Au cours de la semaine du 1er au 8 août 2008, la coordonnatrice de l’Ong Gasa, Béatrice Nday Wa Mbayo, a participé à la conférence mondiale du VIH/Sida qui s’est tenue à Mexico, au Mexique.
Dans un entretien au Potentiel, Mme Béatrice Nday estime que la conférence de Mexico a été le premier forum international à avoir tiré la sonnette d’alarme sur l’épidémie du VIH/Sida chez les homosexuels (hommes) des pays ayant des ressources limitées et où la prévention et les traitements les concernant sont ignorés et déniés.
Des statistiques ont été publiées sur la prévalence du VIH chez ce type de cible en Afrique, en Asie et aux Amériques et ce taux est de 4 à 33 fois plus élevée que dans le reste de la population.
Selon Mme Nday, le Dr. Peter Piot, directeur sortant de l’Onu/Sida, a déclaré qu’il fallait agir vite car ces chiffres lui rappelaient ceux de l’Amérique du Nord et de l’Europe dans les années 80.
La nouvelle technologie de dépistage, beaucoup plus fiable et capable de distinguer les infections récentes des plus anciennes, a été utilisée aux Etats- Unis. Les statistiques, qui en sont issues, dévoilent qu’il y a beaucoup plus de nouvelles infections au VIH aux Etats-Unis qu’on ne le pensait. Les autorités américaines pensent désormais qu’il y a eu plus de 56.000 nouvelles infections au VIH en 2006, un chiffre de 40% plus élevé que l’estimation précédente.
LES PROGRAMMES DE MICRO-FINANCE
Une étude conduite en Afrique du Sud, dans un milieu où les femmes sont très pauvres, met l’accent sur les programmes de micro finance et montre que ces derniers réduisent le risque de VIH chez les femmes en réduisant les comportements à risque et la violence des partenaires.
Ces femmes, très pauvres, ont reçu de petits prêts pour monter une affaire, comme par exemple l’achat et la vente de produits locaux; la vente de vêtements neufs ou d’occasion; la garde d’enfants; ou la possession d’un stand d’alimentation.
Pratiquement, tous les prêts ont été repayés. Cela va sans dire que ceci ne marche que si tous les prêts sont remboursés pour que d’autres femmes puissent en bénéficier à leur tour. Cette étude a démontré que non seulement ce programme a amélioré leur bien-être financier, mais il a également réduit le nombre de rapports sexuels sans protection avec des partenaires multiples et a réduit la violence des partenaires.
Au sujet de la circoncision, les chercheurs ont suggéré, pendant la session de présentation sur ce sujet, que tripler le nombre d’homme circoncis pourrait réduire de moitié le nombre d’infection du VIH dans les pays les plus touchés par l’épidémie. Mais, il faudra peut-être attendre 50 ans pour que la circoncision ait un impact total sur l’épidémie et il faudrait circoncire la majorité des hommes sexuellement actifs âgés de 15 à 45ans.
D’autres recherches ont montré que la circoncision n’était pas associée à une réduction des fonctions sexuelles et du plaisir. Toutefois, la prévention positive a constitué un sujet d’intérêt particulier pour GASA en ce sens qu’elle concerne les PVV. Plusieurs études ont examiné les facteurs associés aux rapports sexuels sans protection parmi les séropositifs.
Une étude en Afrique du Sud a trouvé que les rapports sexuels sans protection parmi les femmes séropositives étaient associés avec le chômage, les abus physiques dans leur relation, la solitude, la marginalisation et le fait qu’elles ne se sentaient pas capables de négocier l’utilisation des préservatifs.
La même étude a trouvé que l’indice principal de rapports sexuels sans protection chez les hommes séropositifs était la consommation d’alcool avant d’avoir des rapports sexuels. Une étude européenne a également été présentée à la conférence et a conclu que les personnes séropositives dont le ou la partenaire était séropositif (ve) étaient plus susceptibles d’avoir des rapports sans protection.
Parmi les femmes séropositives, les rapports sexuels sans protection étaient associés avec l’âge, le désir d’avoir un enfant et la consommation de drogues douces. Il y a eu également de nombreux débats sur la charge virale et l’infectiosité.
Une étude européenne a produit des résultats surprenants, trouvant que les personnes sous traitement antirétroviral étaient moins susceptibles d’avoir des rapports sexuels: sans protection, et que ceux qui connaissaient leur charge virale l’étaient même encore moins.
Quant à la tuberculose chez les personnes séropositives, elle est la cause de maladie et de décès la plus fréquente au niveau mondial. Une des méthodes de prévention de la tuberculose chez les personnes séropositives, dont le risque de maladie est élevé, c’est de leur donner un traitement préventif.
D’aptrès une présentation faite par des chercheurs du Kenya, ce traitement peut être mis en place avec succès par l’intermédiaire des programmes de traitement du VIH.
GASA CONTRIBUE A LA LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA EN RDC
Mme Béatrice Nday wa Mbayo, coordonnatrice de GASA se dit convaincue que l’action de son Ong dans la prévention du VIH /Sida en RDC sera d’un apport positif et contribuera à la diminution de cas de contamination dans les prochaines années.
Pour ce faire, elle attend d’être renforcée par un appui considérable des dirigeants politiques congolais, le support de la population et des bailleurs de fonds.
80 millions d’infections au VIH en 2031
Des projections indiquent que, d’ici 2031, soit 50 ans depuis la découverte des premiers cas de SIDA, il pourrait y avoir plus de 80 millions d’infections au VIH. A ce propos, Peter Piot, directeur exécutif de l’ONU/SIDA, a exprimé son espoir qu’à cette échéance, toutes les personnes courant un risque de VIH connaîtraient leur statut.
Il y aurait des traitements durables de première et de deuxième ligne avec moins d’effets secondaires et qui marcheraient contre les virus résistants aux médicaments. Et, les médicaments anti-VIH seraient utilisés de façon appropriée pour la prévention.
Avec ces prévisions, étant donné les difficultés de fournir un traitement à tant de personnes, des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour éradiquer le VIH ou, au moins, le contenir de façon à ce que les personnes séropositives n’aient pas besoin de suivre un traitement toute leur vie.
Des investissements énormes seront nécessaires pour garantir qu’il y ait suffisamment d’argent pour payer les médicaments contre le VIH.
DES TRAITEMENTS PROMETTEURS
Deux nouveaux traitements semblent prometteurs. Les cellules immunitaires, extraites des individus et modifiées par la suite, améliorent la réponse immunitaire individuelle à l’infection du VIH.
Cette approche au traitement anti-VIH semble être faisable et sans danger, d’après plusieurs rapports au cours de la 17ème conférence internationale sur le VIH /SIDA. Au sujet du traitement du VIH et de la prévention, les présentateurs ont constamment passé le message qu’il y a suffisamment de données indiquant qu’une utilisation plus étendue des traitements contre le VIH diminuerait le nombre de nouvelles infections. Ce message a également été répété par le Prof Julio Montaner, le futur président de la Société internationale sur le SIDA qui a organisé la conférence.
« Nous pensons qu’il y a suffisamment d’indices pour pouvoir dire aux responsables politiques que s’ils étendent le traitement anti-VIH de façon à couvrir 100%, ils verront une réduction de la transmission du VIH. », a-t-il déclaré.
Plusieurs indications scientifiques appuient cette déclaration. Par exemple, le taux de transmission à Taiwan a diminué de 50% après l’introduction du traitement anti-VIH; Les transmissions du VIH ont diminué de 90% au Rakaï, en Ouganda grâce à la prestation de traitements anti-VIH. Ceci a été fait en association avec un soutien aux patients en matière d’adhésion, pour assurer qu’ils atteignent une charge virale indétectable, et des conseils sur les rapports sexuels sans risques.
On a récemment prédit que l’épidémie du VIH serait arrêtée dans les 50 prochaines années si toutes les personnes séropositives recevaient des médicaments anti-VIH.
Une étude est en cours pour voir si l’initiation du traitement lorsque le taux de CD4 est en dessus de 350 diminuerait le nombre de transmission du VIH dans les couples où un des partenaires est séronégatif. Les dernières directives britanniques sur le traitement anti-VIH déclarent que l’initiation du traitement lorsque le taux de CD4 est plus élevé pourrait être considérée pour les patients qui ont un/une partenaire séronégatif (ve). Elles ajoutent cependant que le traitement ne remplace pas les rapports sexuels sans risques.
En conclusion, un ensemble de méthodes de prévention est nécessaire car il n’y avait pas de solution miracle pour la prévention du VIH. Cet ensemble des méthodes de prévention consiste en l’utilisation des préservatifs et moins de partenaires sexuels, en la circoncision et la prévention de la transmission de la mère à l’enfant, au traitement, pas seulement du VIH mais aussi des autres infections sexuellement transmissibles, à des politiques sociales qui combattent la pauvreté et défendent les droits de l’homme.
L’Inde a réduit le nombre de nouvelles infections parmi les femmes qui travaillaient dans l’industrie du sexe et les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes. L’utilisation des préservatifs a augmenté et le taux d’infections sexuellement transmissibles a diminué.