Demain, la Rdc commémore le 17 mai, date de l’aboutissement de la lutte de libération. Cette lutte remonte au lendemain de la destitution illégale et l’assassinat de Patrice Emery Lumumba. Aux termes des élections libres démocratiques et transparentes, la coalition Mnc/Lumumba, Psa/Gizenga, Cerea/Kashamura et Balubakat/Sendwe venait de gagner les élections en obtenant la majorité au parlement, et dans les deux chambres.
Le représentant du roi des Belges tergiverse pour désigner le leader de cette coalition au poste de formateur. Il désigne d’abord un informateur en vue de réunir la majorité nécessaire pour diriger le premier gouvernement du Congo indépendant. Il désigne Joseph Kasa-Vubu comme informateur. Ce dernier échoue. Il revient cette fois vers Patrice Emery Lumumba. Malgré le croc-en jambes, Lumumba réconforte la majorité et obtient le titre de formateur du gouvernement. Il a comme vice-premier ministre, Antoine Gizenga que la roue de l’histoire retrouve en 2008, au poste de premier ministre du premier gouvernement de la troisième République. Patrice Emery Lumumba était le premier ministre du premier gouvernement de la première République. C’est tout un symbole.
La République démocratique du Congo inaugure les étapes décisives de son histoire avec le gouvernement des nationalistes. Malheureusement, l’histoire le démontre, le pouvoir leur offert par le peuple est confisqué par des manœuvres politiciennes. Le schéma est le même. Sous Lumumba, le gouvernement était accusé de livrer le pays aux Russes et aux Chinois. Lumumba tué, le Congo est devenu le meilleur élève de l’Occident.
La Chine une puissance
Quarante-huit ans après, la Chine est devenue une puissance économique. Mais la Rdc, le meilleur élève du camp occidental est tombé dans la misère la plus noire. Quarante-huit ans après, la Rdc est obligée de se tourner vers la Chine pour se reconstruire et amorcer réellement son développement.
Après plus de trois décennies de la dictature, le pays entre dans une phase de démocratisation qui s’embourbe. Les pays qui avaient amorcé le processus de démocratisation en sortent, certains sont à leur deuxième législature, d’autres à la fin de la première législative. Mais, la Rdc voyait reculer l’horizon d’une vraie démocratie. Mobutu malade, une révolution de palais se préparait avec risque de retour à la case départ avec les faucons de son camp. C’est alors qu’apparaît, mieux réapparaît Mzée Laurent Désiré Kabila. Il est dans le maquis depuis l’âge de 19 ans après l’assassinat de Lumumba. Il mène plusieurs tentatives de libération dont les plus célèbres sont les guerres de Moba I, Moba II et Moba III. Le célèbre maquisard cubano-argentin, Che Guevara séjournera même dans le maquis de Mzée Kabila dans les montagnes de Fizi-Baraka. Le 17 mai est l’aboutissement heureux de cette longue lutte.
Mzée Kabila, même sort que Lumumba
Mais à peine au pouvoir, alors qu’il s’est donné une période de transition la plus courte de l’histoire de ce pays, pour organiser les élections, comme avec Lumumba, on fomente des troubles partout au pays. Au lieu de recourir au peuple, on recourt à la même politique des négociations pour reprendre aux nationalistes le pouvoir reçu du peuple qui avait accompagné et salué la marche de libération par l’Afdl.
En attendant qu’aboutissent ces négociations, Mzée est assassiné. Le dialogue inter congolais ramène au pouvoir mobutistes (Mlc) et autres chefs rebelles. La suite des événements démontre l’internationalisation de la question congolaise. Tout indique que depuis 1885, ce pays, dans l’entendement des milieux occidentaux est resté un bien des Occidentaux qui avaient le droit d’y placer la personne de leur choix en vue de protéger leurs intérêts. Tout cela saute aux yeux avec les contrats chinois. Alors que les Chinois sont partout en Afrique et les Occidentaux se bousculent en Chine, la présence de Pékin en Rdc devient un problème international. La colère de Karel De Gutch, est représentative du courroux de l’Occident.
Au fil des années après la libération
17/05/1997 L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) menée par Laurent Désiré Kabila prend Kinshasa six mois après le début de la guerre de libération.
28/05/1997 Laurent Désiré Kabila prend les fonctions de président de la République. Il rebaptise le pays qui redevient République démocratique du Congo (Rdc)
17/04/1998 Il est déjà au centre d’un conflit à l’Onu qui l’accuse de massacres des Hutus. Une mission d’enquête est envoyée en Rdc.
03/08/1998 Après la tentative manquée d’assassinat de Mzée dans sa résidence du Palais de marbre, des troubles éclatent aussi bien à Kinshasa qu’à Goma. L’agression est couverte sous la lutte identitaire de Tutsi. Des combats éclatent dans les casernes de Kinshasa.
04/08/1998 Les troupes rwandaises qui sont entrées au Congo sous prétexte de protéger leurs frontières, arrivent à Muanda à la côte atlantique à 2000 kilomètres de leur frontière.
08/08/1998 Tentative non concluante de négociation avec le président rwandais Pasteur Bizimungu et d’autres dirigeants de la région à Victoria Falls au Zimbabwe.
09/08/1998 Une colonne des blindés ougandais entre sur le territoire congolais. Pendant ce temps, est créé le Rcd pour servir de sous-traitant à l’agression rwandaise.
23/08/1998 Les troupes d’agression sont défaites à Muanda et à Kinshasa avec l’aide du Zimbabwe et de l’Angola.
27/08/1998 La Namibie apporte son soutient à Kinshasa.
18/12/1998 Le sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) convoqué pour trouver une solution à la crise congolaise échoue.
10/07/1999 Un accord de cessez-le-feu est signé à Lusaka en Zambie, entre les six pays impliqués dans la guerre africaine : Rdc, Angola, Namibie, Zimbabwe, Rwanda et Ouganda.
12/10/1999 Le Burundi est manifestement impliqué dans l’agression de la Rdc.
24/02/2000 : Le Conseil de sécurité de l’Onu décide de l’envoi d’une force de l’ONU de 5 500 hommes, dont 5 000 soldats, chargés de faire respecter le fragile cessez-le-feu. 16/01/2001 : Laurent Désiré Kabila est assassiné à Kinshasa par un de ses gardes du corps.
26/01/2001 : Joseph Kabila succède à son défunt père sur décision du conseil des ministres et du parlement ensuite. 25/02/2002 : Début des négociations à Sun City en Afrique du Sud, pour concrétiser une clause de l’Accord de Lusaka exigeant la tenue d’un dialogue inter congolais.
30/07/2002 : Signature à Pretoria, Afrique du Sud, par les présidents congolais Joseph Kabila et rwandais Paul Kagame d’un accord de paix entre les deux pays. Le processus de paix ainsi mené aboutira à l’organisation en 2006 des élections libres démocratiques et transparentes qui ont vu la victoire de Joseph Kabila sur JP Bemba au deuxième tour. Lire en page 5, qui est Mzée L.D. Kabila