Au cours de sa plénière du lundi 23 juin 2008, le Sénat a adopté la loi portant protection des personnes vivant avec le Vih/Sida (PVV). Cet acte juridique n’est qu’une réponse au souhait longtemps exprimé par les intéressés qui tenaient mordicus à s’entourer de certaines garanties. Désormais, en République démocratique du Congo, les personnes vivant avec le Vih/Sida (PVV) se rappelleront longtemps de la date du 23 juin 2008. Se considérant marginalisées, elles peuvent maintenant se frotter les mains du fait que la Chambre haute du Parlement ait reconnu leur utilité dans la société.
Depuis plusieurs décennies en effet, le monde se retrouve face à une épidémie difficile à éradiquer. Il s’agit du Sida. Les recherches pour une thérapeutique appropriée restent vaines jusqu’à ce jour et le taux de prévalence ne fait qu’augmenter. Des médecins appellent à une contribution des mouvements associatifs et de la Société civile dans la lutte contre cette pandémie. Ils mettent l’accent sur le rôle primordial que doit jouer la Société civile, les différentes organisations dans la lutte contre ce fléau qui ne cesse de se développer malgré le programme de prévention mis en place par les autorités publiques depuis l’apparition de cette pandémie en 1985. Les Etats consentent de gros efforts en matière de prévention en procédant à l’installation de structures et de centres spécialisés et à la formation de cadres. D’où l’organisation de nombreux séminaires et ateliers.
L’implication de la Société civile dans la lutte contre ce fléau est devenue une exigence et consoliderait sûrement les gros efforts consentis par les pouvoirs publics à travers différents programmes de prévention et de lutte, notamment l’installation des centres de dépistage et la formation d’un personnel médical spécialisé.
DE L’ACCES AU TRAITEMENT ARV
Les associations sont souvent appelées à multiplier leurs initiatives et actions préventives et de sensibilisation en direction du public et plus particulièrement des jeunes pour les prémunir contre les risques de contamination au virus du Sida.
Dans d’autres pays, les malades atteints du Sida sont souvent mis en quarantaine par la société. On opte alors pour des thérapies de groupes qui privilégient une approche plus humaine et plus sociale de prise en charge de cette maladie.
Si, sous d’autres cieux, l’accès au traitement anti-rétroviral ne pose pas de problèmes, il n’en est pas le cas en République démocratique du Congo ; où l’on déplore le coût élevé de ce produit. A l’Est du pays, plus précisément à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, l’usine Pharmakina s’employait déjà à fabriquer les ARV. Mais, pour des raisons non encore élucidées jusqu’à ce jour, l’ordre lui avait été intimé de ne plus en fabriquer. Par conséquent, pour s’en approvisionner, les personnes vivant avec le Vih/Sida doivent recourir à l’importation. Ce qui n’était pas à la hauteur de toutes les bourses.
Malgré les fonds mis à leur disposition par la communauté internationale dans le cadre de la lutte contre le Sida, certaines structures sectorielles s’arrêtent à l’organisation des séminaires et ateliers. Et pourtant, elles auraient pu affecter une partie de fonds à l’importation des ARV qu’elles distribueraient gratuitement aux personnes vivant avec le Vih/Sida. Si la protection des PVV est désormais garantie sur le plan juridique avec l’adoption, par le Sénat, d’une loi en leur faveur, les structures sectorielles, les organisations de lutte contre le Sida devront en faire autant en leur facilitant l’accès au traitement ARV .
AMELIORER LES CONDITIONS DE TRAVAIL DES MEDECINS
Toute personne, quels que soient les maux dont elle souffre, est soignée par un médecin. Mais, il y a lieu de s’apitoyer sur les conditions dans lesquelles il travaille. La République démocratique du Congo compte près de 4.000 médecins dont 1700 à Kinshasa, 400 au Katanga, et le reste, dans d’autres provinces. C’est surprenant d’apprendre qu’un médecin touche 29, 30, 35.000 Fc. Peut-on seulement s’attendre à un rendement meilleur de la part du corps médical congolais. La balle est donc dans le camp du gouvernement qui doit allouer un budget conséquent au secteur de la santé.