La date du 17 mai 1997 rappelle l’entrée des troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) à Kinshasa. Quel commentaire faites-vous sur cette date ?
Le 17 mai 1997 est une date noire dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo. En ma qualité de président du Comité national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), je reconnais que nous sommes tombés dans le piège de la haute finance internationale, parce que ceux qui géraient le dossier médical de Mobutu sont les mêmes qui ont fabriqué Laurent-Désiré Kabila.
Sachant que M. Mobutu était mourant, ils ont relayé la lutte de l’UDPS contre le même Mobutu en fabriquant de toutes pièces Laurent-Désiré Kabila, avec l’AFDL. C’est ainsi que ce dernier prend le pouvoir, le 17 mai et Mobutu meurt trois mois plus tard. Ainsi, l’AFDL a été fabriquée pour contrecarrer la prise du pouvoir au Congo par l’UDPS.
Une semaine après, soit le 23 mai 1997, le président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, va demander à Laurent-Désiré Kabila, au cours d’un point de presse tenu en sa résidence à Limete, de remercier la légion étrangère qui l’a placé au pouvoir et de relayer ce faisant, sa lutte contre Mobutu, mais aussi d’exiger que ses parrains rentrent chez eux et, s’il échet, qu’ils nous présentent leur facture. Depuis cette date noire, le Congo fait l’objet de pillage systématique de ses ressources naturelles. La triste réalité aujourd’hui dans ce pays donne raison à Tshisekedi.
Alors, que préconisez-vous ?
La solution est simple. Que la communauté internationale laisse aux Congolais la liberté de se choisir leurs propres dirigeants. De toutes les façons, ils s’en chargeront bientôt.