Une douzaine d'artères du centre historique du 7e art à Los Angeles ont été bouclées par la police et seules les personnes dûment accréditées vont pouvoir approcher du théâtre Kodak, la salle de 3.400 places où la soirée de récompenses va débuter dès 17H30 (lundi 1H30 GMT).
Deux heures auparavant, acteurs, cinéastes, producteurs et autres grands noms du cinéma, parmi lesquels Tom Hanks, Nicole Kidman, Harrison Ford, Martin Scorsese et Renee Zellweger, auront commencé à défiler sur un tapis rouge de plusieurs centaines de mètres.
Mais ce rituel où rivalisent robes de soirée, bijoux hors de prix et smokings risque d'être menacé par la pluie et des températures fraîches pour la saison, selon les services météorologiques.
L'Académie des arts et des sciences du cinéma, qui organise la cérémonie depuis 1929, a sélectionné cette année des oeuvres violentes, des acteurs jouant des personnages inquiétants ou torturés et des scénarios particulièrement sombres.
La fable sanglante "Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme" des frères Joel et Ethan Coen est nommée dans huit catégories et fait figure de favorite pour la prestigieuse statuette du meilleur film, remise à la fin de la cérémonie de trois heures.
Le non moins violent "There will be blood" a aussi décroché huit sélections, dont l'Oscar du meilleur acteur à l'Anglo-Irlandais Daniel Day-Lewis en prospecteur de pétrole sans scrupules. Le drame romantique britannique "Reviens-moi" et le thriller "Michael Clayton" suivent avec sept nominations.
Chez les acteurs, George Clooney, avocat dans "Michael Clayton", disputera l'Oscar à Day-Lewis, Tommy Lee Jones ("Dans la vallée d'Elah"), Viggo Mortensen ("Les promesses de l'ombre") et Johnny Depp ("Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street").
Marion Cotillard, sélectionnée pour son rôle d'Edith Piaf dans "La môme" qui lui a déjà valu un Golden Globe, un Bafta (les récompenses britanniques du cinéma) et un César, pourrait devenir la première Française à repartir avec un Oscar de la meilleure actrice depuis Simone Signoret en 1960.
Elle devra triompher de la Britannique Julie Christie ("Loin d'elle"), de l'Américaine Laura Linney ("La famille Savage"), de l'Australienne Cate Blanchett ("Elizabeth, l'âge d'or") et de la jeune Canadienne Ellen Page, dans "Juno", la seule comédie en lice pour les principaux trophées.
En Bob Dylan dans "I'm not there", Cate Blanchett dispute aussi l'Oscar du second rôle féminin, qu'elle avait déjà remporté en 2005, tandis que l'Espagnol Javier Bardem, tueur chez les Coen, est cité comme favori pour la statuette du second rôle masculin.
Le cinéma français sera aussi représenté par "Persépolis" pour le film d'animation, alors que "Le scaphandre et le papillon", tourné en français, vaut à l'Américain Julian Schnabel une sélection pour l'Oscar du réalisateur.
Cinq ans après sa statuette pour "Bowling for Columbine", le polémiste Michael Moore revient à Hollywood avec "Sicko" sur le système de santé américain. Parmi ses concurrents dans la catégorie du documentaire, trois films évoquent la "guerre contre le terrorisme".
Enfin, pour le trophée du meilleur film étranger rivalisent des oeuvres israélienne, polonaise, russe, kazakhe et autrichienne.
La cérémonie sera présentée par le comédien Jon Stewart. L'Académie, dont le collège électoral est composé de 5.829 professionnels du 7e art, remet des récompenses dans 24 catégories.