, cette fausse République ne suscitait aucune mystique qui aurait conduit des hommes et des femmes à mourir pour elle. Aucun lien affectif de fond ne reliait plus les dirigeants à leur peuple. Mobutu est mort de n’avoir pas compris que la politique, au plus profond de son sens, est une éthique du bien commun. Une éthique de la discussion publique. Une éthique de l’engagement démocratique. Un éthique des liens solidaires et responsables. Une éthique du bien-être-ensemble, c’est-à-dire du bonheur partagé.

Une telle éthique exige des institutions crédibles, une organisation collective fiable et une mystique de l’être ensemble dans une même « communauté de destin ».

Aujourd’hui, le Congo n’est pas encore soudée par ces exigences d’une vraie communauté de destin. Les pouvoirs publics ne semblent pas se soucier de l’éthique publique. Nous nous trouvons dans une situation d’anomie politique que le ministre belge Karel De Gucht a eu raison de fustiger en mettant devant nos yeux les tares des dirigeants qui nous gouvernent. Ces tares, tous les Congolais et toutes les Congolaises savent qu’elles existent et qu’il nous faut une révolution éthique pour les juguler et bâtir une autre politique.

Si la célébration de la journée du 17 mai ne nous conduit pas à la conscience d’une nouvelle éthique politique, nos malheurs et nos souffrances depuis le règne de Mobutu jusqu’à la troisième République auront été vains. Nous avons la responsabilité de ne pas rendre futiles le combat de tous ceux et toutes celles qui ont voulu et qui veulent encore pour notre pays une démocratie fondée sur les valeurs fertiles de l’humain, sur la promotion et la protection des droits de l’Homme et des peuples, sur le sens du bien commun et sur le souci du bien-vivre-ensemble dans l’aura d’un développement durale et solidaire. Seul un tel socle éthique largement perçu comme route de notre futur pourra nous conduire à la construction d’une nouvelle politique, et sur la même lancée, d’une nouvelle société.

LE DEVOIR DE NOUVELLES INITIATIVES

La démocratie solidaire et l’éthique politique telles que je les décris ici sont intimement liées à la capacité qu’aura notre pays à développer, dans toutes les couches de nos populations, le sens de grandes initiatives créatrices.

Je pense avant tout au travail de promotion de l’intelligence congolaise dans toutes ses forces d’inventivité aujourd’hui étouffées. Si cette intelligence était de nouveau mobilisée dans des initiatives semblables à celle de la « Conférence Nationale Souveraine » des années 1990, beaucoup de nouvelles propositions auraient vu le jour pour éclairer le pays sur la voie à prendre pour notre développement, sur les moyens à rassembler et sur les compétences humaines à promouvoir pour bâtir une nouvelle société. Aucun pays ne peut se développer s’il méprise et détruits sa propre matière grise. Il est temps que soient lancées des initiatives de la revalorisation des forces de l’intelligence dans notre pays. Faute d’avoir valorisée notre matière grise, la deuxième « République » a sombré dans l’idiotie et la troisième « République » patauge maintenant dans l’impuissance. Jusque à quand laisserons-nous le pays dépérir dans l’inintelligence, dans la médiocrité, dans l’insignifiance et dans l’impuissance face aux défis de notre destinée aujourd’hui ?

Je pense également aux initiatives d’éducation politique et de formation citoyenne pour une prise de conscience, par nos populations, des affres du système de dictature néo-coloniale ainsi que des exigences de lutte contre ce système à travers l’engagement concrets d’organiser notre peuple pour une prise en charge de nous-mêmes par nous-mêmes face aux problèmes de tous les jours. Sans une démocratie à la base, à travers un maillage associatif de toutes les forces vives de la nation, il ne sera pas possible de créer un esprit d’indépendance, de liberté et d’imagination créatrice pour une culture de pensée et d’action autonomes. Si l’Etat croupit aujourd’hui dans la paresse et l’impuissance néo-coloniales, c’est parce que les structures mêmes de nos esprits sont néo-coloniales. Malgré la dénonciation de cet état de fait, nulle idéologie publique claire, nulle pensée communautaire anti-coloniale, nulle organisation éducative conséquente n’ont vu le jour chez nous pour travailler les profondeurs de nos populations selon les impératifs d’une prise en charge de notre pays par nous-mêmes. Il est temps de reprendre à nouveau frais le problème de la néo-colonisation de nos esprits et de la colonisabilité de notre être en vue de rompre avec une forme de mentalité qui nous fragilise et casse les ressorts de toute indépendance vraie en RDC.

Il est aussi nécessaire de pousser la classe politique congolaise à rompre avec son accoutumance à la drogue néo-coloniale qui l’oblige à croire que notre développement devrait se faire avec l’argent qui vient d’ailleurs, au lieu d’être une dynamique d’organisation endogène dans la mobilisation de tous les moyens matériels et humains pour bâtir une autre société. La léthargie dont font montre les dirigeants de notre pays face aux cinq chantiers du président de la République montre à quel point la classe politique congolaise manque de souffle pour convaincre notre peuple de s’engager lui-même dans son auto-développement. Parce qu’elle est elle-même complètement droguée par le système où tout dépend de l’extérieur, cette classe politique ne sait pas par quel bout prendre la question du financement de notre développement. Elle attend l’aide extérieure dont elle devrait pourtant savoir qu’elle n’est qu’un outil de puissance et de domination. Un instrument dont on ne peut pas attendre qu’il nous procure par enchantement magique ce qui nous manque le plus aujourd’hui : une vraie puissance intérieure de créativité. Nos hommes politiques ont à décider maintennt de se tourner plus vers notre peuple que vers l’étranger. C’est la condition d’une vraie politique de reconstruction nationale : elle exige démocratie, respect des droits humains et devoir de solidarité et de responsabilité collective. S’ils sont incapables de cette « metanoia », il est temps que nous pensions à des alternatives capables de casser le système de fragilité néo-coloniale dont nous souffrons. D’autres hommes, d’autres femmes, sont capables de gouverner notre pays avec compétence et dévouement. Il faudra faire appel à eux.

Je pense à une autre exigence pour notre pays. Le Cameroun parle de cette exience depuis une vingtaine d’années sous forme de slogans vides, mais nous pouvons donner à ces slogans une dimension concrète décisive. De quels slogans s’agit-il ? De la « rigueur » et de la « moralisation ». Il s’agit en fait d’une mise sur pied des structures d’éthique collective qui puissent forcer tout le monde à travailler avec rigueur partout dans la nation et à adopter rigoureusement des comportements du respect des valeurs morales et de l’éthique du bien commun. Notre pays meurt de ne s’être pas doté, malgré l’avènement de la troisième République, d’un cadre du respect de l’éthique publique. Si nous avions ce cadre, le phénomène de nouveaux riches qui pillent manifestement les fonds publics n’aurait pas atteint la dimension d’impunité qu’il a dans notre pays maintenant. Nous n’aurions pas pu subir l’humiliation des insultes publiques de la part d’un ministre belge sur notre propre sol. Nous n’aurions pas non plus été condamnés à mendier des fonds d’aide au développement pour nos propres chantiers de reconstruction. Nous aurions plutôt mobiliser nos propres richesses matérielles et humaines pour notre développement solidaire, durable et localement enraciné dans une mentalité de créateurs d’une nouvelle destinée pour la RDC.

CONCLUSION

On le voit : d’immenses tâches nous incombent, d’immenses responsabilités reposent sur nos épaules à tous et toutes. C’est à elles qu’il nous faut penser pour rompre avec la logique qui prévaut chez nous depuis le 17 mai 1997, une logique de continuité avec la politique néo-coloniale du mobutisme et « l’immoralisation » de l’espace publique qui a étouffé notre génie créateur. Pour donner un sens à la célébration de l’anniversaire de la chute de Mobutu et de l’avènement de l’ère kabiliste, l’exigence est aujourd’hui est de rompre avec le mobutisme et le kabilisme comme type d’esprit et maladie chronique de notre pays. Nous n’avons pas d’autre choix, si nous voulons un Congo fascinant et rayonnant dans le monde d’aujourd’hui.


 
Published By www.KongoTimes.info

Supportez KongoTimes!, faites un Don American express cardMaster card Visa card Accepté !

Go Daddy $1.99 Domains 468x60

Vos réactions

Votre nom:
Votre e-mail:
Titre de l’article:
Votre commentaire: (Max 1500 caractères) !




L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.
Home Page | Conditions of Use | Privacy Policy | Contact Us | Publicite |  Fils RSS | KongoTimes!, Inc. © 2006-2008 All rights reserved.


 Pays          Rubriques
 Afrique de l'Est  Afrique centrale  Afrique du Nord Afrique australe   Afrique de l'Ouest  Afrique
 Burundi  Cameroun  Algérie  Botswana  Bénin  Union Africaine
 Djibouti  Centrafrique  Égypte  Lesotho  Burkina Faso  Culture & Art
 Îles Éparses  Congo  Libye  Namibie  Cap-Vert  Agriculture
 Érythrée  Tchad  Maroc  Afrique du Sud  Côte d'Ivoire  Françafrique
 Éthiopie  RD Congo  Soudan  Swaziland  Gambie  SADC
 Kenya  Guinée équatoriale  Tunisie  Zimbabwe  Ghana  CEEAC
 Mayotte  São Tomé-et-Principe  Canaries  Zambie  Guinée  Francophonie
 Réunion  Gabon  Ceuta  Mozambique  Guinée-Bissau  Élections
 Rwanda    Madère  Malawi  Libéria  Monde
 Seychelles    Melilla  Ile Maurice  Mali  Sport
 Somalie    Mauritanie  Comores  Niger  Vidéo
 Tanzanie      Angola  Nigeria  Femme
 Ouganda      Madagascar  Sainte-Hélène  Musique
         Sénégal  Santé
         Sierra Leone  Entretien
         Togo  Cinéma